LIVRE NEUVIÈME
" tion sociale ne disparaîtront que lorsque le vœu « (rOrphéc mourant sera accompli. Les dieux seuls « savent par combien de guerres et de séditions il " Faudra passer avant d'arriver à ce que vous appe- « lez Visonomie. Au reste, le développement sans " doute n'est qu'à ce prix. «
« Telles furent, Évandre, les explications que l'on crut pouvoir me donner.
« Alors j'assistai à un beau spectacle; alors furent pi'ononcés les jugements sur l'Assyrie, sur les états de rOrient, sur Priam : nous sommes arrivés à une époque de rénovation , à une nouvelle ère de l'esprit luimain; et nul ne peut régner s'il n'a reçu le sentiment des destinées futures. Alors me fut donné l'ordre de me rendre auprès de vous, Evandre, vous le plus juste des hommes, vous le dernier des rois pasteurs. Et je suis venu, non pour vous précipiter du trône, mais pour vous annoncer que votre trône ne pouvait plus subsister; je suis venu enfin pour vous engager à recevoir les débris de Troie. '
«Quand tous les jugements furent prononcés, lancien des vieillards dit: « Nous n'envoyons point « de hérauts proclamer parmi les peuples de la '< terre de spéculatifs arrêts. Nous les rendons pour " signaler une loi de la Providence, et nous laissons '< à la Providcucc le soin de faire exécuter une loi
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" l<)ii(l;im(Mit;il(' des sorictcs luim;iiries. Tontcinis i. nous sttmint'S atlonlils. Lorsiju iiiic cl^iKuslic csJ " ilojtOLiillco lie SCS liantes picroijativos, iincaiilic " s'cUHe en silence, et nous la cherchons. Les dieux " ont dai^^né {gouverner eux-niêiues rK{]y|)te , rainée "des nations, et ils l'ont gouvernée lon{;-tenij)s; '< mais lorscju'ils ont voulu confier la juiissance aux « mains des races mortelles et douées de r(;sponsa- '■ I)ilité, ils ontmar(|uéla lace choisie à des sif^nes " <[ui nous lotit lait recoiinaitre. Le monde en ce « moment est dans un état de mutation. Le vieux « serpent ({uitte ses anciennes écailles pour se ra- "jeunir. Des sociétés nouvelles se forment, d'au- " très s'avancent vers un siècle dont il n'est pas facile « d'apprécier le p^énie naissant. T^es cosmo.{]onies .jyé- « nérales nous montrent des changements de dieux
**« pour les â{}es criti(|ues du monde; les cosmofjonies « secondaires nous montrent des changements de
-« dynasties pour les âges critiques des différents » peuples : tout manifeste la grande forme de l'iden- « titéetderanalogie. Le chêne d'Assaracus, déraciné " en Asie, va refleurir dans le Latium. L'initiation « cahirique a rajeuni une hranche détachée de ce " tronc vénérable. Les Héraclides croissent j)f)ur ' l'avenir de la Grèce. La race des Atlantes n'a fini '< qu'avec l'engloutissement des contrées où elle ré- '« gna. Une dynastie ne peut tomber sans ébranlei"
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« le monde. Nous aussi nous allons changer la race " de nos rois. Les dieux ont fraj)pé de stérilité celui «qui vient de mourir; Thcoclyméne n'a point " laissé de fds. Mais les prêtres se sont saisis du « sceptre; ils ne le donneront qu'après les épreuves « convenables. C'est ainsi qu'en agissent les Dactyles « de la Crête, les Curetés de la Phrygie. »
" Pour vous, Thamyris, ajouta l'ancien des vieil- « lards, votre devoir est marqué par tout ce qui i' vous a été communiqué, par tout ce que vous « ont appris vos propres progrès ; allez annoncer le " sien au roi Evandre.
" Mais auparavant soyez attentif une dernière " fois à un résumé de nos doctrines sur les sociétés «< humaines.
" C'est dans la lutte de l'immobilité et du mou- " vement, du principe stationnaire et du principe '< progressif, de la fatalité et de la volonté, de la vie " universelle et de la vie ayant la conscience de soi ; «c'est dans cette lutte, plus ou moins extérieure , " plus ou moins intime., que les empires s'élèvent <' et succombent. Voilà pounpioi des collèges de " prêtres, des castes, des sages, fendent à empêche)- " cette lutte; voilà pounjuoi Prométhée fut confiné « dans la Scythie, lieu du silence, pourquoi il fut « lié sur les sommets du Caucase. I^a voix que vous " entendîtes naguère parmi nous, voix de sinistre
" aupiire, vous ne rciitciulc/. ])as aiijoiird hiii ; tllc, à sou four, est réduite au silence.
"Tlumivris, les cmpin^s naissent, s'élèvent et « succombent ; mais «jnelles que soient les vicissi- « tudes des peuples, (\c<< nations, ces vicissitudes •' ont des lois certaines, et en même temps incon- « nues. Tja race humaine court sans s'arrêter, par «des voies lumineuses et obscures, à l'accomplis- «' sèment d'un {jrand dessein (jue nous if^norons. « Nous savons seulement ([ue nul obstacle ne j)eut » arrêter son développement dans les siècles.
" Vous en avez été instruit par nous, Tliamyris, " tout a une raison d'être avant d'être; l'évolution «du développement n'apparaît que lorsqu'elle se '< défjafye de l'enveloppement cosmofronique.
« La Providence voulut que la vie d'Orphée fût « tissue des deux principes qui désormais doivent '< taire la vie des sociétés humaines; il faut (pie celle '< d'un jifrand peuple en soit tissue à son tour.
« Romula est le nom que nous donnons à la rai- » son d'être de ce peuple futur; et ce peuple hâtera •' l'évolution des destinées de l'Occident.
« Les druides, derniers héritiers du principe sta- " tionnaireet fatal, seront chassés par lui de la ré- « fjion anté-lunaire : c'est ainsi que nous désij«;nons '< toute contrée où la hache a respecté les arbres " antiques, et où les douces clartés de la lune nont