ÉPILOGUE
affronter les sanctuaires de l'Orient et de l'Egypte; que le Proniéthée de la philosophie moderne soit introduit par nous dans ce musée d'Alexandrie où tant d'esprits éminents consacrèrent une vie laborieuse à recueillir les débris de tous les naufrages de la science antique; qu'il soit amené enfin aux pieds des premiers Pères de l'Église naissante : Descartes voudra-t-il fermer l'oreille aux entretiens de ces sages, de ces hiérophantes, de ces hommes suscités par la Providence divine? osera-t-il leur conseiller, aux uns et aux autres, de ne plus tenir compte des traditions, de ne plus croire religieusement à une transmission de la parole? osera-t-il proclamer devant ces maîtres vénérables, consumés de veilles, que chaque homme se suffit, que l'homme n'a rien à apprendre ni de la race humaine ni de celui qui a fait la race humaine?
Quelque chose existe, quelque chose a existé : un fait primitif, la loi du monde, des êtres, des intelligences, la raison de ce qui est, de ce qui a été, de ce qui doit être, une cause.
L'esprit humain est tenu de chercher toujours, de chercher, même à présent, avec Pythagore, Socrate, Parménide, Tiiiicc, Platon, Zenon, Démocrite, Épicure; avec Olympiodore , Salluste , Proclus; avec les Pères et les docteurs; il est tenu d'interroger les siècles, les fables, les traditions.
Ballanche, Pierre Simon Oeuvres