‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 56 sur 189 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

" chez nous s'éveille en même temps que se déve- « loppent en elle la forme et la parole. « Écoutez, « sécria-t-elle, écoutez une femme à qui la musique " a donné toute une existence, la vie même. Ecou- « tez la Voluspa des contrées du Nord, la sibylle « du siècle nouveau ! Je sais toutes choses. Les si- " bylles du siècle (pii vient de finir, je les ai con- « Hues. Elles disaient: " Gomment les hommes pour- « raient-ils espérer de durer, lorsque les Titans ont « passé? » Elles ont dit en vain ! Il ne s'agit plus de « combats contre les éléments, contre les forces cos- « mogoniques , contre le chaos. Voilà que la lutte « est entre les hommes. Celui qui vous apparaît là "haut, semblable à un dieu, c'est celui que les « destins ont promis. Il a un nom dans les sphères «célestes, et un autre nom sur la terre. Il est Or- « phée pour nous. Il nous apporte la guérison, " c'est-à-dire qu'il vient relever les natures infimes, - les rendre égales aux natures fortes. Que l'homme "Succède au Titan! son tour est venu. Celui-là, " Orphée, l'envoyé des dieux, nous dira les paroles " sacrées qui font la famille. " A ces mots, elle s'é- " lance pour gravir la colfine; mais à mesure qu'elle " s'élève, il semble qucn clic la forme humaine va « s' évanouissant, et elle finit par se perdre dans les « Ilots de lumière dont le sommet de la colline est " couronné.

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.( ( )m ignorait d'où elle ('tait venue; on tia point « apj)iis (lepnis où clic était allée; clic ne iiit pas « nicinc aperene du plus ;;rand riond)i(;. Il ne l'csta « donc pins qn'Orphéc.Nonsnons approchons tous, «confondus les nus avec les autres, sans son(ifci' " à nous attaquer, ni à nous défendre. Je ne sais «cpicl lien de confraternité nous tenait enchai- « nés au pied de la colline des merveilles. Les hom- «' mes étaient stupides d'étonnement ; les femmes et « les enfants manifestaient les signes de l'enthou- « siasmc et de l'exaltation , par renivrement de leurs « regards et l'adoration de leurs attitudes. « Un dieu ! « un dieu! » criait cette multitude confuse. Des fa- « cultes nouvelles étaient créées dans tous. Orphée «avait suspendu ses concerts, et nous écoutions « encore. Nous attendions , et le silence le plus pro- « fpnd régnait: ce silence n'était interrompu que « par le bruissement, de la forêt que les flammes X continuaient de dévorei", et par les terribles ru- « gissements des bêtes féroces, chassées de leurs ta- « nières. Une lueur affreuse éclairait nos visages « tout-à-l'heure si menaçants, et projetait en haut, «sur le poëte divin, une lumière éclatante, mais «adoucie; arrivée à lui, elle ne paraissait être que "la lumière même de sa gloire. Bientôt il recom- « mença ses chants, et nous continuâmes ^e l'écou- « ter avec ravissement, jusqu'au moment où le soleil

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