LIVRE QUATRIÈME
« ancien empire, et les Titans n'existaient plus pour « de tels combats. Les bornes si récentes de vos « hérita.jifes furent déplacées par la violence des « eaux. Vous ipnoriez que les véritables confins de " la propriété ont dans le ciel des bornes qui ne « peuvent se déplacer. Alors, veuillez vous en sou- " venir, rien n égala votre fureur. Vous demandiez « à retourner à vos forêts ; vous maudissiez la sain- « teté des mariages , qui vous donnait des enfants à «nourrir; vous maudissiez la religion des tom- « beaux , qui vous faisait une terre natale. Il ne « s'agit donc point d'exterminer ces malheureux « qui sont ce que vous avez été avant que vous vous « connussiez, ce que vous vouliez être lorsque vous « vous êtes connus. Il faut les vaincre, les soumettre « au joug des lois, et leur faire aimer l'ordre social '< que nous leur imposerons. Pourquoi n auraient- « ils pas à leur tour la connaissance d'eux-mêmes, « la capacité du bien et du mal? Les dieux nous les « envoient pour qu'ils entrent avec nous dans les '< voies de l'avancement progressif. Us ont voulu « que la guerre fût aussi un moyen de civilisation «et de sympathie, car tout est souffrance dans la «condition humaine. Ces mortels sont comme des •< animaux ; soufflons sur eux le souffle créateur (|ui «fait les hommes. Si Orphée était au milieu de " nous, peut-être il les vaincrait par le seul charuie
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.. (le I liaiiiioiiit;; i;t, nous ne noini'/ on ;i\(>ir ix-idii il la inciiioirc, ccst ainsi (jiie nous avons ('le sub- " jn(;ii('S. Nous avons ctc plus f'avoiablcnicnt traiti's « par les dieux. »
«Œaf;rins parlait avec calme et autorité, niais SOS peuples, tlôpouillcs, depuis si peu de temps, do leur bar])arie, récoutaient à peine. Aveuglés par la ra^ye, ils étaient tout près encore do lovenir à leur instinct féroce. C'est ainsi que la passion ramène souvent Tbomme à sa brutalité primitive. « Sommes- « nous donc réduits, criaient-ils de toutes parts, à «laisser rava^^er nos moissons, é(jor(»er nos trou- 11 peaux? Que nous servira de nous être façonnés à " des arts nouveaux, propres seulement à affaiblii- '< le courapfe? Ab ! retournons à rindopcndance des " forêts. Du moins nous ne craindrons pas de nous " voir ravir notre subsistance. Nous serons en sûreté, « car nous veillerons toujours. Nous ne nous repo- « serons plus sur les haies de nos champs, sur les « seuils inviolables de nos maisons. Nous ne serons " plus oblijfjés d'attendre que la terre nous donne, à «force de sueurs, des moissons incertaines; nous « savons à présent (qu'elles peuvent être détruites « par tous les fléaux du ciel , et par les déprédations « de nos voisins. Le chêne jamais ne refuse son fruit; « et si la foudre le frappe , la forêt n'est pas frappée «tout entière. Malheur! malheur à qui a voulu