‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 83 sur 189 · LIVRE GINQTIIKMK. 27 r · texte numérisé non relu

LIVRE GINQTIIKMK. 27 r

« que perdre de son fiifjitif éclat. Ce jour si remnr- « quable entre les jours, cet instant si rapide, bril- " lent-ils sur mon visage? Est-ce à cette heure " même que la puissance du charme est invincible? " « Ainsi parlait la ménade ; et Tinfortunée ne s'apercevait pas qu'elle entreprenait une lutte au-dessus de ses forces. Vierge trop ambitieuse, tu ignores sans doute que cet Orphée n'est point un homme vulgaire; nulle autre que la fille de la vision ne peut possédeV son cœur, et les grandes destinées qu'il lui est donné d'accomplir sont incompatibles avec l'humaine faiblesse. Non , elle ne l'ignore point, mais elle a depuis long-tenqjs été avertie qu'il y avait une sphère lumineuse où l'amour finissait par faire pénétrer lame la plus obscure; et elle croit qu'elle pourra s élever ainsi au niveau d Orphée. Elle essaiera du moins ce charme enivrant de fascination qui réside en elle ; perdue dans la confusion de ses pensées, elle ne craindra pas d'employer, s'il le faut, le secret des ménades pour enflammer l'imagination des hommes. Vains projets ! vains calculs d un esprit égaré! Bientôt elle comprit que l'ascendant d'Orphée était trop pur, et qu'il ne pouvait subsister avec la seule idée, l'idée la plus vague de la science acquise par les séductions de la beauté. Elle-même sentait son front se couvrir d'un nuage de pudeur, et ses yeux versaient des larmes de honte. Elle fut

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