‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 115 sur 184 · DE LA SECONDE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA SECONDE ÉDITION

Cette seconde édition de l'Homme sans nom, et de VElégie qui est à la suite , est destinée seulement à accomplir une promesse que j'ai faite dans les Prolégomènes de la Palingénésie sociale, imprimés en 1827.

Si je crois ne pas devoir donner encore la Palingénésie au public , c'est que j'ai voulu me réserver la faculté de la revoir dans son ensemble , et dans l'accord de ses parties. Une pensée aussi féconde , revêtue de tant de formes différentes, et qui demande cinq vohunes pour s'exprimer, ne peut arriver de suite à l'état de son plein développement. Ce n'est cependant que lorsqu'elle sera parvenue à cet état , qu'il lui sera permis de se produire au grand jour.

Telles ne sont point les raisons qui me portèrent, lorsque j'imprimai , pour la première fois , il y a plus de huit ans , F Homme sans nom , à me restreindre dans les limites d'une demi-publication ; j'en avais d'autres non moins puissantes. Pour m'expliquer, à cet égard , j'aurais besoin de retracer les circonstances où nous nous trouvions à cette époque, et je ne m'en sens pas le courage. Qu'il me suffise de rappeler les discussions passionnées qui remuaient tous les esprits ; les orages qui , partant de l'Espagne, menaçaient d'embraser l'Italie; ces in-

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«juiétudes qui se répandaient de Paris dans nos provinces les ])lus c'ioi^^nees, par-tout le sol tremblait sous les pas, par-tout le vent des révolutions souillait , et des armées échelonnées depuis la mer Dlanche jusqu'à la baie de Naples témoignaient trop des terreurs de l'Europe. Je ne voudrais pas retracer de si pénibles conjonctures. Il m en coûterait sur-tout de raj)peler le soudain et fatal empressement (jui fut mis à ramasser Tijjnoble couteau d\m odieux assassin , avant même que le san{j de la royale victime eût cesse de couler ; de ramasser ce fer, sans forme connue, pour le présenter comme un instrument fabriqué à loisir dans les ténébreux ateliers d'une vaste faction ])réchant dans toutes les langues la mort de tous les rois. On se souvint à propos des j)atriciennes émotions excitées par la vue du poijjnard de Lucrèce , des plébéiennes clameurs produites par la robe sanglante de César étalée sur la tiil)un(; aux harangues. On serait allé jusqu'à créer des complices à un ft-roce maniaque dont Tame ténébreuse et solitaire était siu[)idement séparée de toute sympathie; et, plus tard, on faisait apparaître par-tout des fantômes menaçants, pour j)rolonger, à tout prix , l'angoisse que j'ai essayé de j)eindre dans l'Élégie. Il ne me convenait donc point de me mêlera de telles exaspérations ; de peindre les douleurs de la France au moment où on outrageait aussi indignement ces douleurs elles-mêmes, pour les faire servir à de tristes réactions. Il ne me convenait j)as , non plus , de repousser les plaintes, d'accuser les résistances (|ue faisaient naître ces essais malheureux «le réactions, et je devais encore moins m'y associer. Certaines vérités de l'ordi-e le plus élevé, sans doiU(.', a\aieni besoin d être

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dites ; mais je ne pouvais les aventurer au milieu de si vives , et quelquefois de si c;oupables récriminations de tous les genres ; il eût fallu , pour me satisfaire , qu'elles parvinssent aux oreilles de ceux seulement à qui il eût été bon de les faire entendre. Ainsi je ne voulais livrer la pureté de ma pensée, et j'oserais dire la pudeur de mes sentiments , ni à des souvenirs implacables , ni à d'ombrageuses méfiances , ni à ces inquiétudes terribles qui agitaient en mille sens divers toutes les classes et tous les partis. J'aurais désiré placer la discussion , qui alors eût été grave et solennelle , au-dessus des atteintes d'une polémique souvent indiscrète , plus souvent incendiaire. Je ne crois pas avoir atteint le but que je m'étais proposé ; à force de susceptibilités et de précautions, je me suis comme retiré au désert ; il n'a pas été en mon pouvoir de choisir tous mes lecteurs, et je suis loin d'avoir eu précisément ceux à qui j'eusse voulu m'adresser.

Aujourd'hui , il me semble que la même réserve ne m'est point imposée. Tout se dit à la, face du ciel. Néanmoins je ne changerai pas un mot au livre; il paraîtra tel qu il a été conçu dans le temps, il ne recevra une véritable publicité que lorsqu'il entrera en pleine possession de la Palingénésie sociale , c'est-à-dire lorsque toutes les questions d'unité, de solidarité, de nationalité, celles encore du libre arbitre agissant soit dans la sphère individuelle, soit dans la sphère civile et politique, celles enfin qui intéressent la civilisation générale d'une époque, lorsque toutes ces questions si difficiles seront arrivées à un point suffisant de maturité ; car il est évident qu'elles ne peuvent être l'objet d'une simple préface.

Plusieurs personnes ont cru que l'Homme sans nom

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riait Jondé sur un iail; ([ue le nialhciueux exile était un être réel: deux conventionnels se sont retirés, assure-l-on, aussitotajuès lejuj^einent. Il nenest j)oiiit ainsi; j ai lait un apolojfue; et cet apologue appartient à un système il idées, ijui, à peine ébauché ici, n'aura tout son reli<'l (jueilans la l'illc des Exjuutions, 1 une des parties les plus considérables de la Palinyénésie sociale. L Homine saiis nom et TÉléjjie sont une seule et même chose ; ils forment un tout comjilet dans leur unit»' j>oéli(|ue. La moralité ext(;rieure est une doctrine poUticjue; la moralité intérieure est une doctrine ])hilosophi{piequi fait fobjet de mes méditations habituelles, la doctrine des épreuves, que je montrerai dans son application aux individus, aux sociétés, au {jenre humain tout entier. Je n'aime pas à

|, > rester long-temps sur le terrain fangeux que se dispu-

~y^^v-"''''*jtent les factions; mon vol m'eujpoine naturellement au-

"^^ dessus de la région des orages.

Au reste, le myste de ma fable , ce n'est point |)ar moi (]u'il a été nommé, je n'aurais pas commis une telle faute ; il ne m'appartenait pas de ttétrir le nouvel OKdip(! (pii Ji'a pu soutenir le regard du formidable sphinx assis sur la montagne sanjjlante de la Convention ; s'il a pu se donnera lui-même le nom de régicide, ce nom n'est <leveiui l<; sien que jiarcetju'il l'a voulu. T^a plupart «les expressions (pie je mets dans sa bouche ne doivent point m'étre attribuées; elles sont dans la vérité de ce personnage destiné à rendre sensible toute Ihorripilation «l'un instant funeste, h; j>lus funesK; (pii puis.se jx-sersur la téle d un homme. La véi'ite hislorit|U(.' y »-'>l aussi, mais \ ne par' celui tpii na\iiii ni la liKulti'', ni même le droil (le la JUfjer. l%sl-cc dans le lieu ou se Imiiiic la fcm-

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|)ôte, que Ton peut embrasser le tableau de la tempête? D'ailleurs, il est des situations irrésistibles qui brisent toute liberté de penser; il est des états de vertige amer, de fascination cruelle, où Thomme est, s'il est permis de parler ainsi , dépouillé avec violence de la responsabilité de ses actes. Le chrétien le sait ; et , dans sa prière de chaque jour, il demande à Dieu de lui épargner de telles épreuves.

Eh bien! il est des jours néfastes où un peuple, par un jugement incompréhensible de Dieu, est livré à ces épreuves terribles.

Sans doute, nous ignorons ces conditions extraordinaires, qui empêchent si souvent d'apprécier les circonstances et les événements , et qui appartiennent directement à la juridiction divine ; nous ne pouvons que les entrevoir avec un respectueux tremblement. Gardons-nous de nous immiscer témérairement dans ces questions ardues d'imputabilité; la Providence a voulu se les réserver en dernier ressort , parcequ'elle ne s'est jamais dessaisie de son souverain domaine sur les affaires humaines.

On le sentira maintenant, le personnage créé par moi devait être élevé très haut dans la sphère philosophique où je voulais introduire mon lecteur. Il le fallait pour que ma fable produisît ce que j'exigeais d'elle. Je le répète, cette composition est un apologue dont la forte moralité ne peut être que le pain de ceux qui y sont préparés. Ceux-là s'apercevront à peine de la partie politique et transitoire qui lui sert d'enveloppe. La Ville des Expiations achèvera d'expliquer ma pensée à cet égard.

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Mais pour ceux (jui voudraient rciuser de percer cette cuvi.'loppe, <jui prelèreraient ne point aller au-delà d'un vul{jairfe' intérêt dramati(pie, j'ai besoin de me placer hors de cause dans des débats auxquels je dois rester conijilêtenient étran{;er. Je leur dirai donc :

Malheur à t|ui traiterait la nation française comnîe lHonime sans nom se traitait lui-même ! aussi le prêtre du Dieu vivant, l'hiérophante de ma fable, l'a-t-il accusé d'exagération, Ta-t-il dispensé d'une plus lonjjue expiation , Ta-t-il déclaré revêtu de la robe de la seconde innocence.

Non, la nation française n'a plus rien à expier; elle n'a point de pardon à implorer des inexorables prophètes du passé. Elle a trop souffert des crimes des factions diverses. Elle a subi des fléaux de tous genres. Elle a même subi l'exil , car elle fut exilée sur son propre sol. Sans avoir été transportée sur les bords dos fleuves de l'Euphrate, elle a vu ses tombeaux profanés, son culte proscrit, ses terres à Tencan, ses enfants en servitude, ses cités sous le poids de l'interdit. Quelle expiation voulez-vous encore? En savez-vous plus que les justices de Dieu ?

Et toutefois nulle victoire n'a été refusée aux armes de ce peuple (|ue vous outragez. Nulle gloire n'a été (h'-nic-e à cette nation qui, du sein même des plus grandes calamités , était toujours marquée pour imposer au monde le décret de l'affranchissement.

Lhorreur et l'immensité de la crise révolutionnaire prouv(;rai('iU plutôt la {jrandeur et rinq)ortance de l'd'uvre que devait accomplir la révolution. Hommes doux et pacifiques , ne frémissez pas ; mais , (piil me soit permis

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de le dire à présent, si cette crise horrible n'eût point été nécessaire , elle n'aurait pas eu lieu. Rien d'inutile ne ^ s'accomplit dans le monde des épreuves, des expiations, du progrès. Remarquez bien qu'une loi de la Providence, une loi toujours constante , et qui semble incessamment raconter à la nature humaine le mystère fondamental de sa déchéance et de sa réhabilitation, c'est que le bien sorte du mal, c'est que le bien ne puisse s'opérer sans douleur, c'est que la grandeur du bien se mesure même par l'étendue et l'intensité de la douleur.

Qui songe cependant à nier la solidarité? Elle est dans les choses , ce qui prouve qu'elle est de Dieu. Et voyez si en effet, à toutes les idées généreuses d'affranchissement , de diffusion des lumières , on n'a pas opposé constamment le tableau de nos déplorables malheurs; voyez si les partisans de l'émancipation n'ont pas été souvent réduits au silence. Mais la solidarité, parcequ'elle est un jugement de Dieu , ne saurait être un jugement des hommes. Lorsque les hommes , ignorants des desseins de la Providence, prétendent appliquer ce jugement toujours rigoureux , ils se rendent coupables d'une usurpation impie. Épreuves , expiations , liberté : voilà toute la destinée humaine; voilà tout le problème de nos grandeurs et de nos abaissements , de nos gloires et de nos misères, dans tout le cours des âges, au travers de toutes les vicissitudes des temps.

Eh! que parlé-je encore de la crise révolutionnaire? N'est-ce point assez des peintures qui se trouvent dans l'Homme sans nom? Irai-je me rendre complice de ceux qui ne sont jamais assouvis de souvenirs cruels? Puisque nous sommes entrés dans une nouvelle série de faits , di-

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sons, une fois pour toutes, que la révolution française n'est plus , pour nous , (jue de l'histoirt' ancienne. A force d'accuser, n'allons pas commander de fatales justifications.

C'est le Testament de Louis XVI , (jui a frayé le retour de la légitimité exilée; ce sont la Déclaration de Saint- Ouen et la Charte qui ont consacré l'alliance d'une ancienne dynastie, devenue une dynastie nouvelle, avec une nation antique devenue aussi une nation nouvelle.

Les civilisations européennes sont toutes filles de traditions dont elles ne peuvent ni ne doivent s'affranchir, et il ne saurait être ici question des civilisations américaines qui sont nées d'hier et sans traditions, il est bon de faire cette remarque dès à présent , pour éviter toute observation tirée d'un ordre de choses qui est sans analogie avec le notre. Cette part faite à une objection qui ne mérite aucun égard , je continue de m'exprimer d'une manière générale , comme si l'exemple des Amériques n'existait pas; car cet exemple est incompatible avec toutes les théories où nous pouvons être placés , nous que l'Orient gouverne toujours.

Dans toute institution , il y a une origine mystique ; et j'emploie ici cette expression dans un sens en quelque sorte légal. Le véritable titre de Louis XVII 1 a été le Testament de son frère , de l'auguste victime ; le titre de la nation est la Charte donnée par son roi : ces deux actes ne peuvent se séparer. Déchirer l'un des deux, c'est les déchirer fini et l'autre. Alors on ne sait plus où s'est réfujjié le droit ; la France passe sous la dictature du fait : hypothèse inadmissible, à moins d'une révolu-

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tion rétrograde : si l'on a souvent vu , dans le monde , le fait érigé en droit , jamais on n'a vu le droit converti en fait. Le fait est un levier dont se sert quelquefois la Providence pour remuer la terre sociale jusqu'au tuf, et en faire surgir un droit nouveau , caché sous les ruines d'un droit vieilli. Mais un droit qui voudrait se rajeunir en déguisant sa caducité sous la forme énergique du fait , serait , à l'instant même , dépouillé de toute sa puissance ; car le fil des traditions , lorsqu'il est rompu , ne peut plus se renouer; et le vieux droit se trouverait obligé de lutter corps à corps contre un droit brillant de force et de jeunesse. Je ne serais point en peine d'établir cette doctrine, non par des subtilités , mais par la réalité des choses. Louis XVI, roipalingénésique, a reçu l'inspiration du moment solennel et redoutable où il écrivait ce Testament, qui est lui-même une charte; et les mots sacramentels dont il s'est servi ne sont pas seulement ces iiovissiina verba, sacrés chez les anciens, ils sont sur-tout l'expression profondément douloureuse, mais profondément vraie, d'une situation, comme la Charte de Louis XVIIl est le procès-verbal profondément exact d'une autre situation : ces deux situations , si différentes et si analogues, symboliquement exprimées, constituent la pensée intime , à-la-fois rehgieuse et sociale , qui est dans l'Homme sans nom , aussi bien que dans fÉlégie.

Deux sortes de notes font partie de l'Homme sans nom , et sont à la suite de cet ouvrage , détachées les unes des autres, comme dans la première édition.

J'aurais pu en introduire quelques unes de nouvelles , et, à cause de la différence des temps , les distinguer des anciennes ; mais j'ai voulu m'abstenir de toutes ces ad-

3o8 l»RÉFAGE.

ditions , dont la nécessité pouvait être plus ou moins contestée; elles seront bien facilement su|)])léées par ceux pour qui les événements ne sont pas un vain spectacle , ou une leçon inutile.

D'ailleurs, si, une fois, je m'étais mis à faire autre chose qu'une réimpression pure* et simple, je ne sais plus où je me serais arrêté. Par exemple , il est évident que la note sur l'abolition de la peine de mort, à l'époque où elle fut écrite , n'est (ju'un {jrain jeté à l'aventure dans le sillon. Elle n'est qu'une indication bien insuffisante, sans doute, de cette grande pensée devenue, depuis, tout-à-fait à l'ordre du jour. Au reste, une telle question, tenant à tojit un ensemble d'institutions, ne peut point être traitée isolément. Ainsi donc il était parfaitement inutile de toucher à cette première note. On verra, dans la Palingénésie sociale, comment l'abolition de la peine de mort exprime un ordre de choses complet.

Une autre note, celle où il est dit que Louis XVI aurait dû s'investir lui-même des hautes fonctions de législateur, cette note aurait mérité quelques développements; toutefois j'ai dû encore m'en al)stenir : s'il est un petit nombre de personnes pour qui la révolution fiançaise soit un immense accident, une grande perturbation de toutes les lois qui régissent les sociétt's humaines , et non une crise d'âge dans la nation et dans l'esprit humain, je ne crois pas avoir besoin de rien écrire pour ces personnes.

Enfin, et ceci eut été plus en harmonie avec le reste de l'ouvrage, j'aurais pu saisir cette occa.sion pour comnieiiier, comme il me semble <\\\\\ doit l'être, le Testa-

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ment de Louis XVI , acte vénérable et sacré dont, même à présent, on est loin, à mon avis, de comprendre toute l'importance. J'en ai dit quelques mots dans le cours de cette {)réface; je désire que ce peu de mots mette le lecteur sur la voie.

POST-SGRIPTUM.

Février i83o.

On sait à présent les raisons qui m'avaient fait retarder la publication définitive de la Palingénésie sociale et de l'Homme sans nom : ces raisons, je crois, n'existent plus.

Au moment où le premier volume de mes ouvrages est sous presse, une polémique ardente s'empare de toutes les questions les plus périlleuses; mais ce n'est point par des voies détournées et subreptices : tout est clair, explicite, dégagé de formules prudentes ou évasives et insidieuses. C'est la grande différence du temps actuel comparé à celui dont la préface ci-dessus rappelle le triste souvenir. Toutefois , il est bon de le remarquer, la théorie et la spéculation sont redevenues la proie des partis comme si rien n'était fondé. On passe à côté du fait comme si le fait n'existait pas, comme s'il n'existait pas puissant, adulte , revêtu du droit. Il faut peu s'en étonner; sitôt que les uns mettent en doute la Charte, en invoquant le pouvoir constituant qui l'a fondée, en mettant en oubli tout un ordre de choses (pi'elle sanctionna, il est tout simple que d'autres re-

3io PRÉFACE.

tournent à l'oii^jine de cette ère nouvelle ; (|u'ils demandent avee anxiété si l'épreuve, toute cruelle et toute san(;lante qu'elle a été, est insuffisante; si l'initiation n'est pas acquise ; s'il n'y aurait pas lieu plutôt à la réclamer plus étendue et plus complète. Ceci peut effrayer quelques esprits timides; mais je crois tpie l'alarme a été fort exagérée : le pays en sait plus que les journaux ne peuvent lui en apprendre.

f>'Honmie sans nom entre aujourd'hui dans une publication générale; je n'ai ])lus besoin de le placer dans le cadre même de la Palingénésie.

Plus tard, les (juestionsindi([uéesdans la préface que l'on vient de lire , celles encore tlont la polémique actuelle s'est emparée, comparaîtront devant nous. Je n'irai point à leur rencontre, mais je ne les éviterai pas. Je les interrogerai à mesure qu'elles s'offiiront à moi, dans les volumes suivants.

L'antique Sphinx n'est plus assis sur le mont Phicéus j>our dévorer ceux qui cherchent à deviner les diverses énigmes de l'humanité. Le génie de la progression est le nouvel Œdipe qui a vaincu l'antique sphinx.

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