‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 141 sur 184 · PREMIÈRE PARTIE. ^G-j · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. ^G-j

puissance qui reçoit les inspirations du ciel. Tout ce qu il y a de saint dans rinnocence , tout ce qu'il y a de céleste dans la pudeur, furent ternis par leur soidïle impie. Le jeune roi les effrayait éffalement par la beauté de son ame ingénue , et par la beauté de sa ravissante figure. Ils voulurent essayer de le faire descendre au rang des animaux immondes, et de détruire à-la-fois l'intelligence et les organes. L'enfant auguste portait sur son noble front la double empreinte de la plus haute humanité et de l'élection des races royales: ils voulurent, à force d'abjection et de tourments, essayer d'effacer cette double empreinte, cette double auréole du souffle de Dieu. On épouvantait sa tendre et douce imagination, en troublant son sommeil par des terreurs subites, en exigeant, avec des dédains et des menaces, les services les plus humiliants, en jetant devant lui, comme une vile aumône, sa chétive et grossière nourriture, en plaçant sur ses lèvres virginales une sorte de langage inouï que les êtres les plus corrompus ne se permettent que dans leurs orgies. Le jeune martyr n'eut bientôt plus, dans son bouge infect, d'autre asile que son imperturbable silence où il persista jusqu'à sa mort, silence vraiment extraordinaire et sublime! Sans doute il ne voulut plus proférer aucune parole, parceque la sainteté de la parole avait été outragée pour ce

j)auvre aiiffc du ciel, resté seul au milieu des nit«chauts; et sa mort, dernier acte d'une si douloureuse enfance, fut la triste fin d'une maladie dé{yradante, fruit horrible de tant d'impies traitements. Vous savez, monsieur, ce que des tyrans, à Rome, imaginèrent, pour concilier le texte de la loi qui interdisait le supplice d'une vierrje avec leur atroce besoin de répandre un sang innocent. T.a sorte de profanation qui fut alors inventée peut seule donner une idée de celle qui fut exercée sur l'enfant malheureux, héritier de tant de rois, héritier du magnanime pardon de son père.

«Néanmoins, siècles futurs, le croirez-vous? la Convention fut soupçonnée d'avoir été trop compatissante à l'égard des enfants de Louis XVI, calomnie étrange, et qui seule caractériserait ces temps de délire et d'abrutissement! Le comité de sûreté générale, accusé d'avoir voulu assurer par quelques soins l'existence et l'éducation des deux orphelins du Temple, était venu affirmer, au sein de l'assemblée , quil avait été étranger à toute idée d'améliorer leur sort, ou de leur donner des instituteurs, et quil n'avait eu en vue que le matériel dun service confié à sa surveillance. Le comité et la Convention, disait-il, savent comment on fait tomber la tête des rois, mais ils ignorent comment on élève leurs enfants. Et c'était quatre mois après le 9 thermidor

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