‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 142 sur 184 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

(|ue l'on repoussait une telle calomnie par de telles expressions! et c'était quatre mois après le 9 thermidor que l'on continuait de mettre en oubli le décret rendu la veille du jour où le juste devait périr, si toutefois ce décret lui-même n'avait pas été déjà une atroce dérision de plus , une dernière raillerie de tout ce qui pouvait rester encore d'humanité dans le fond des cœurs ! Quoi qu'il en soit, par ce décret, conçu dans des termes que je n'oserais redire, il fut promis qu'après la mort du roi l'on prendrait soin de sa famille, et qu'on lui ferait un sort convenable. Justice du ciel, vous qui êtes quelquefois si patiente à tout souffrir, parceque le temps vous appartient, justice du ciel, que votre réveil est quelquefois terrible!

« Après de tels crimes faut-il donc s'étonner de toutes les calamités qui j)esèrent sur ma patrie? Après de telles infortunes y a-t-il des infortunes qui puissent exciter la pitié? Eh bien, monsieur, suis-je assez coupable? car il faut bien que je m'accuse et de ces forfaits inouïs , et de ces calamités que nulles calamités n'ont jamais égalées , et de tant d'infortunes diverses qui venaient s'asseoir au sein de toutes les familles. Il faut bien que tout le sang injustement versé retombe sur ma tête, que toutes les infamies s'attachent à mon cœur pour le

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