DEUXIÈME PARTIE. l\-ii
ne constitue point le dogme de la souveraineté du peuple.
Il ne tardera pas d'être reconnu comme une vérité triviale, que Thomme n'étant jamais né hors de la société, n'a pu jamais stipuler dans un contrat primitif. Il n'a pu que consentir.
Il ne s'agit pas de prendre les suffrages un à un, mais de voir ce que le peuple fait, pour savoir ce qu'il pense , et , par conséquent , ce qu'il veut.
De quel droit, sans la justice, une majorité imposerait-elle des devoirs à une minorité?
Il faut faire attention que, dans l'origine, tous les pouvoirs durent être ou des pouvoirs paternels ou des pouvoirs dictatoriaux.
Le législateur dit ce qui est. Il y a une conscience publique qui se compose, non de l'opinion de tel ou tel, mais de l'opinion et du sentiment de
tous.
Cette conscience est ce qu'il y a de moral dans la société. C'est là que réside l'unanimité.
Le dogme de la souveraineté du peuple a été inventé comme une fiction pour expliquer certaines choses delà société. Maintenant il est bien reconnu qu'il n'expliqtie rien.
Le droit divin n'est que ce qui n'est pas le dogme de la souveraineté du peuple. Faire dériver le droit divin d'une révélation immédiate, du moins dans
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les sociétés iiiodcrncs, c'est le discréditer en j»m('
Inerte.
Le peuple consent, on il se retire sur le Mout- Sacré(i).
Je voudrais avoir le Uilent f|ui ajjit sur les honi- Mies , et je croirais expier mon crime, si je paivenais à prouver que les temps sont venus où la
(i) L'état actuel de la société est un état tout-à-fait nouveau dans l'histoire des sociétés humaines: il ne peut être expliqué que par la connaissance intime de ce qui est.
On ne fait pas la société ce qu'elle est; la raison d'un état <|ut']conque de la société n'est qu'en lui-même.
Il ne faut pas prendre pour obstacle ce qui est la force des choses, car alors on aurait des obstacles invincibles. S'opposer aux choses est folle.
Toute la sa;;csse, toute la prudence, consistent niaiiUenant à voir ce qui est; il ne s'ayit plus de prévoir, il s'agit de constater : fonder n'est plus (pi'affermir.
Les institutions ne sont jamais que la réalisation de ce qui est déjà : le lé{jislateur ne fait qu'opérer celte réalisation.
Dans des notes précédentes il a été dit en quoi l'état actuel (le la société est un état lout-à-fait nouveau. Jusqu'à présent on n'avait pas compris la possibilité d'une société sans une aristocratie. Mais il finit bien s'y faire. En d'autres temps on n'aurait j)as pu concevoir non plus l'existence tle la sociétisans resclavajye ou sans la servitude. Les nuidilications relatives à la pensée religieuse sont aussi un chanifement radical, puisque, par le christianismi-, le seiilimeiil i-eli{fieux est enlié dans le sentiment social hii-niênii'.