‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 169 sur 184 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

4i8 i;nOMME SANS NOM.

fortpoiirftiire têteauxorapfcs (jiii lui ont été suscités.

Cest donc bien franchement tjuil adoptait les moyens <]ui lui étaient projjosés, lorsqu'il y voyait 1 expression du vœu national, puisipi il avait adopté d'avance tous les principes du nouvel ordre de choses; il voulait y parvenir par des voies léj^ales au lieu d'v arriver par des voies illé(Titimes; il ne voulait ni tuer ni spolier. L'armoire de fer prouve la scrupuleuse fidélité de Louis XVI envers la constitution (pi il avait jurée.

Illustres partisans de la liberté, Louis XVI vous a tous précédés. Fameux précepteurs des nations, il n'avait rien à apprendre de vous.

Les inculpations faites à Louis XM sont donc une fjrande injustice, dans les idées même de ceux (pii l'accusaient.

Vin.

Hérodote raconte que le dernier roi deTarente, Aristophilidès, étant mort à la çuerre, lesTarentins ne voulurent point d autre roi.

A(][is, à Sparte, tenta de faire revivre les lois de liycurgue, tombées en désuétude; il mourut victime de cette prédilection pour les mœurs an- • ciennes.

Il est ri remarquer (pie l'arrêt de mort i\c lii( exécute sur A;;is (pu- |);ir des (Ir.iiijjers, et <pic le

DEUXIÈME PAUTIE. 419

peuple de Sparte fut sur le point de délivrer son roi. On fut obligé de hâter la mort de cet excellent prince. En France, fappel au peuple fut rejeté , et toutes les précautions qui furent prises pour assurer le supplice , prouvent que non seulement la tyrannie ne croyait pas à fassentiment du peuple, mais que même elle craignait que la victime ne lui fût arrachée.

En Angleterre, la dynastie devait finir par succomber , parceque , dans ce pays , l'aristocratie était nationale. Elle avait toujours fait cause commune avec le peuple. En France, la révolution ne pouvait tendre qu'au renversement de l'aristocratie, parceque la couronne avait toujours fait cause commune avec le peuple (i). Charles F' refusa de reconnaître la compétence de ses juges; Louis XVI s'y soumit , et sa résignation religieuse le porta même jusqu'à ne plus se considérer comme roi. 11 y aurait bien des remarques à faire sur la différence de position des deux monarques (2).

(i) M: de Boulainvilliers , en parlant de l'admission des communes dans l'assemblée de la nation , sous Philippe-le- Bel, dit que dès-lors tout fut perdu. H y a encore des personnes qui disent que tout est perdu, si la dynastie ne rompt pas son antique alliance avec la masse de la nation, alliance conti'actée, pour la première fois, sous Louis-le-Gros.

(9.) La raison qui veut que, pour être bien et équitable-

I^ retour de Charles II a servi à la punition et à la réconciliation. Toute justice a fini par s'accomplir (i).

La royauté fut abolie par les Romains, parceque le pouvoir avait excédé son mandat, et que la royauté avait été souillée dans la personne et dans la famille du dernier Tarquin. Si cette histoire nest pas vraie, du moins c'est un très bel apologue.

L'hypothèse de la souveraineté du peuple est à présent sans objet. Il était admis que, dans les états constitués, les rois gouvernaient par les lois, et les lois, d'après l'expression unanime de l'antiquité, étaient filles du ciel. Maintenant il est admis ((ue les lois sont l'expression de la volonté générale. Ceci

ment jugé, chacun soit jugé par ses pairs, vient de ce que d'autres ne peuvent pas se mettre à la place de l'accusé pour apprécier sa conduite, et se rendre compte de ses pensées. Cela seul suffirait quand d'ailleurs il n'y aurait pas quelque chose de sacré dans la royauté, cela seul, disons-nous, suffirait pour établir le jirincipe de rinviolahilité.

(i) Pcut-élru ne tarderons-nous pas d'arriver à uiinionient où il sera loisible d'examiner philosophiquement et histori- <|Meincnt le dogme de la solidarité. P»'u(-Î'tre alors trouveral-oM (|ue ce terrible fardeau de la solidarité s allège à mesure que la société se perfectionne.

Page 1