‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 44 sur 184 · LIVRE III. i3i · texte numérisé non relu

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« coiij);iblcs, ni vcitiioiix! Choisissez donc enfin, et '< ne vons livrez pas ainsi à ce tronble éternel. De- « nieurez affermis clans vos resolutions, ou, si ce ' trône vous embarrasse déjà, sortez, allez chercher « OEdipe; maintenant qu il est aveu{;le, il saura « peut-être mieux diriger les destinées des hom- « mes. Peut-être il vous pardonnera votre impiétél « Vous, vous lui pardonnerez votre opprobre! »

« A ces mots, Etéocle se retire en silence; et Po- « lynice, s'enveloppant dans son manteau, prend « la route de Texil. .l'étais avec lui; je l'accompagnai "jusqu'à la porte d'Electre, comme je vous avais « accompagnés la veille. Je suis destinée aux tristes « adieux. L'infortuné considérait , en gémissant , « ces temples, ces places publiques, tous ces monu- « ments dcThébes. Hélas! il semblait qu'il quittât '< pour toujours les lieux de sa naissance; il semblait " saluer pour la dernière fois sa patrie. Funestes «pressentiments, puissiez-vous n'être jamais réa- « lises ! »

« Tels étaient les récits d'Isméne. Antigone ne veut pas retarder plus long-temps son voyage à la cour d Argos. Un reste d espérance est encore au fond de son cœur : hélas! la vierge timide ignorait la puissance de l'ambition sur lame des mortels. Isméne l'accompagne , et la confie , en pleurant ^ aux soins de Pirithoiis.

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w Anti{;oiie, livrée seule à riiicertitiule de ses résolulions {jéiuTCUses, luétlitait sur la niauière de se présenter devant une eour étrangère. Elle priait les Muses de placer sur ses lèvres les paroles qui persuadent les hommes, et qui font tomber les armes de la main des guerriers. « Voici ce que je dirai " à Adraste , pensait -elle en elle-même : « Illustre '< petit- fils de Persée, vous qui êtes célèbre dans « toute la Grèce par voire équité , vous ignorez « peut-être que vous entreprenez une guerre impie. X Tbèbes est sous la protection de Bacchus et du " Dieu de Tyrinthe; ses murs ont été élevés au son ^ de la lyre; ses annales sont toutes remplies de " merveilles. Et f[ui veut renverser la ville de Cad- " mus/... Mais, disait-elle en se reprenant, dois-jc « mêler dans mes discours le blâme de mes frères? « Non, j'ajouterai seulement : « Roi d'Argos, retirez^ «vous, et laissez aux Dieux le soin de régler les « destinées des hommes. >' Muses protectrices, disait- « elle encore, si vous savez quelcpie autre parole (pih «ait plus de pouvoir sur le sage Adraste, daignez " me les enseigner. »

« Enfin elle arrive à Argos, placée au sommet dun rocher comme Taire d'un aigle: seule elle traverse la ville; car Pirithoiis, toujours fidèle aux ordres de Thésée, n'était point entré avec elle. La vierjje du (Jythéron excite sur son passage la même

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curiosité et la même admiration qu'à Athènes et à Thêbes. Comme dans ces deux villes, le peuple , en la voyant, se livre à mille conjectures.

u Lorsqu'elle fut introduite dans les appartements du roi, Adraste était entre ses deux (tendres, Tydée et Polynice. L'auguste vieillard paraissait jilonjifé dans une tristesse profonde. Vous avez peut-être quelquefois remarqué, sur les bords du Simoïs ou sur les sommets élevés du Gargare, un chêne antique, dépouillé de son feuillage hospitalier. Les oiseaux du bocage ne vont plus , au printemps, y cacher l'asile de leurs amours, y placer le berceau de leur postérité; il est visité seulement par le vautour, qui vient dévorer sa proie, ou par la vieille corneille, qui ne sait que prédire des malheurs. Néanmoins dans son tronc caverneux le pâtre trouve encore des rayons de miel, luxe modeste de son repas champêtre. Tel était Adraste entre ses deux gendres. Son extérieur austère indiquait les ennuis dont il était dévoré, mais au fond de son cœur étaient de généreux sentiments; et ses lèvres laissaient échapper de douces paroles.

« Dès qu'il vit entrer la jeune princesse, il se leva; un sourire de bienveillance et d'admiration vint se placer sur sa jjouche vénérable. Des larmes roulaient dans les yeux de Polynice, qui reconnut à linstant sa sœur. îiC valeureux Tydéc lui-même

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sentit sainolïii- son cœur farouclic. " Qui ètes-vous, «dit Aclrastc, vous qui venez ainsi au sein tl'nue '■ ville tout occupée des pr«''paratils de la fjucrre? « Êtcs-vous la fille d'un de nos chefs? Ou si vous i' êtes une divinité descendue de l'Olympe, dites- «< le-moi, je vous offrirai des sacrifices. »

« Je ne suis qu'une l'aiblc mortelle, répondit An- « ti{}one, mais je viens parler au nom des Dieux. '< Illustre petit-fils de Persée, vous qui êtes célèbre « dans toute la Grèce par votre équité, vous i^jnorc/ « peut-être que vous entreprenez une çuerre im- « pie. Thèbes est sous la protection de Baccbus et •< du Dieu de Tyrintlic; ses murs ont été élevés au « son de la lyre; ses annales sont toutes remplies de «merveilles. Itoi d'Aqjos, retirez-vous, et laissez <' aux Dieux le soin de ré[;lcr les destinées des liom- « mes. ')

« Un sombre chaf^^rin respirait dans tous les traits de Polynice; mais Tydéc frémissait de race: nu froid dédain s'échappe des plis de son front, et la colère étincelle dans ses re^j^ards. «Voilà donc, sé- •« crie-t-il, voilà donc les députés que 'i'hèbes nous <' envoie! Jeune fille, livrez-vous à d'autres soins. « Qu'ont à faire les femmes dans la ({uerelle des « {guerriers? «

«•Prince de Galydon, dit Adraste, ponnjuoi ces « trans|)ortsY Écoutons ceux (pii parlent au imm

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