LIVRE IH
te retard pour envoyer à Thébcs un ambassadeur. «Si je réussis, disait-il en lui-même, mon cœur " sera comblé de joie; et la vertueuse Anti{joue ne « sortira point de mon palais sans de riches présents « pour elle et pour son frère Ktéocle. Dieux d'Ar(;os, « réconciliez-vous avec les Dieux de Tbèbes! » Telles (étaient les secrètes pensées d'Adraste.
« Grand roi , dit la vierge timide, je n aurais pu « traverser seule une contrée inondée de soldats, et « infestée de brigands. Thésée, l'ancien hôte d'OE- « dipe, a voulu favoriser les desseins de sa fille mal- « heureuse. Il m'a donné une escorte commandée « par Piritholis, dont les exploits sont aussi célèbres «que ceux du héros d'Athènes. Mais, comme il « veut rester étranger à la guerre qui menace tous «les états du Péloponèse, il a défendu à Pirithoiis « d'entrer dans Tbèbes et dans Argos. Si je reste ici «durant neuf jours, qui remplira les devoirs de « l'hospitalité envers le généreux Pirithoiis et ses « vaillants soldats? »
«Vous pouvez vous en reposer sur moi, répond « Adraste, les guerriers d'Athènes qui ont protégé «votre pieux voyage recevront tous les honneurs « dus à de fidèles compagnons de Thésée. »>
« Antigone se retira dans fappartement des femmes, oii elle fut reçue par Argie, épouse de Polynice, et par Déiphile, épouse de Tydée. Là, elle
lis ANTIGONE.
apprit comment Adrastc avait choisi ses deux pfeii- (Ircs. '< Tn ancien oracle, dit-on à Anti^one, an- « non(;ait(jue les filles du roi d Arfjos devaient avoir « pour é|>oux, Tune un sanfjlier, et Tautre un lion. " Cette prédiction obscure, dont Adrastc ne pouvait -'pénétrer le sens, lui causait mille in([uiétudes " cruelles. Il ne voyait pas sans une sorte de terreur '< Aqjie et Déipliile croître et s'embellir sous ses yeux '< paternels. A cette épocjue, pendant une nuit d'o- « ra{;c, deux f"u(ifitifs se réfu{^ièrent sous un des jK)r- '< tiques du palais. Mais ces deux ctranrfcrs, au lieu « de jouir paisiblement du modeste asile qu'ils ont " choisi pour se reposer, se disputent avec violence «Mjuelques |X)ifjnées de chaume desséché, qui « étaient restées sous le portique : tant il est vrai ((ue " les hommes attachent quelcjuetois leur orf^ucil et <« leur ambition aux choses les plus viles. Adrastc «entendit ce tumulte; il voulut en connaître la "Cause. On lui dit que deux mendiants sétaieni « l)attus pour une j)lace sous le porti(jue. « Cle ue «sont point des mendiants, s'écrie Adrastc ; j'ai n entendu les coups terribles ([u ils se portaient Vuii uà l'autre. Quel([ues unes de leurs paroles nsou- '• naient le long des voûtes, et sont parvenm's jus- « (|u'à moi. Certainement ce ne sont |K)intdes uicu- <i (liants. » On les amène en sa présence. Il soii <pic t luu rsl revêtu de la peau d \\\\ li<»u , cl (pie I «luhc