‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 47 sur 184 · LIVRE III. i · texte numérisé non relu

LIVRE III. i

« avait les épaules couvertes d'une peau de sanjjlier. « Il crui alors reconnaître les gendres qui lui furent '< annonces \)ar les oracles. C'étaient Tydée et Po- '< lynice, tous les deux exilés et lujjitils. Tydée, qui '< avait la dépouille du sanglier deCalydon, s'était «éloigné des rives fleuries de TAchélotis, à cause « du meurtre de son frère, dont il s'était rendu cou- M pable. Polynice, héritier de la dépouille du lion « de Némée, avait quitté sa patrie pour laisser son '< frère jouir pendant une année du trône de I^aiiis. » C'est ainsi que Ion fit connaître à Antigone les détails domestiques de la cour d'Argos.

« Cejîendant à peine la fille d'OEdipe s'était-elle ('loignée d'Adraste, que le roi convoqua le conseil des guerriers pour choisir un ambassadeur. On jette les sorts dans un casque d'airain, on les agite, et la première marque qui s'échappe du casque est celle de l'impétueux Tydée, fils d'OEnéus. Adraste, à cette vue, sent une vive douleur au fond de son ame , car il connaît le caractère bouillant du héros ; mais il ne peut s'opposer au sort , et d'ailleurs Tydée est son gendre.

« Adraste réunissait chaque jour au banquet de l'hospitalité, et sa famille, et ses nombreux compagnons, qu'il regardait aussi comme sa famille. Il n'y manquait, en ce moment, que Tydée et Amphiaraiis. Tydée s'était rendu à Thébcs. Amphiaraiis,

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prêtre d'Apollon , et instruit des secrets de lavenir, s était retiré dans une solitude irfuorée, pour éviter de prendre part à cette (guerre impie. Mais il n'éehapj)era point à sa destinée; son épouse, la malheureuse Kriphile, ne tardera pas de dévoiler l'asile où s'est caché le prêtre d'Apollon.

«c Un jour elle était assise à la tidjle hospitalière, à côté de Polyuice : elle considérait avec un œil d'envie le superbe collier qui ornait le cou d Arj^fie, belle entre toutes les femmes. Cette parure fatale appartint à Hcrmione, et passa de la famille de Gadmus dans celle d'Œdipe. Polynice, qui l'avait recjue de sa mère infortunée, la donna à la fdle d'Adraste, lors([u'elle lui fut accordée en maria^^je. Lriphile ne cessait d avoir les yeux fixés sur cet ol)jet de tous ses désirs, tant il paraissait ajouter d éclat à la beauté d'xVrgie. Ainsi elle s'abreuvait en silence du cruel poison de la vanité. Polynice s'en aperçut; et, se ])enchant du côté d'Eriphile: « Vous avez bien rai- « son , lui dit-il à voix basse, d admirer le collier «dllerniione, présent maf^nificjuc d'une divinité. " Jadis Vénus le déuiclia de son cou d ivoire pour en « parer fépouse de Cadmus. Gliet-d'œuvre dont «rien né{;ala jamais la perfection, mille doux « ciiarnics sont restés cachés dans ce tissu nier- '< veilleux; car ce n'est pas en vain <pi il a ctc poric par la reine des Amours, l^'iphile, nulle Iciiiuic,

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