TOME I
:258 ANTIGONK.
«Oui, répond Aiiti{Tonc, mon père et ma mcvc « ne sont plus; je suis seule. »
"Ne vous restc-t-il j)as au moins une soiir cIk- « rie?» reprend encore lun des {jaides.
«Il me reste une sœur, dit Antifjone en soiipi- '< rant; mais elle est plus jeune ((ue moi, et elle ne « peut me servir d'appui. »>
«Pauvre orpheline, dit alors le même garde, je i< ne suis point étonné rpie la douleur ôte toute pru- '< dence. Si vous veniez à être saisie j)ar leflroi , seule, '< vous pourriez mourir dans d inexprimables an- " goisses. Jeune fille, retirez-vous, rentrez dans icThébes, et demain vous pourrez, à votre gré, '< mener le deuil parmi les funérailles. "
« Mais Antigone, sans écouter davanta(;e les discours qu'on lui tenait, franchit le seuil de la porte Néitide, et dirige ses pas du côté du tertre où repose Niobé avec ses filles.
.' Des soldats veillaient auprès du corps de Polynice, jeté nu , comme le naufragé, sur les boids de la mer, et que les pirates ont odieusement dtîpouillé. Ce corps, éclairé par la lueur blanchissante de la lune, paraissait de loin un de ces monceaux isolés de neige (piaux premiers jours du printemps on aper(;oit encore parmi des mousses rougeâtres, sur les croupes élevées du Ménale. La vierge du Cythéron n'est jKiiiil assez piès |)our re-