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TOME III l

274 PALINGtfNÉSIE SOCIALE.

qu'à la possibilité du repentir pourra servir à réparer quelque erreur douloureuse.

Mais niions plus loin. Il est permis de douter de l'utilité des peines rigoureuses, flétrissantes, en un mot, irrévocables; il est permis, dis-je, d'en douter, même dans l'intérêt de la société. Il y a des faits nombreux, très extraordinaires, et fort attestés, qui établissent qu'à différentes époques, la vue des supplices a produit sur l'imagination d'un certain nombre de personnes l'effet de créer en elles le funeste besoin , le vertige amer, de se donner à leur tour en spectacle dans ces cruelles tragédies. Des sectaires, des mélancoliques, n'ont-ils pas eberebé aussi, faute d'autre célébrité, la gloire d'une torture publique qu'ils avaient vu endurer avec une constance de martyr? Le supplice de Jean Gbâtel fit peut-être Ravaillac. Le coupable sait que dans nos lois actuelles il encourt la peine de mort: ne lui laissez donc pas la pensée du danger, pensée si souvent pleine d'attrait, et qui, même dans nos préjugés, pourrait si souvent ennoblir la révolte contre les lois.

L'application de la peine de mort produit le mal moral de porter à croire que le meurtre n'est pas mauvais en soi , mais selon la circonstance. La société s'élève dans l'échelle des idées morales, et elle en est parvenue à celle-ci, que le meurtre, hors le

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