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TROISIÈME PARTIE

sauvage, souvent pleine de cette poésie fruste, qui rappelle le caractère du mythe italiote, enfin une audacieuse incohérence d'où jaillissent de temps en temps de vives clartés, remuent bien plus puissamment les idées que l'asservissement à une forme trop didactique et trop prudente. Il faut espérer que le succès de M. Michelet l'engagera bientôt à s'occuper du complément qu'il a promis et qu'il doit à ses lecteurs français. Dans l'état actuel, en effet, les hypothèses hardies de Vico, détachées de la sphère métaphysique où elles ont été conçues, paraissent être isolées les unes des autres, et manquer de leurs appuis naturels.

Quoique je ne veuille pas pour le moment me livrer à l'examen du système de ce philosophe, je crois devoir néanmoins dire quelques mots de la base même sur laquelle il le fait reposer. Selon lui, le point de départ pour toute la gentilité fut l'abrutissement le plus général et le plus complet, les traditions primitives , après la dispersion des familles humaines , sétant conservées seulement chez celle qui devint le peuple de Dieu. Alors, dans le silence des traditions, il fallut chercher le moyen dont la Providence s'était servie pour secouer l'intelligence humaine , et la tirer de l'engourdissement où elle était plongée. Ce moyen fut la foudre, lorsque l'atmosphère la produisit pour

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la première fois. De là toutes les religions de terreur de L'antiquité ; de là tout le monde civil sortant peu à peu de ces religions de terreur. Sans doute je nie le fait de la foudre ébranlant ainsi les facultés humaines, et leur donnant en quelque sorte l'existence; mais je sais aussi qu'une telle erreur tient à un sentiment intime et profondément vrai des choses qui constituent les sociétés primitives de la gentilité; c'est une vue égarée du génie; nous en serons de plus en plus convaincus, à mesure que nous avancerons dans la route où nous nous sommes engagés.

Si Vico eût connu les phénomènes de l'électricité, ceux qui sont entrés dans le domaine de l'esprit humain, depuis Franklin jusqu'à M. Ampère, et ceux d'un autre ordre dans lesquels on commence à pénétrer; si, par cette connaissance, il eût été en état d'apprécier ou de soupçonner ce que devait être la science fulgurale des Etrusques, science que tout nous démontre avoir été prodigieuse, il aurait porté bien plus loin l'assurance de ses assertions. Aussi je refuse de les admettre, non comme invraisemblables, mais comme historiquement fausses.

D'après tout ce qui a été dit, la science est primitive. L'intuition et la révélation se suppléent l'une l'autre, selon le besoin. La gentilité a eu ses organes

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