TROISIÈME PARTIE
providentiels appropriés aux lieux et aux temps. Dieu n'a jamais fait dépendre la destinée humaine de contingences fortuites. La tradition, l'ensemble des traditions, voilà le lien général et orthodoxe du genre humain.
La force logique du système de Vico a fait violence à son orthodoxie, et l'a entraîné à construire une humanité en dehors de la tradition, à créer une spontanéité indépendante de la révélation. Sans doute on peut dire que les facultés humaines étant en puissance d'être, le plus léger événement qu'eût voulu la Providence, à cette fin, eût suffi pour les amener en acte de manifestation. Mais alors à quoi eussent servi les traditions générales? Qu'eût été la mission du peuple hébreu à l'égard des autres peuples, en admettant que la gentilité pouvait surmonter elle-même toutes ses ignorances? Et sur -tout comment expliquer ces associations humaines, si énergiquement constituées , que l'on trouve toujours là où l'on aurait cherché le berceau même de la race humaine?
Dans le volume qui suit , la lyre d'Orphée sera pour moi ce que fut la foudre pour Vico.
Je n'avais pas besoin d'un tel secours, puisque j'admets la perpétuité des traditions ; mais enfin je ne suis pas sorti de la donnée historique, en prenant ce mot dans son sens le plus vaste. Encore, ici,