‹ ŒuvresChapitre 27 sur 175 · PREMIÈRE PARTIE. -j · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. -j

aussi a besoin d'être refaite à chaque transformation des destinées humaines?

Arrêtons-nous un instant à considérer le passé.

Nous avons adopté le système de la progression , mais quel a été le point de départ?

Une philosophie épicurienne, et je m'exprime ainsi pour donner un nom quelconque à une telle philosophie, croyait que la substance humaine a dû s'élaborer pendant des temps indéterminés, que la nature n'était parvenue à produire l'homme qu'après avoir fait passer cette substance humaine par tous les degrés de l'organisation et de l'animalité.

Il n'en est point ainsi : l'essence humaine est une, spontanée, toujours identique à elle-même, distincte de toutes les autres essences.

L'homme a donc été toujours un, toujours identique à lui-même.

Mais alors, encore une fois, où a été le point de départ de la progression?

Ici il faut voir l'homme tel qu'il est, avec ses grandeurs et ses misères.

Nos sens nous trompent tout en nous révélant le monde extérieur. Notre entendement est vicié, notre imagination troublée ou corrompue. Un des grands problèmes de l'homme pour l'homme a toujours été de se connaître lui-même.

7 i PAEINGÉNÉSÏE SOCIALE.

La difficulté que nous avons de nous connaître nous-mêmes indique que notre évolution est loin d'être pleinement accomplie, que nous ne sommes pas entièrement dégagés du tout panthéistique, que nous ne sommes pas en possession certaine de la conscience et de la responsabilité, et que nous devons toujours travailler à deviner la grande énigme de nous-mêmes, qui est l'énigme de l'univers.

Répétons donc encore aujourd'hui la célèbre maxime du temple de Delphes: « Connais-toi toi- « même. »

Toutefois l'état primitif de l'homme ne peut pas être seulement la faculté de se développer, car nous' nous retrouverions engagés dans une suite de problèmes insolubles.

Où serait la raison du développement par les calamités générales et par les souffrances individuelles? En un mot, où serait la raison de l'épreuve sous la forme d'une expiation douloureuse?

Nous voici enfin en présence du dogme de la déchéance; mais, nous le savons, ce dogme est identique avec celui de la réhabilitation.

De là les épreuves et les initiations successives.

Pour bien apprécier le dogme de la déchéance , il faut se le représenter comme la conquête de la conscience et de la responsabilité humaine.

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