PREMIÈRE PARTIE
Ceci n'est point une hypothèse; c'est une croyance déposée au fond de toutes les traditions générales du genre humain.
Ce dogme est toujours, est encore à présent, le lieu où réside la solution du problème de l'homme, de ce problème en soi et en rapport avec l'énigme de l'univers.
L'épreuve de la manifestation actuelle de l'homme sur la terre depuis qu'il l'habite, cette épreuve s'explique par le dogme un et identique de la faute et de la réhabilitation : la religion du genre humain est donc le christianisme.
La réminiscence d'un état antérieur est, pour le monde actuel, le même dogme. Tous les mythes parlent comme ce dogme auguste et sévère.
Ainsi la responsabilité étant une promotion , et la faute étant une suite de l'acquisition de la faculté du bien et du mal , il était inévitable que la réhabilitation fût identique à la chute.
Ainsi se manifeste la promesse du Médiateur.
Ainsi, l'histoire actuelle de l'homme commence par l'histoire de l'expiation.
Ainsi l'homme est divisé j)our être expié. Ainsi il devient successif sans cesser d'être identique à luimême.
Ainsi le mal a été réparti pour être moins pesant, étendu pour être moins intense.
76 PAL1NGÉNÉSIE SOCIALE.
Si nous considérons le globe que nous habitons, nous sommes obligés d'entrer dans des calculs de siècles qui effraient la pensée. Si nous le considérons dans ses rapports avec les autres globes qui peuplent l'espace, nous sommes encore obligés d'entrer dans des calculs qui effraient la pensée. Si de 1 univers phénoménal nous nous élevons à l'univers intellectuel, nous nous perdons dans un abyine sans limite; et cependant des lois de l'univers phénoménal nous induisons les lois de l'univers intellectuel.
Les Indiens ont prodigué les siècles. L'algèbre divine de Moïse a condensé les siècles en jours cosmogoniques. Le commentaire de la Bible se trouve répandu dans les livres sacrés de l'Inde, écrit dans les plaines du ciel, gravé sur les monuments géologiques de la terre, empreint dans la nature intime de l'homme.
La science sonde le dogme pour le commencement et pour la fin.
Nous allons poursuivre le cours de ces réflexions, en les dirigeant plus spécialement sur chacun des ouvrages qui entrent dans le plan de la Palingénésie sociale.