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DEUXIEME PARTIE

ceux qui se sont efforcés de faire entrer les faits dans un système allégorique. Tous ont raison lorsqu'ils ne veulent pas s'exclure mutuellement.

Voici néanmoins quelques explications sur ce sujet, et ces explications peuvent être considérées comme des points de doctrine :

Un type de l'homme , c'est l'homme même , l'homme d'un temps, l'homme accomplissant une mission providentielle. Hercule, c'est tout l'homme, l'homme défrichant la terre, se l'appropriant par la culture, assainissant les marais formés par la retraite des eaux après quelque grand cataclysme; c'est l'homme enfin domptant les forces rehelles de la nature. Chaque grand peuple de l'antiquité a eu son Hercule ; chacun eut sa sibylle.

Les hommes universels, c'est-à-dire les hommes types, sont toujours transformés en hommes nationaux.

Toute la science fut Mercure ou Hermès; tout législateur fut Zoroastre.

Les premiers oracles furent en Grèce ceux de Thémis , et Thémis ne fut autre chose que Gérés législatrice; les lois primitives de l'Egypte furent les poëmes d'Isis.

Les faits universels ont été traduits de la même manière que les hommes universels. Chaque peuple a eu , si l'on peut parler ainsi , une traduction des

traditions générales du genre humain, qu'il sest appliquées. La géographie a subi de semblables transformations. Tous les lieux ont eu des noms tirés de leur position réelle, ou de leur position relative. Les désignations d'Hyperboréens , de Cimmériens, et même de Pélasges, furent d'abord des désignations générales de ce genre, qui ont été attribuées ensuite à plusieurs peuples différents. La Méditerranée fut tantôt la mer Egée, tantôt le grand Océan. Deux Hercules, les plus anciens de tous, dont l'un ouvrit les barrières du véritable Océan, dont l'autre forma la vallée que l'homme devait illustrer par tant de créations, nous offriraient peut-être l'emblème d'une grande catastrophe, célèbre dans l'histoire du inonde primitif, le naufrage de l'Atlantide; et, toujours par des raisons analogues à celles qui viennent d'être énoncées, le fleuve merveilleux qui descendit pour féconder cette vallée des prodiges, fut appelé toura-tour Océan, Aigle, Egypte, Nil, c'est-à-dire eau. Le nom d'Hespérie, qui signifie région occidentale, fut successivement porté par l'Epire, par l'Italie, par l'Espagne. Enfin la géographie positive produisit une géographie poétique et idéale; et chaque nation en qui s'éveilla ou l'instinct de la domination , ou celui de la direction des affaires humaines, voulut que la contrée où elle était établie fût en

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