‹ ŒuvresChapitre 44 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. ro · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. ro

Toutefois je ne partage point l'opinion de Warburton sur le principe du polythéisme; j'admettrais plus volontiers cet autre principe : l'insondable unité de Dieu a besoin d'être dispersée, ou détaillée, pour être saisie ; c'est ainsi que nous analysons l'homme, pour cherchera le comprendre. Par la pensée humaine, Dieu est dispersé dans ses attributs, parceque la pensée humaine est condamnée à être successive. Les hymnes d'Orphée, dont il ne s agit point ici de discuter ni l'authenticité ni l'origine traditionnelle, les hymnes attribués à Orphée sont des sortes de litanies liturgiques, qui contiennent des énumérations d'attributs. Tous les attributs de la puissance suprême, créatrice, sont donnés à chaque divinité, comme si chaque divinité était le Dieu suprême , créateur, ordonnateur, unique; car, en effet, Dieu est tout entier dans chacun de ses symboles.

Dans les Mystères, on aurait donc rétabli l'unité de Dieu.

Les Mystères étaient encore , sous une forme évocatrice, le passé et l'avenir du genre humain par les traditions générales, plus ou moins conservées , plus ou moins altérées , plus ou moins transformées.

Il paraît bien qu'on y enseignait les retours cycliques, la misère des familles humaines primitives:

cotait sans doute une manière emblématique et mythique d'inculquer l'idée fondamentale de la perfectibilité successive de lame humaine, à la condition des épreuves; cette perfectibilité et ces épreuves représentées, dans les divers grades de l'initiation , par la terreur ou le charme des spectacles dont on frappait les sens.

Quant aux paroles de Thémistius, citées par le comte Ouvaroff, il faut exclure de cet assentiment le» cultes immoraux , les croyances qui ne sont qu'une dépravation des idées religieuses , entendues dans l'acception la plus générale; et cependant soyons toujours un peu en garde contre de telles accusations d'immoralité , parcequ'en effet nous pouvons être fort égarés par la nature même et la forme des emblèmes. Les traditions , soyons-en bien convaincus, ne peuvent jamais être entièrement perverties. Sous ce point de vue élevé, la diversité des cultes a quelque analogie avec la diversité des langues : on a peine à suivre la pensée divine dans les enveloppes que lui prête la pensée humaine; mais c'est toujours la pensée divine. Je ne sais si l'opinion de Thémistius ne pourrait pas être prise aussi pour l'expression d'une tolérance universelle; mais, dans tous les cas, souvenonsnous que l'Egypte était loin d'avoir adopté un régime de tolérance.

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