‹ ŒuvresChapitre 47 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

pas croire à deux volontés produisant chacune un destin différent?

En voyant une foule agir, quelquefois non en vertu d'un ordre, mais par une impulsion puisée en elle-même, on prend une idée de ce qu'est le genre humain dans l'ensemble de ses destinées, dans l'identité de l'être individuel et de l'être collectif. La pensée humaine serait-elle donc une des puissances de ce monde? Une volonté seule est douée sans doute d'une grande puissance, mais elle ne devient en quelque sorte toute-puissante que dans le moment où elle exprime] le sentiment du grand nombre , dans l'instant où elle représente la multitude des autres volontés. Alors c'est Hercule prenant possession de la terre.

Dieu qui a fait l'homme a su qu'il faisait une volonté libre et indépendante; et il a voulu que ce fût ainsi. Il en est de même des autres intelligences qui ont été placées dans les autres mondes; car sans doute chaque monde a sa créature supérieure, qui est un sommet, un perfectionnement, un but, peut-être même une cause. Les livres sacrés des Indiens accordent à la pensée humaine une puissance dont nous aurions peine à comprendre l'inconcevable étendue, pareeque nous sommes restés bien loin de leurs doctrines mystiques.

no PALINGÉNÉSIE SOCIALE.

La volonté humaine peut créer un destin , par la raison qu'un fait, en soi, est une chose irréfragable; mais le destin créé par l'homme, à son tour est brisé par le destin qui résulte des lois générales de la Providence; et Prométhée est cloué sur le Caucase, événement qui plus d'une fois est arrivé dans le monde.

La Providence a des lois successives, qui forment des destins successifs; et, lorsque le temps est venu, Prométhée est déchargé de ses fers.

Prométhée, c'est l'homme se faisant lui-même par l'énergie de sa pensée.

La liberté des êtres intelligents a été prévue dans les lois qui gouvernent l'univers. Dieu s'est imposé, s'il est permis de parler ainsi , le devoir de la respecter; mais il s'est en même temps réservé la faculté de la réprimer, car elle aurait pu aller jusqu'à troubler l'harmonie des mondes.

L'homme ayant été créé libre, et Dieu lui ayant donné, dans la conscience, un guide, le mal qui résulte de la liberté , et qui est un mal nécessaire , ne peut être attribué à Dieu. Cette conscience se développe et s'éclaire par les moyens que* Dieu nous a fournis, et qu'il nous dispense en raison de nos progrès ; voilà ce qui fait que l'appréciation même du mal peut varier, selon les temps et les lieux. Il y a donc une conscience que j'oserais

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