‹ ŒuvresChapitre 5 sur 175 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

de réprobation et d'opprobre; la honte est telle que je n'ose la dire, pareeque les mots et les images qui servirent à l'exprimer trop naïvement n'existent plus dans nos langues devenues pudiques à l'excès. Bossuet cependant, pour mieux briser les séduisantes illusions , dont , à force de poésie et de roman , nous avons fait les instincts perfectionnés et délicats de notre nature, Bossuèt n'a pas craint d'effaroucher nos susceptibilités modernes. Dans les traditions juives, qui sont aujourd'hui l'héritage inaliénable des nations chrétiennes, il n'a pas fallu moins que la grande promesse d'un Médiateur pour nous affranchir de l'antique anathème. Tous les peuples de la gentilité ont également cherché un remède à la flétrissure originelle. Ce fut en effet le but de plusieurs institutions diverses dont nous aurons à nous occuper, tant fut universel le sentiment que nous venons de signaler !

La manifestation de l'homme sur la terre et dans le temps est donc un châtiment qui lui est infligé , puisque, selon toutes les religions, il doit se purifier de sa naissance, et que sa vie tout entière est une épreuve ; ou plutôt c'est ce qui fait que sa vie mortelle est une épreuve. Nous trouverons par la suite d'autres explications de ce dogme primitif; mais ici nous devons le prendre dans toute sa sévère nudité.

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