‹ ŒuvresChapitre 4 sur 175 · PREMIÈRE PARTIE 3i · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE 3i

nous sont assurées dans une autre vie, assurées par toutes nos croyances primitives et traditionnelles, assurées par notre nature même de créature intelligente et morale. C'est là qu'après une nouvelle série d'épreuves et d'expiations, car il ne doit entrer rien ((lie de parfait dans les royaumes immuables de Dieu ; c'est là que se trouve enfin le dernier terme de toute palingénésie ; c'est là seulement que s'accomplissent nos destinées définitives.

Mais ne parlons, quant à présent, que de la vie préparatoire qui nous est accordée, du monde passager qui a été livré à nos recherches immortelles.

Au lieu de la fatalité tragique des anciens, ou de cette autre fatalité , également inflexible, qu'on est convenu d'appeler la force des choses, il faut bien admettre l'enchaînement merveilleux des causes et des effets , les effets , à leur tour, devenant causes, pour entretenir la génération sans fin des destinées humaines. Cette chaîne non interrompue de causes et d'effets, dont le premier et le dernier anneau restent éternellement dans la main de Dieu , forme l'instrument mystérieux de sa prescience; et en ce sens la prescience divine est un attribut insondable de celui qui établit une fois , pour quelles subsistassent toujours, les lois universelles, les lois auxquelles obéissent les esprits et les corps ; qui créa l'intelligence de l'homme à son image, et lui donna

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la liberté, pour qu'il méritât; qui le fit en quelque

sorte colégislatcur d'un monde où il semble cependant n'avoir que des obstacles à vaincre.

Si nous interrogeons les .doctrines mystiques unies à toutes les religions, et répandues, de toute antiquité, dans le monde, nous y trouverons une triste et terrible unanimité sur ces points principaux, la punition dune première faute, le besoin dune expiation, le travail imposé à l'homme, la science acquise au prix du malheur; nous y trouverons toujours une funèbre commémoration de quelque épouvantable catastrophe où le genre humain a péri ; nous y trouverons encore, sous mille formes diverses, la peinture d'un être supérieur qui subit la mort, dont les membres déchirés sont dispersés par toute la terre, et d'un autre être supérieur cherchant aussi par toute la terre les membres épars de la grande victime, pour recomposer son corps. Mais remarquez bien la suite et l'ensemble du mythe universel que je viens de signaler. Durant cette course douloureuse, qui a pour but la recomposition de l'être primitif, ou de l'être emblématique et typique, l'agriculture et les arts sont enseignés aux hommes, la civilisation commence, les lois du mariage et de la propriété sont établies, enfin la société s'organise. Remarquez sur-tout que la source des générations humaines reste frappée d'une sorte

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