TOME III
i/,G PALINGÉNÉSIE SOCIALE.
raient que la mythologie est l'histoire même, mais l'histoire dune époque primitive. J'aurai donc à montrer sans cesse comment s'opère, dans les réalités intellectuelles, la transformation du fait mythique en fait historique, et du fait historique en fait mythique; car tout est fortement tissu dans la trame des destinées générales du genre humain ; et voilà ce qui explique pourquoi le premier germe de l'histoire romaine s'est trouvé tout naturellement dans la poésie d'Orphée.
„ J'ai fait connaître ce que je pense sur le génie de Virgile, sur le genre d'inspiration qui lui fut départi ; j'aurais beaucoup de choses à ajouter, qui se trouveront ailleurs. Qu'il me suffise quant a présent de répéter que ce grand poëte fut l'historien de la cité , comme Tite-Live fut l'historien de la ville; seulement ils sont venus l'un et l'autre bien tard recueillir pour la première fois des traditions. Aussi Virgile ne parle-t-il que d'un léger souffle de renommée; et c'est en son nom qu'il chante.
Le résumé d'histoire romaine qui me sert de formule générale se compose d'une série de faits à peine aperçus dans les histoires écrites par les auteurs latins eux-mêmes, et par les auteurs grecs qui ont consacré leur vie à cette étude , parceque trop livrés au soin de débrouiller d'anciennes traditions ou d'obscures annales pour y chercher des événe-