DEUXIÈME PARTIE. i/i
ments quelquefois épars et sans liaison, plus ou moins exactement consignés , en composer une suite, un ensemble, et leur donner de la vraisemblance, ils se sont peu occupés de la raison profonde, intime, mystérieuse, qui a dirigé les événements eux-mêmes, qui les a développés, qui les a fait naître les uns des autres ; et pourtant ces événements ont toujours marebé avec un ordre invariable, avec une régularité constante, comme dirigés par une intelligence unique, cette haute intelligence qui accomplit un plan , qui réalise un dessein , qui dès le commencement dune chose en sait parfaitement la fin. Dans les données de la Providence , il n'y a point d'effet sans cause ; les affaires humaines sont contingentes, mais elles ne sont ni fatales ni fortuites.
Ainsi que nous l'avons remarqué, une loi gouverne le monde des intelligences ; et cette loi existe dès le commencement des choses , comme celle qui gouverne le monde physique.
Nos publicistes français , de même que les écrivains nombreux qui ont embrassé l'histoire romaine tout entière, ou qui en ont traité les différentes parties séparées , non plus que les antiquaires , n'ont aperçu , ni les uns ni les autres , la série des faits, tous dépendants d'un fait primitif, et que je me propose de signaler ; il était tout simple qu'ils
,4« PALINGÈNÉSIE SOCIALE.
fussent égarés par l'inadvertance des historiens anciens, par leurs passions, par leurs préjugés, par des sentiments de nationalité ou desprit de parti , par la confusion des idées. Mais cette série de faits, dont j'avais eu la conviction bien avant d'en avoir eu la certitude, avait été fortement pressentie par plusieurs jurisconsultes napolitains du siècle dernier : leurs ouvrages que j'ai connus depuis , ont pleinement confirmé toutes mes conjectures ; j'y étais parvenu par la force des analogies , par la liaison et l'ensemble de mon système sur les origines sociales, et il m'a été permis d'aller ensuite beaucoup plus loin. Je me bornerai à citer Vico, parcequ'il est le premier, pareeque son nom , qui vient à peine de ressusciter en Italie, est déjà répandu en Allemagne , et commence à se répandre chez nous ; Vico , l'un des esprits les plus pénétrants qui aient jamais existé , l'honneur, dans nos temps modernes, de cette école italique, dont l'origine se confond avec l'origine de la poésie, et dont les traditions peut-être n'ont jamais été complètement abolies dans les lieux qui la virent naître. Si je devais exposer la doctrine de Yico, ainsi que j'en avais eu le projet avant d'avoir su que plusieurs personnes s'occupaient de cet utile travail, si je devais, dis-je, exposer la doctrine de Vico , comme ses excursions dans le passé souvent sont assez aventureuses, j'au-