DEUXIÈME PARTIE. i5i
reuse révolution qui aurait pu prévenir le terrible orage de 89. Les véritables bases du pacte social auraient été respectées , et nous n'aurions pas à déplorer de si funestes catastrophes. Rousseau 11'aurait pas produit ses brillantes absurdités sur l'état primitif de l'homme , et aurait employé ce qu il y a de si éminemment religieux dans son admirable talent à fonder une philosophie politique conforme à ses propres inspirations. Montesquieu passe à Naples pour avoir vu et connu Vico, pour avoir profité de ses entretiens. C'est à mon avis une erreur bien facile à démontrer. On ne trouve ni dans l'Esprit des Lois, ni dans les Considérations sur les Romains , aucune trace des idées du philosophe napolitain, de ces idées qui, prises à leur source la plus profonde, sont antipathiques à toutes celles du dix-huitième siècle. Et qu'il me soit permis de dire que ce fut un malheur pour Montesquieu aussi bien que pour nous. Si j ose parler ainsi, ce n'est point pour atténuer les services que ce noble publiciste a rendus à l'impérissable cause du genre humain , dont il n'a pas retrouvé , comme on l'a dit, les titres , mais du moins -à qui il a appris que ces titres existaient : celui-là évidemment a été emprisonné dans son temps; c'était un aigle fait pour planer sur les hauteurs de ce monde. Voltaire enfin , en qui je me plais à reconnaître un amour ardent
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des hommes, Voltaire, si quelque lumière de ce genre lui fût parvenue, ne se serait pas cru obligé, pour établir le régne de l'humanité, d'ébranler toutes les croyances religieuses de tous les lieux et de tous les temps. Il aurait su que l'homme n'a de développements possibles que dans la société, et par la société, et que la société est une œuvre religieuse.
Puisse l'esprit de recherche et d'investigation pénétrer de nouveau l'Italie ! on y trouvera des merveilles inconnues. Les monuments de la nature et les monuments de ce peuple , qui eut de si grandes destinées , offrent une mine également inépuisable à exploiter; car, ainsi que nous l'avons remarqué, la science doit refaire la doctrine; la géologie et l'archéologie doivent se prêter un mutuel appui. Que des hommes tels que les Vico, les deux Schlegel , les Cuvier, marchent à la découverte sur cette terre antique qui a été si profondément labourée par la charrue des volcans, et par celle des révolutions. Il y a là des monuments cyclopéens de plus d'un genre. Il est certain que les érudits allemands si patients, si laborieux, si infatigables, manquent des ressources qui abondent en Italie. D'ailleurs les Italiens ne sont point, comme on pourrait le croire, déshérités des hautes facultés qui les distinguèrent à toutes les époques. Une sève abondante, féconde