‹ ŒuvresChapitre 86 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

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SUITE

DE LA DEUXIÈME PARTIE

§iv.

Prolégomènes pour la Ville des Expiations.

Selon d'anciens philosophes , la matière est le principe du mal; et, à ce sujet, les questions suivantes ont été agitées : Dieu est-il le créateur de la matière? Dieu a-t-il été obligé d'agir sur la matière existant par elle-même , et de lui donner des formes et des qualités? De là cette autre question : Dieu , en créant le monde, a sans doute pris conseil de son insondable sagesse ; mais est-ce , et je me sers à regret d'une expression convenue , qui explique bien mal ma pensée, est-ce pour son bon plaisir qu'il est sorti de son repos ; ou bien , y a-t-il quelque motil <jiii l'ait déterminé, sans toutefois altérer les ineffables prérogatives de sa liberté? Et quel a pu être

i8a PALINGÉNÉSIE SOCIALE.

ce motif? Scrait-il permis de dire que, de même <[iic l'homme ne peut manifester sa pensée que par la parole, de même Dieu n'a pu manifester la sienne que par la création? La création serait-elle la parole éternelle de Dieu, ou l'expression plastique de sa pensée éternelle , une manifestation de ses attributs et de ses facultés infinis? Quelque effort que fasse la pensée humaine, elle ne peut parvenir toute seule à connaître la matière, car nous ne pouvons séparer ses qualités de son essence, ni la séparer des diverses organisations auxquelles elle s'allie, des diverses transformations qu'elle subit. Enfin faut-il dire avec quelques uns que la vie soit venue pour dompter la matière, et que tel fut le motif qui détermina l'acte de la création? Quoi qu'il en soit, la matière est aussi difficile à comprendre que l'esprit ; et c'est ce qui renverse par sa base tout système de matérialisme.

L'étude des cosmogonies et des philosophies indiennes serait indispensable, si ce n'est pour nous fournir des doctrines certaines, du moins pour bien poser le problème primitif. On peut dire seulement que l'idée de Dieu serait incomplète, si l'on n'y joignait pas la spontanéité de la création et la création ex nilido. J'ai donné dans le précédent paragraphe d'autres raisons assignées par Vico.

Toutes ces questions, au reste, fussent-elles inso-

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