DEUXIÈME PARTIE
s ils ont suffisamment appris à moins compter sur leurs propres forces ? S'il en est ainsi , et que le nouveau Constantin doive se faire attendre, alors dans ma pensée de résignation , je me dispose à me consoler de voir les efforts généreux devenus impuissants; je me consolerai , dis-je, en pensant (pie sans doute nous n'étions pas assez avancés dans le sentiment moral pour mériter l'émancipation, sinon complète, du moins incontestée. Nous y parviendrons graduellement, à mesure que nous le mériterons par nos efforts soutenus, par une respectueuse confiance.
Ne lavons-nous pas déjà dit, et sommes-nous obligé de nous répéter sans cesse? Les premières sociétés furent sévères et garrottantes, pareequ'après la déchéance il fallut enseigner peu à peu le sentiment moral; et le christianisme lui-même, quoiquesi terriblement acheté, le christianisme dont le mystérieux emblème est un instrument de supplice, le christianisme lui-même n'a pénétré que peu à peu dans la moelle de la société.
Oui, la religion, et ce mot doit être entendu ici dans le sens le plus universel, la religion faite pour l'homme dans le temps est sujette à la loi du progrès et de la succession ; elle se manifeste donc aussi successivement. Lorsque Dieu a parlé dans le temps , il a parlé la langue du temps et de l'homme. L'esprit