‹ Œuvres: poésiesChapitre 34 sur 37 · V->OMME ils sont loin de nous, les humbles n;veiuui · texte numérisé non relu

V->OMME ils sont loin de nous, les humbles n;veiuui

Qu'au vieux moulin sur la Durenqiic, — alors prospèi

Par une nuit semblable, après les carillons,

La messe, le retour parmi les tourbillons

De neige, auprès du feu nous servait notre mère 1

Les Matines 1 Huit Jours que nous en rêvions tous. Nous y mènerait-on? « Si nous étions bien sages, » Disait l'un.., — « S'il faisait claire lune et temps dou Ajouuit l'autre... et si, dans les mauvais passages. L'on ne relevait plus les empreintes des loups.

Xotrc père grondait et ricanait : « Matines? Matines chaudes, soitl » C'est-à-dire le litl — Larmes, cris, désespoir... et ruses enfantines : « Ma bonne tante I — Mon parrain 1 » Bien, on mollit ; Nous irons voir l'enfant Jésus sous ses courtines!

Ht, certe, il était beau, Jésus, rose et vermeil. Tout blond dans la lueur des cierges sur la paille, Entre sa Mère ayant pour coiffe un clair soleil. Et son âne et son bœuf, ma foi, de belle taille... Mais comment faisait- il pour n'avoir pas sommeil ?

Psaumes s.ans fin, grand'messe et proses et cantiques Nous berçaient doucement d'un grand ronron pieux. Tout d'abord nous luttions, et, les poings dans les yeux. Repoussions quelque temps les assauts magnétiques. Mais nous nous endormions enfin — rêvant des cieux...

Ah ! le réveil subit, les pleurs, les gronderies.

Le noir encor plus noir, le froid encor plus froid.

Le retour cahoté par le chemin étroit.

Au grand pas du parrain fécond en railleries

Et qui dans ses doigts gourds serrait nos mains meurtries.

Les houx avaient des airs menaçants; le ruisseau

Grondait aussi, bavant presque à la passerelle;

Et si notre lanterne effarait un oiseau,

Je tressaillais en écoutant sifïïer son aile;

Et je voyais des loups courir sur le coteau!...

Mais le Moulin, là-bas, laissait par sa chatière Un levier d'or venir à nous dans le sentier : L'étoile ! on arrivait ! — « Maman ! »... Douce lumière Bonne chaleur, vieux banc à droite du foyer. Marmite murmurante et table hospitalière,

Salut I — Et l'on servait le réveillon -- enfin! Dans la faïence brune et sur la nappe grise, L'andouillette poivrée et grasse était exquise, Et changeait en nectar notre aigre petit vin... — Et l'on narguait le loup et la neige et la bise...

Qui réveillonnera, ce soir au vieux Moulin Dont la nichée à tous les vents s'en est allée ? Personne. — Et la cascade, en roulant le trop plein De l'écluse inutile au creux de la vallée, l'era sur nos berceaux sa plainte inconsolée.

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