Estre en Vescocil de qqch
poursuivre avec ardeur 201 3863.
Escoellllr (s'), s'élancer II, 177 541.
Escondire, refuser (empl. comme subst. 112 881) ; excuser, disculper 109 772 ; 265 1555.
Escot, tronc, souche III, 188 1652.
Voy. les notes.
Escoter avec qqn., être de sa compagnie, tenir avec lui III , 167 37 {Amours, Amours, avecques vous fescote) ; dérivé de escot, écot. Cp.
pour le rapport des significations, l'ail, zeche, compagnie, confrérie, puis part de chacun dans un repas commun.
Escourc, tablier II, 360 52. Voy.
ma note, Jean de Condé I, p. 425, adv. 865 {escors).
Escrier, proclamer, glorifier II, 8 236 ; appeler 111, 260 2542.
Escrlptlon, écrit 345, 1. 6.
Escrirc (parfois escripre), inscrire, noter, remarquer 225 464 ; entailler, graver II, 105 3556 {Ou euer m'est ce fa escris). Notez, pour la conjugaison du verbe, les formes escrisi {scnpsi) 113 922; 130 1496; impératif plur. et subj. prés, es-
eritie'B , escripsiés i \ l 830 ; 2Î5 464 ; cp. je rescrise 342 3864.
Escrolanlr {s') OU s'escroistre^ se rompre les poumons, s'égosiller 3 54 [Et rosegnol si s'escroissuicnt).
De croissir, rompre, craquer, faire du bruit.
Eaeu {séparer en «on}, expression tirée du langage héraldique, se vanter, se prévaloir 15 472 {Encor ai je une autre vertu Dont je me pare en mon escu). Cp. 20 666 Car Jalousie a tel vertu Et sus ce porte son escu (et elle en a pris son blason, son emblème).
Esculée (p. escuelée) , plein une écuelle II, 345 47.
EMcalette, petite écuelle 91 155.
EMcnser, dispenser 344, 1. 32; II, 137 4635. — S'escusery se disculper 250 1113; se dispenser, s'abstenir 323 3445 ; prendre la liberté, s'autoriser 214 113 ; 215 141.
Eflsaré , malheureux II , 287 70 [Ceste vie esgarée N'a qu'un petit de durée).
magart, effaré 131 1541. Pour la forme en t , cp. l'ancien se garir^ forme secondaire de se garer.
Ealarsir («'), s'éloigner II, 68 2318.
Esleecicr, réjouir 102 526 ; 172
KMlegler 95 296 (J'avoie... mon esperit si legier Que ne le poroie eslegier); II , 359 52 {Li homs n'a pas science en lui fondée Qui de dame cuide otroi eslegier Sitos qu'il voit en li ju ne risée).
Jean de Condé I, 318 475 : Allez chercher de l'amour ailleurs, car On ne puet la moie esligicr Ne conquerre de si legier. J'ai mal expliqué le mot dans ma note sur le passage cité de Jean de Condé (p. 475). Les divers exemples do son application rassemblés par M.
Tobler dans son compte-rendu do mon édition des Condé (Jahrbuch fur rom. Literatur, t, VIII p. 342), ne laissent plus de doute qu'il signifie posséder ou acquérir en toute propriété, sans conteste, puis posséder ou acquérir en général. Le savant romaniste de Berlin fait venir esligicr du bas-latin ehïi^'arc, verbe ainsi défini par Du Cange :
extra omnem litera ponere, ita ut qui elitigalo ordine possidet pleno jure et absque ullius reclamatione possidere dicatur. Cette étymologie satisfait pleinement tant pour la lettre que pour le sens; Du Cange note aussi la forme elidiare (qui selon les règles de transformation devait également se franciser par esligicr ou eslegier)^ comme une altération de elitigare»
EalèM {eslais)^ élan ; à plains eslès^ de plain élan, à cœur-joie 228 558.
Esicvé, rehaussé (de pierrerie) III, 20 652.
EaionKc, excuse II, 16 524.
EsionKier, éloigner, débouter, refuser, 129 1473 ; eslongier qqn., s'en éloigner, le quitter 172, 2883; III, 4 93. — Je trouve le part.
GLOSSAIRE
cslongi (supposant un infin. csloiigir) 81 989.
Kmiuc, cslimalion, avis 193 3603 (tant qu'à mon esme). De csmer, estimer ; voy. aussi aumer.
Ksmcstrycr, se reudre maître 275
E^panlr, actif, déployer, épanouir 49 5174; II, 214 166; répandre, verser (des larmes) II, 28S 5; neutre, s'épanouir, se développer, se former II, 153 5174. Part, espani = formé, 344 18 {Tous cspanis et tous formés). On sait qiïcspanir est. p. espandir et vient de expandere.
Espardrc (lat. spargere)^ part, espars, pr. disperser, de là : distribuer, donner, à profusion II, 143 4821 ; 257 40 ; dépenser (de l'argent) II, 84 2815; 222 74.
Kspar»!, adject. (pr. participe de espardre)y distrait II, 50 1710; 164 57 ; dispersé, fini, en parlant d'une assemblée, d'une fête II, 168 222 ; émis II, 83 2778 {D'une vois à point esparse); répandu, étendu III, 18 584 {Tant comme le monde est espars),
Espart , propr. éclair , puis les éclairs qui partent des yeux, 18 587 {H espar t de son rcgart) ; II, 419, rond. 80 {Mes ce qu'il sont jeté d'un douls espart) ; enfin synonyme de regard 116 1007; 333 3640 ; II, 88 2965 {Mes espars et mon regart). Le mot est employé comme adjectif, avec le sens de
fulminant, effrayant 204 3961.
Kspart, partie, passé irrégulier p.
espars (de espardrc) 190 3491 ; II, 143 4821.
Efipassc, temps, loisir, occasion II, 100 3373 ; 106 3588 ; III, 47 1589. Par espasses, de temps à autre II, 64 2179.
Eiipeciai (spécial), important 253 1262 {Nouvelles grandes et especiaus). Loc. abv. en espedal, d'une manière spéciale, grandement 177
Esplnceau, épingle 88 40.
Espinçon, petite épine, piquant, 88 40 {Les enfiloit en espinçons de grouselier).
Espliie, arbrisseau, buisson, 261
Espiucr, piquer 98 386 ; II, 380 8.
Esplnefte, buisson 193 3653 {Nous venins à une espinette Qui florie estait toute blanche) ; 210 4192 Ains languis en vie eûreuse Dedans V espinette amoureuse). Epinette est encore en usage dans le sens de cage d'oiseau (faite en branches d'épines), et dans le second des passages cilés (c'est le dernier vers de l'Espinette amoureuse) , on pourrait retrouver celte signification ; cp. le litre donné à la Prison amoureuse. Cependant les buissons jouant un grand rôle dans le poëme, je préfère traduire par buisson ; cp. l'intitulé Buisson de jonece.
Esplr, synonyme de souspir, 260
GLOSSAIRE
Eitpirer , respirer 353 3639 ; pr.
soofiDer contre (en parlant du vent), puis alleintlre, frapper 42 1383 {Tu ne seras jà desconfis Pour aventure qui Vespirc).
EapUce, lat. spccies, figure, forme II, 13 484 [Vil image., fait au semblant et en Vespisce Que ta droite dame estait lors).
Espioit, manière d'agir, errement 357 3t7 {De loyauté tenoient les esplois). A csploit, à force II, 370 14 ; à tous esplois, à toute force 311 3037.
Eaplolilcr, neutre, se dépêcher, aller vite 273 1834 ; actif, mener à fin, exécuter (un livre) III, 76 788.
Esplorer des larmes, répandre, 304 2824 {Depuis en furetit moult de larmes Esplorées et espandues).
Espoir, 1« pers. sing. ind. prés, de espérer, 3 72. Il est normal que Te long latin, prenant l'accent, se change en oi (cp. enteser, mais fentoise). Espoir^ le subst., est également assujetti à ce principe, il se rapporte à espérer, comme pois (poids) à peser. — L'adv.
espoir, peut-être (91 153etpassim), n'est que la formule verj)ale j'espère, je pense.
Eivpoaflcr, donner en mariage, fiancer II, 166 141 ; lat. sponsare.
Eftpriatier, estimer à sa juste valeur 97 357 ; II, 168 223.
Euprlvcteur, chasseur à l'épcrvier (?) 258 804 {Une moult petite aloye-
re Que d'esprivetcur on appelle).
Esprouier, prouver II, 525 43.
i:flquater, écraser, aplatir II, 340 53 {Que foc si esquatd la pancé].
On trouve aussi esquatir et esquacher (auj. écacher).
Kaqulcre, forme variée de esquiele^ sonnette, ail. schellc II, 326 78.
Eaquieu, forme variée de esquif {cp. pensif, pensieu), it. schivo, qui s'esquive, qui fuit 142 1896.
Esrer, variation orthographique de errer, voyager 356 283.
KMHHjer {par), par expérience III, 2 26.
Esse, subst., voy. cscc.
Esse , est-ce 102 556 ; d'habitude orthogr. esce 157 1712.
Esselloueâ;t7,ruine, misère 1482095; II, 572 5. Mettre en exil, détruire, ruiner III, 52 1057.
Essiiilcr, détruire, mettre à mort 264 1519.
Establcté, fermeté II, 241 512.
E^.stahiic, subst., établi de changeur II, 222 69.
Estuint, éteint, fig. mort II, 103 5557 {Si sui je près sus l'estro estains) ; vaincu , surmonté 59 1283 {Mal tamaint A dur estaint).
Estuiupie, chanson accompagnée de danse, où l'on frappait fortement la cadence avec le pied 222 539 {Et si trestost qu'il cessé étirent Les cstampies qu'il batoicnt). Voy.
sur ce mot les articles do Diez et de Cachet.
Estancier (élancher), arrêter , faire
GLOSSAIRE
cesser (de là l'expr. élancher la soif) II, 282 202 : Car le chant Que je chant Point neslant {estant p.
cstanc, j'estanche, j'arrête) ; rassasier, satisfaire II, 49 1659 ; réfl.
s'arrêter 208 4111 ; en avoir assez, se rassasier II, 22 729.
Kstant (en), debout; = en l'air 137 1736 {En estant jette sa visée).
Estât, train de maison 222, 378 ; II, 229 313.
Estavoir , ailleurs estovoir , être nécessaire (prés. ind. estoet, il faut 207 4095); de là le subst. estavoir^ ce qui est nécessaire pour vivre, moyens d'existence, 235, l. 34 {Soyés larges selon vostre estavoir^ selon vos moyens). Loc. adv. par estavoîr, par nécessité 337 3731.
Estcudre, donner, accorder III, 80 8 {Veut ses biens donner et estendre) ; prob. aussi III, 79 13 (vers altéré que je ne comprends pas).
Ester {layer ou laissier)^ quitter, laisser en paix II, 51 1746 ; cesser II, 87 2928.
Estlnccler II, 201 240 : Que la beauté qui s'en espart Toutes les autres estincelle. Le sens est, évidemment, éclipser. Comme on ne saurait voir dans le verbe un dérivé de esteindre , il faut bien admettre que le verbe neutre étinceler revêt ici l'acception active de : couvrir de son éclat.
Estire, II, 269 218 : Car espoirs H rent estire, lui fait opposition ; II 360 42 : 5'à trestous ceuls qui ont
à moi parlé Tu voes avoir le débat ne Vestire, la dispute ; III, 153 8 : S'il est qui veuille contraindre Son cuer à Vun des deux estire Eschever, un des deux efforts opposés (l'absence de la forme du pluriel est un effet de la rime). Ce mot, que je ne trouve cité nulle part, me paraît être connexe avec estrt, d'où par transposition estir, forme féminine estire. On pourrait aussi l'expliquer comme dérivé de tire fatigue, effort, par l'intermédiaire d'un verbe s'estirer , s'efforcer , lutter.
EMtoler, garder, loger pendantl'été, opp. à iverner II, 50 1686; 176 486 (où il faut lire estoie au lieu de ostoie; voy. la note).
Estour, combat, lutte, concours II, 328 76.
Efltracc , extraction , naissance ; position sociale, rang, valeur 111, 77 1 ; ailleurs estracion III, 380
Estralre, en parlant d'une image, copier, prendre II, 58 1956 {L'image., qui fu après ma dame estrait).
Estraugler (s'), se tenir éloigné, ne pas assister III, 20 629.
Estrauge ou estrangne, qui montre de l'éloignement, de la froideur 243, 1. 5 {ne m'cîi soies pas si dure ne si estrange); contraire, désagréable II, 198 148 {Il n'est riens qui me soit estrangne).
Estre. Locution : t7 ne m'en est rien,
GLOSSAIRE
je ne m*en soucie pas 270 9.
E«trc, lieu, place 116 1016; naisr sance, origine 28 939 {Car qui n'est de moult gentil estre , ex Dobili loco); pays 163 2547.
Estri, dispute, querelle II, 137 4628 ; loc. par estri, à l'euvi 97 361 . Subst. verbal de estriver , combattre, rivaliser ; le v radical flnal, durci en /", est conservé dans la forme estrif, III, 36 484. Une troisième forme estrit apparaît, avec le sens de contradiction, opposition , contraste , 135 1631.
Pour l'étymologie du mot, voy.
Diez , sous estribo.
Esirif, voy. estri.
Efliriu, pr. étranger ; de là les acceptions : contraire, peu aimable, mal disposé 131 2178; II, 108 3632 ; 187 892 ; qui ne se sent pas à Taise, gêné, honteux 273 1929 ; H, 66 2262 ; 182 684 ; ignorant II, 43 1433; extraordinaire, distingué 108 733 {Car elle esloit à point estrine En regart^ en parolle, en fait). Voy. aussi ma note, Baud.
de Condé, p. 423, où j'ai pcut-ôlre eu tort de distinguer étymologiquement entre les adjectifs estrin, étranger, et cs/rm, bien conditionné, cette dernière acception découlant naturellement de l'autre; cp. étrangère = marquable.
Efitrine, propr. étrennc, puis heur, chance 262 1437 {J'ai poure cstrine à ce matin); présent, jouissance, plaisir III, 100 12. Loc. par
ou à bonne estrine, heureusement II, 137 3307; convenablement II, 43 1434 (Vénus lui rendit par bonne estritie son salu) ; II, 180 629; 340 31.
Eatrlvée {à T), à l'envi 223 299;
cp. par estri (voy. estri).
EMtrolt 192 3360 : par parlers estrois. Je ne sais trop quel sens attacher au mot dans cette liaison :
paroles dites d'un air contraint?
ou familièrement ?
Eatudc (ou estudie)^ application, surtout dans la locution mettre s'estudie 192 3363 ; service, en soti estiidc, à son service III, 22 726.
—Le mot prend, comme notre mot actuel étude, le sens de cabinet de travail dans les passages 237 1290 {Et f entrai dedans mon estude. Qui n'est ne vilainne ne rude, Mais belle pour estudier) et III, 212 3 (Quant un clerc se met à estude pour lire ens es livres qu'il a , Soit en escole ou en estude...).
EsTerCuor, donner de la force, fortifier, II, 298 2 {Douls amis ta revenue M'esvertue). De vertu, force.
EAvell, vivacité, élan III, 25 731.
Etfvelllé, vif ni 21 QQÔ {Uesveillée
chaleur du bel cler soleil).
Et, forme accommodée à la rime p. ait (cp. er p. air) 27 881 ; 192 ^Et, conjonction, employée souvent pléonastiquement en tête de propositions interrogatives ou exclamatives 273 1830 ; 276 1936 ; II,
GLOSSAIRE
i 17 3935; 119 4015; III, 19 624; renforçant une réponse affirmative 46 1541 {Etjelevoeil).
Ettdc, aide XII, 212 10 : Celui qui aura toute la science de Salomon en son cûde. Évidemment , nous avons là une variété phonique de ajude, eûde, formes dépendant du type adjutare, comme aide (d'où aide) dépend de aïtare, qui procède, lui, de adjutare par la syncope de u et la vocalisation de j en i).
Je ne sais si notre mot eûde a déjà été relevé ailleurs.
Eavlrcus = eûreus 101 501 ; on trouve aussi, rimant avec amoureus, la forme euvoureus 103 548.
Examiner, pénétrer II, 100 3564 Dou fu d'amour telement fu examinés) ; II, 119 4011 {Plains d'ardour qui si m'examine) ; III, 62 536 ; 93 29.
Exauder, exalter, glorifier II, 303 162; 361 1.
Excellcnse {par)^ magnifiquement
Exevupluifc, démonstration ; faire exemplaire, exposer 37 1238; enseignement III, 160 12 ; preuve
III, 167 16; exemple 167 2722 (associé à figure).
Exemple, instruction, conseil 113 914 ; par exemple, par conseil 229 607 ; faire exemple^ faire mention II, 167 161.
Exemplicr (ou exemployer), mentionner, citer II, 8 230 ; 37 1261 ; 65 2105. S'exemplier , prendre
exemple II, 184 760 ; se justifier, s'autoriser II, 4 108.
Excne (exempt), privé 74 726 {Et les grans biens dont vous nestes exentc) ; III, 272 2956 {Or sui je cxent de tout soûlas).
Exeuter (s'), se priver III, 232 37.
Explolticr, voy. esploitier.
Expondre (exponere), exposer, démontrer 100 470; 102 542 {au voir expondre, à vrai dire).
Exprè» {par mos), locution consacrée=tout expressément, particulièrement 67 486 ; II, 25i 157.
Exil, voy. esseîl.
Façon, face, visage 132 1569; 160 2583 ; II , 277 12 (rimant avec façon au sens de facture) et passim. On rencontre face 164 2603.
Faconde, pris dans le sens d'instruction, connaissance 176 3018 {Selon ce que j'ai de faconde).
Fade, sans énergie, paresseux III, 86 16.
Fac , surnaturel ; ci'est chose faée 165 2649; 167 2726.
Faille, faute ; = course inutile 188
Failli, pervers, mauvais 8 247 {Le fauls le perdu, le failli).
Faindrc (se), se relâcher, négliger II, 154 1207.
Faint, paresseux, négligent, indifférent 135 1666.
Faire, neutre, suivi de à et l'infinitif, mériter, être digne de : il fait à recommander, il mérite d'être
GLOSSAIRE
recommandé (je n'ai pas recueilli d'exemples de ce tour irès-fréquent et bien connu); — êlre cause de, suivi de à cum inf. : faire à savoir 3i2 *3098; faire à souffrir 207 4089 ; 282 2098 ; ~ avoir « faire de ou que, avoir besoin 126 1368 ; 298 2611. Les ms. écrivent généralement en un mot avoir affaire, comme ils écrivent aussi assavoir, et l'on ne sait trop laquelle des deux manières est la bonne avoir à faire ou ai'oir a faire; la dernière a pour elle l'analogie du lat. opus habere et je l'ai admise par-ci parlà, ainsi 71 646. — Le verbe faire est employé av^c le sens de se porter, comme le do des Anglais (dans hou do you do?), 180 3153 (elle me demanda comment dou corps je le festne; cp. le wie machen Sie 's? des Allemands) ; 184 3298 {Et si me demanda comment Tavoie fait en ce voyage). Voy.
aussi Cachet, p. 197. Je rencontre le même emploi du verbe faire dans le Perceval de Chrétien de Troies (éd. Potvin , V , 44299) :
Puis apiela isnielement Hector et dist com il le fait. — Notons encore la loc. avoir fait p. avoir fini 27 897.
FalH (à un), tout d'un coup, subitement. Il faut redresser dans ce sens la note que j'ai faite à ce sujet dans mon éd. de Jean de Condé, p. 388, où j'avais pour la première fois à m'occuper de cette TOM. m.
locution. Elle reste toujours à expliquer quant à l'origine de sa signiticalion, car il faut se garder d'envisager fais comme une forme variée de fois.
Fait, fet subst., répond très-souvent an sens que nous attachons aujourd'hui à affaire : ainsi 65 419 [Souffisamment le pourvoit en son /è<}; m , 9 266 et 278. Cette signification est d'ailleurs encore inhérente à notre mot. — Le mot équivaut à cause dans perdre son fait 19 611 ; à raison dans la locution sans fait 76 820, à parole, remarque, 185 3319 (£^< la damoiselle à ce fait Respondi..). — Loc.
adv. de fait , vivement , particulièrement II, 11 226 ; avec empressement II, 19 613; en réalité III, 12 349; 37 1241 ; de son fet, avec un soin tout particulier II, 2 24 {Nature qui m'a fet, crée et nourri de son fet).
Fallasse, moyen fallacieux II, 172 355 {par fallasses et par vuisettses) ; par fallace, par suite d'une déception II, 182 712.
Famé, réputation, est toujours traité de masculin : de bon famé U, 165 121 ; 180 615 ; de droit famé II, 291 213. Cp. image, malice.
Fantoiuiiie, chose extraordinaire, merveille II, 232 408.
Fardeau, farde II, 325 44.
FaudoMtoet (finale t p. l), fauteuil II, 168 197.
Fanlt, faute II, 265 91.
GLOSSAIRE
Fausser qqn., tromper, manquer (le foi III, 15 480.
Faute (à), opp. à à voiVj par feinte
Fautre {lance SMs) II, 224 137 {Mes sont partis lance sus fautre) ; II, 11 361 [Et me délivra... lance sus fautre ^ Quarante ducas Vun sur Vautré). Il résulte de ces passages, et (le ceux rassemblés par Cachet dans son excellent article sur cette expression, que celle-ci s'est généralisée et est devenue synonyme depromptement, sans hésiter. Elle s'est même allégée en laissant tomber le mot lance, et nous trouvons sus fautre tout court II, 37 1244 {Le doulc air qui venait sus fautre).
Fautrer, rouer de coups, bâtonner II, 360 48 {Je lui vodrai trop bien le dos fautrer). Cachet traite le mot, mais en lui donnant une fausse étymologie, savoir falcastrum. A mon sens, le mot vient de fautre, feutre : donc propr. aplatir comme du feutre. L'allemand tire également de fdz^ feutre, les verbes filzen et ausfilzen, avec le sens figuré de tancer, laver la tête.
Fecce (variante fece); II, 320 43 :
Fecces de soiles (seigles) et de blés.
Je traduis par faisceau {fece répond à fascis) ; cp. le rouchi feche, corde de tabac, fecher, mettre (du tabac) en corde.
Fel, feloHf n'implique pas ordinairement l'idée de, faux , traître ,
mais celle de farouche, dur, cruel 151 2187. Voy. les articles de Diez et Cachet. Dérivé : enfdir, voy.
pi. haut.
Fclené , dérivé et synonyme de /bZon, 326, 1.12; II, 9 28G.
Féminin, tendre, délicat 149 2127 {Ma dame au gent corps féminin) ; 150 2165 {Si bénigne Comme est ma dame féminine).
Fere (foire), fête II, 347 39.
FI {de), certainement II, 144 4868.
Adj. fit (nom. fis), lat. fidus, certain 6 153.
Fiable, en qui l'on peut se fier 342, prose 1. 2. Fiablement^ en toute confiance 341, prose 1. 14 ; de manière à pouvoir s'y fier ÏII, 78
Flableté, confiance III, 87 27 {Ayés en moi fiableté).
Fiance, confiance II, 401 XVII.
Fiancer, promettre II, 401 XVII.
Fte, fois; à la fie (ou à la fois II, 84 2819), parfois II, 6 192; 46 1558. Onques fie, jamais II, 64
Flens, fumier II, 367 14.
Fier (lat. férus), cruel, dur, impitoyable 145 1982 ; 260 1393; 351 119; appliqué à des choses, dur, pénible 127 1392 ; II, 250 122. Le sens moderne « orgueilleux » apparaît III, 46 1540, et dans le subst.
fiereté II, 201 242 {Sans fiereté et sans orgueil).
Flerce, subj. prés, ùeferir, frapper 272 1823.
GLOSSAIRE
Plsnrer, comparer II, 46 1570.
Fllleroii, petit 111 329 3496.
Fllllere. filet 312 3083 {Tendcront las, roUet filliercs).
Fin, subst. ; à la Gn que =» afin que 591312.
Fin, véritr ; en dire le fin II, 335 35 ; de l'adj. fin, vrai, pur (168 2756), sincère (III, 101 30).
Finance {mettre à) un prisonnier, niellre à rançon III, 103 23.
Fincr de, 335, 3700 : On euïst mal de moi fine, litt. on eût difficilement fini avec moi, on m'eût difficelemenl gagné ; en finer, en venir ài bout II, 309 21 : Je croi que bien en fineroit, qu'il se débarrasserait facilement de sa marchandise ; payer , récompenser , gratifier III, 101 33 ; — Finer est une forme concurrente de finir.
Finir, exposer tout au long, décrire II, 294 103 {N'ai pas loisir De toi finir Toute ma vie et vion dcsir).
Finltlvc, fin III, 100 2.
Flahutclle, petite flûte (flahiUe) II, 509 28.
Flairer 270 1745 : 0 Phcbus, qui le monde csclaires Et qui la terre et les chieux flaires. En vérité, je ne sais ce que le poète veut dire ici par flairer, ie suppose que comme il donne constamment à sentir le sens secondaire de connaître, il en a fait de même pour son synonyme flairer.
Fiamer, brûler; sens neutre II, 91 3059; sens actif, 93 3131.
Flannel, petit flan 92 181 {flannés et tartelettes).
Flatoirr, flatteur III, 252 24 {Yeritê est des bons amc'c Pour ce qu'elle n'est pas flatoire).
Flecent, fléchissent II, 178 558 ; de l'infinitif flechier, ib. v. 559.
Flechiere (patois montois flequiere) , fougère II, 218 62. Type latin filicaria (de filix), qui par fiicaria a fait flechiere et par fiicaria, feu.
chère, feugère, fougère.
Florir, actif, faire fleurir, II, 361 18 (Que la Viergne un fil conceveroit. Qui floriroit la racine Jessé).
Fiole, flocon II, 34 1133 {Je suiplus legiers qu'une flote). On trouve ce mot dans Doon de Mayence (éd.
Pey, p. 210) avec la signification de touffe de cheveux : {Jne fiole du poil en a au branc portée. Il n'y a nullement lieu de croire qu'il y ait là une erreur de lecture, {flote [i.flocg) d'ailleurs la rime est là qui le prouve. On nomme encore aujourd'hui, en termes de soierie, une subdivision d'une pantine de soie une flotte.
Flueve, fig. entraînement, égarement II, 3 70 {En jonecc me vint cils flueves).
Folbie, facile II, 356 37. Cp. fort, difficile.
Foison (et selon la rime, fuison), subst. , grande quantité II , 55 1 873; pris ad verbialement : 1. beaucoup II, 55 1895 {m'avoit fa enscngnic foison), fort II, 91 3046 (se
GLOSSAIRE
resjoï foison); II, 92 ôlOi (Que j'auroie à souffrir foison) ; 2. longtemps II, 53 1797; 117 3957.
Foilot, pièce d'horlogerie destinée à régler la roue mère 59 215.
Foiilcnis, plur. (sing. fonteniU), source 289 228i ; II, 29 985.
Force, nombre, quantité ; à grant force II, 166 126 ; faire force de qqch. , y tenir, en faire cas 259 1370.
Forge, façon, espèce II, 38 1266 {Florcttes.. apparoient de toutes pars.., Cent mille par cent mille forges)..
Forgicr, fabriquer, confectionner 24! 896.
Fors, si ce n'est , à part, prend comme l'ail, sondern, le sens de mais 5 129; 22 707; 110 814, etc.
Il en est de même des formules fors que 61 299; 83 1041, etc.; fors tant que 235, 1. 5.
Fort, adj., joint dans l'anc. langue, à ses acceptions actuelles celle de difficile, pénible 150 2137; 163 2565; surtout dans la formule cest fort 84 1099; II, 332 31 ; III,
2 36 {Cest fort d'estre maistre de soy); m, 42 1396.— L'adjectif signifie tenace, ferme 171 2837 (De ce serai vraie, ententieve et forte.) — Se faire fort, garantir, affirmer III,
Fort, adverbe, fortement 153 2244; 154 2299. — Au fort, au besoin, s'il le faut III, 20 632; 90 5.
Fortune, tempête II, 95 3203 ; 410,
Foiiclr, remplir II, 9 280 (Qui m'a souvent le poing fouci De beaux florins). De fouc, troupe, multitude. ,
Fouïr, fouir ; 3' ps. siog. indic. prés. foet 11,28155; plur. /bcenf, ib.,331
Fourfaire une somme d'amende , encourir, être passible II, 76 (Se je ne cuidoie fourfaire D'amende que quarante livres).
Fourjugier, bannir, repousser 197
Fourme (forme), manière ; sus bonne fortne, de la bonne manière 235, 1.10.
Fourniener, diriger à faux 20 652.
Fourmier, fourmiller , fig. être agité, II, 301 117: Trestous H sans (sang) fremissans, fourmians m' es toit.
Fourinouvoir, égarer 13 393 (Et s'ardant désir trop l'enivre Et le fourmoet en sentement).
Fourquic, fourche II, 289 21. Rouchi fourqué.
Fourvoi, erreur, égarement II, 165 94 ; sans nul fourvoi, sans qu'on puisse se tromper, exactement II, 57 1942.
Frain (sus), 272 1806, en parlant du char de Phébus : Et si tires tousjours siis frain, en contenant les chevaux.
Fralndre (frangere), actif, briser, faire cesser 6 1 70 {Elle ne voelt sa dureté noient Muer ne fraindre); neutre, se briser, Cg. cesser, II,
GLOSSAIRE
1555S10(7a vertu qui n'amcndrist ne ne fraint).
rrambRiHc, framboise 117 2050.
Franchinr, générosité 145 i999 ; 326, 1. 21.
Franiau, forme dimin. de frasne^ Irène 11,311 21.
Fraudrr qqn. de qqch, frustrer 4 106 {Quant de ta promesse première Me vocls frauder).
Frefcl, frefeil, agilalion, trouble (souvent joint avec rihote^ soussi) 74 723; 77 860; 113 1903; 148 2096; II, 373 20; III, 172 22; 181 21. Je ne me rends pas compte de Torigine de ce mot. Si les textes permettaient de lire frescl, je l'aurais rapporté au néerl. vreese, peur, terreur; mais c'est bien frefel qu'il faut lire.
Frelin, petite monnaie (aussi /èrim) 149 2122. Quart d'un denier, de l'anglo-saxon feordhlimj ou, plus directement, de l'ail, vierling.
Fremer (fermer , lat. flrmare) , fortifier, affermir II, 2i7 17.
Frciuurc {mettre en), refuser, défendre III, 118 19.
Frète, II, 345 50 : Teii trouve (des marguerites) en chemins et en frètes. Ce mot, qui vient du lat.
fracta, litt. brisée, signifie tantôt brèche, tantôt sentier ou fossé.
Le dernier convient le mieux en notre endroit. Voy. Cachet sous fraite.
Frctcl, oufrestel, flûte 11,33668. Du latin fistella p. fistul<i (avec épen-
thèse d'un r euphonique).
Fretllller, aussi freteler, s'agiter, trembler, synonyme de frémir 173 2919; II, 254 254; 283 231; sens actif, faire frétiller II, 271 47. Voy. DicA et Cachet.
Friant, 146 2025, en parlant du vin :
Tant soit clers ne frians en voire (verre). Le sens doit être pétillant; voy. frire.
Friche, vif, gaillard, alerte ; souvent associé à gai, gent, cointe, isnel ; 103 554 ; 105 643 ; 239 813 ; 272 1817. Adv. fricement 297 2585.
Frlon, verdier, linotte 251 1089; 310 3028. Voy. Jean de Condé II, p. 329.
Frire, rôtir, griller, flg. s'agiter, frémir II, 105 3555; 141 4770; 316 65.
Frivole, subst., acte de frivolité, de légèreté ; III, 219 15 : Par mainte mortelle frivole.
Froer, briser II, 33 1131.
Fronsnc, refrogué 333 3617 {Anchois me reboute arrier Et fait le frongne).
Frou, flg. inactif, paresseux, II, 28 931 : Frois a esté, dit Vénus, li ars (l'arc) maint an De mon chier fil.
Fuiret, furet 312 3078.
Fiiiselet, petit fuseau 63 364; cité parmi les pièces d'une horloge.
FulMonner H, 192 1035 : Car qui boin grainprent et messonne Quant li tans ( la saison ) 'Vadonne et fuisonnCy Uemploiebien sajoneche.
GLOSSAIRE
Sens actif : faire foisonner , donner en abondance. '
GabolM (ch) y en plaisantant II ,
Ciage {jeter son)^ jeter son gant
pour défier quelqu'un III , 265
Galet, forme dimin. de gai, II, 80
2702, cp. orgillousct (v. 2784),
cloucet {\. 2801), duret (v. 2803)
et sembl.
Gaig^nc, gain III , 177 4 (Soit à
perte ou à gaigne).
«atllart, fier, déterminé, hardi 151
Caler, verbe actif, plaisanter, railler
Galle ou gale, fête, plaisir II, 40
Galols, qui aime la plaisanterie II,
Game, gamme, dans un sens figuré
III, 99 6 {Notez moi ceste gamc).
Garant , protection , refuge 145
Garde {avoir) de, être en danger de
239 835; prendre garde à qqch.,
y regarder, attacher du prix; se
donner garde de, faire attention
ailleurs, 10 313, nous trouvons
dans le même sens s'en donner à
garde (on serait tenté de corriger
agardc ou esgarde) Gardé, empêché III, 17 526.
Garir, guérir 152 2206; gari, as-
suré, sûr 105 647 ; rassuré II, 191
GarlMon {prendre à), en parlant d'une blessure , se guérir 143
Garnement, vêtement, parure 288 2272 ; 289 2295.
Garnir, pourvoir, muuir 68 537 ; garni, en état de, capable II, 339 12; dans un sens absolu, parfait, accompli, bien élevé II, 144 4858. Le sens large de l'ancien garnir se manifeste bien dans l'expression garni de tourment, accablé de peine III, 145 14; garni de pensée, pensif III, 210 2373.
Garnison, pourvoyance, assistance 68 538 ; place où il y a des troupes en garnison 268 1656 {En trop de places on diroit Et en tamainte garnison..).
Gchorel, collier des chevaux II, 31 1057. Rouchi gorel, goriau (d'où gorlier, bourrelier). Kiliaen : gorrecl, tomex, pulvillus quo veterinorum colla muniuntur ne laedantur.
Gcngle, parole vaine ou mensongère 126 1370 {soit gengle ou voir) ; causerie (sans mauvaise acception) 108 747.
Gentieus, forme du sujet sing. et du régime plur. de gentil 290
Gcrmette, petite brebis H, 336 54.
Gct {guet), espionnage II, 114 3852 {sans gct et sans envie, sans être épié et sans exciter d'envie).
GLOSSAIRE
CSetler {gaitier, guetter), faire attention, remarquer II, 145 4874.
Glen, volonté, gré, bon plaisir III, 118 17 : Pour ce se tient amant au gien D'amours et de sa dame chiere.
Du lat. genius; cp. enyien de ingenium.
ainant {en mon), pendant que j'étais couché 156 2557. — Infinitif srire
II, 269 {Et le fait à ses pies gire) ; forme concurrente de gésir.
Glacier, glisser; glacier le temps aval, tuer le temps 108 752.
GlaM, n, a Z6^ : Et le bon comte de Duglas Avec qui j'ai mené grant glas. Forme variée (normande) du mot suivant.
Glay, tapage, bruit II, 195 20 {Moult y denienoit bien son glay Li rosegnols). Le mot implique l'idée de joie bruyante; cp. II, 299 50 {Et vodrai Mon hahai Muer en joie, et en glai Mon souci) ;
III, 107 20. L'étymologie glatir ne convient guère ni à glas ni à glay, mais bien au prov. glat, cri, hurlement. Voy. Diez et Cachet.
Glose, interprétation 211 13; démonstration 213 64; enseignement 216 184; II, 51 1734; 230 334 ; exemple II , 59 2013 (Le poëte met une glose De deux amans et si les nomme). Ce dernier sens apparaît encore 257 1295, mais on y pourrait aussi bien traduire par texte, comme on y est porté 319
Gloser, expliquer, interpréter 211
14; 319 3311; méditer, approfondir 226 507 ; 279, 1. 21 ; H, 7 217.
Gloiit, friand II, 336 52 {de glous inorscaus).
Golonnée* {à), II, 109 3672 : Quant Fortune ainsi me départ De ses biejis à golonnces. C'est le même mot que golenécj interprété par Roquefort : mesure de grains fort petite (voy. aussi Hécart, sous gollenée); j'y vois un dérivé du mot galon, angl. gallon, mesure de capacité pour les liquides ; la permutation de a en o ne fait aucune difficulté en syllabe atone.
Gonne, propr. robe, prend le sens d'écorce 138 1760, où il est dit du laurier que Souef flairra et feuille et gonne.
Gouiouser, désirer vivement 88 28. Paraît venir d'un adj. goulous (= lat. gulosus), avide ; l'étymologie/a^ous est inadmissible.
Gouncllc, robe, tunique 273 1839.
Dim. de gonne.
Gourt II, 359 14 : Ma dame, il fait là (il s'agit d'un fumier) gourt, Or vous voeillds unpetit reposer. Le sens indiqué par la situation est mou , moelleux , et se déduit très-bien du sens épais, gras, inhérent à l'esp. gordo, prov. gort.
Goust {venir à) , plaire II , 192
Gouverner, diriger, mener, une danse 221 350, une entreprise III, 47 1597; entretenir, héberger, nourrir 263 1507; II, 227 235
3Gf)
GLOSSAIRE
{Bien gouvernes cl bien pcûs) ; III, 140 1444 ; corriger 213 127 {Qu'il daigne en moi punir les vices Et gouverner mon ignorance) ; se gouverner, se conduire, se gérer m, 33 1078. — Gouvernance, conduite, maintien 346, 1. 2.
GouYion , forme concurrente de goujon, H, 31 10o5 : Plommion trop mieulz noant (nageant) que gouvion.
Grâce a très-souvent le sens de faveur, de succès dans le monde 214 110; II, 117 3942. De là le verbe agracier, voy. pi. h.
Gragne, variété de grange II, 6 182; cp. estrangne p. estrange.
Grain, renforcement de négation, comme mie, goutte etc. 272 1807 {ne vous doublés grain) ; en proposition affirmative ==> tant soit peu 133 2249.
Graiicmcnt, mélodie II, 30 993, en parlant des oiseaux : De leur chant le graliement. De gralier, graloyer, sonner, corner; voy. Gachet.
Graïuicr ougramoier {se), se chagriner, ail. sich grumen, II , 263 9 ; 290 183.
Gramment, longtemps III, 27 887 ; aussi «un gramment» (cp. un petit) 172 2883. La forme grandement est réservée au sens « beaucoup »
Grant, subst., grandeur, 184 3277; 241 912 ; II, 44 1493 {Nous sons d'un eage et d'un grant) ; II, 233 309 {Donnés le grant d'une drag-
me De confort).
Graver, gratter, frotter, polir 221 348 (en parlant d'un pavement reluisant).
Gréer, 1. agréer, approuver 130 2532; accorder II, 281 170. De gré, volonté, plaisir; — 2. préparer (notre gréer actuel), employé comme synonyme de créer 271 1737. De l'anglo-saxon ge-raedian, dont le radical a également produit les verbes arréer et conréer.
Greingnenr {l'avoir), être plus à l'aise III, 114 14.
Grelande, guirlande III, 178 23.
Grenier, provision 92 187 {favoie dessous une escame D'esca folles un grant grenier).
Grevable, donnant grief, pénible 230 641.
Guerredon signifie généralement récompense , mais Froissart l'emploie aussi dans le sens du mérite qui la provoque : 202 3916 {Mes d'un trop petit solaire M'a mon guerredon meri) et 213 78 ; c'est ainsi que récompenser et mériter sont exprimés à la fois par les mots desservir ou 77ierir.
naiiai, d'abord interjection de la douleur : crier fiahaî II, 293 68 ; puis subst. signiflant douleur, peine 330 3328 ; II, 299 49.
Halette 1. dimin. de haie H, 193 37 ; — 2. nom d'arbrisseau, ibid.
V. 40 {mainte haiette, maint grouselier, mainte espinette). La se-
GLOSSAIRE
conde signification ne découle pas de la première ; il faut ramener les deux sensàdeuxmolsdistincts; haie représente l'ail, hag, clôture ; haiettey arbrisseau, Tall. hagen dans son ancienne signification de ronce, épine.
uaire, peine, tourment, ennui 27 89i ; 36 1224. 11 y a quelque doute à identifier ce mot avec haire, cilice ; je le rattacherais plus volontiers au verbe hairier^ herier (d'où harasser) , fatiguer , ennuyer. Voy. mon Dictionnaire d'étymologie sous harasser.
HaUe, grillage, cloison à claire- ¥oie 11, 221 48. Le dimin. hasiau se trouve dans Hécart.
uanter, neutre, se tenir souvent en un lieu, 187 3380 {Je hantoie là tempre et tai't); actif, II, 192 lOoo {Pour che fait bon les bons hanter); III, 12 378 {Qui ve gracieux lieu hantoient). L'étymologie de ce mot très-ancien n'est pas encore tirée au clair ; quant aux conjectures émises, je renvoie à mon Dictionnaire d et. fr., et à celui de Littré. Diez, dans sa dernière édition (1870), reste fidèle à son normannique/teim/a (désirer un objet perdu ou absent, fig.
être attaché) ; Littré se déclare pour habitare {habtare, nasalisé hantarc) ; Drachet se borne à reproduire sa formule sacramentelle M origine inconnue ». Pour ma part, j'échangerais volontiers
ma conjecture hamitare (de hamtu = ail. Aet'm, lieu de domicile) contre une nouvelle que je prends occasion d'exposer ici. Hanter ^ dans ses anciennes applications, est synonyme de l'ancien converser, qui avait conservé les sens du latin conversari, se tenir habituellement dans tel lieu, autour de telles personnes ; il répond aussi à l'allemand utngehen (mit jemand u., c'est fréquenter qqn.; mit etwasu., c'est manier, pratiquer qqch.). Or umgehen et conversari ont dans le domaine latin un correspondant très-exact; c'est ambircy dont le fréquentatif ambitare ne pouvait se franciser que par anter. Je m'attends à deux objections. D'abord ambitare est étranger au latin classique et à celui du moyen-âge ; mais pour quiconque a étudié le génie de la langue française et qui sait que celle-ci a emprunté un grand nombre de ses formes verbales aux formes fréquentatives des verbes anciens, cette objection est sans valeur. Personne ne conteste que nos verbes oser, user, profiter oublier dérivent des mots latins audere, uti, proficere, oblivisci, par leurs fréquentatifs ausare , usare, profectare, oblitare, que les lexiques ne mentionnent pas plus que ceux-ci notre ambitare.
En second lieu , on fera valoir l'A aspirée de hanter. A cette seconde
GLOSSAIRE
objection j'opposerai , non pas rorlliographe anter qui n'est pas rare dans les manuscrits, mais l'exemple d'autres mois qui ont été pourvus d'une h aspirée contrairement à leur étymologie ; ainsi haut (altus) , hérisson (ericius) , houlette (dimin. du lat. agolum), hulotte (ulula), huppe (upupa), huiler, hurler (ululare). La langue fait disparaître ou applique l'aspiration tout à fait ,à sa convenance, et quant à notre verbe anter ou hanter, elle avait une raison toute naturelle de l'aspirer; c'est le besoin de le différencier de enter (planter). D'ailleurs hanter n'a pas toujours été aspiré ; à preuve, pour le verbe même, le vers suivant de Baud. de Condé, p. 76 V. 384 : Por le dragon qui dedans n'ante, et pour le dérivé antise, les vers suivants du Trésor amoureux : III, 222 7 : Signes tant qu'il en aitl'aniise;\h. 1881648: D'acquérir honorable antise. Je ne pense pas que pour la forme et le sens, aucune des différentes étymologies proposées jusqu'ici soulève moins de difficultés que la nôtre.
Uanlr, hennir II, 217 47.
Hardcau, dimin. de hart, corde; puis qui mérite la corde, pendard, fripon II, 224 128. Cp. en ail. le terme d'injure strick , galgenstrick.
Hardicté (p. hardement) II, 300 85.
Cp. jolieté.
lifiAticn, propr. hâtif, proinià , n^.
qui s'impressionne facilement 256, 1. 10 {('haut et hastieu) ; fém. hastieve 317 3254.
nnucler [hausser), relever une personne couchée ou agenouillée 10
Hausage, hautaineté, arrogance II, 122 4120.
Hautain n'avait anciennement aucune mauvaise acception ; c'est une simple forme extensive de haut, dont il partage toutes les significations : noble , élevé, de grande valeur II, 203 300 ; 292 11 ; à vois hautaine (à haute voix) 263 1495 ; II, 331 62.
ii/tutesse, altitude noble et digne , III , 5 140 ; magnanimité, générosité III , 23 740.
iiantoiir, grandeur d'âme , générosité II , 256 317 ; haulteur , sommet III , 55 83.
Havot {jouer au) , cité parmi les jeux d'enfants 95 206. Le mot désigne sans doute, comme havet^ un crochet. Le ms. 831 permet toutefois de lire hanot.
nerc, fém., dame II, 333 40 {mainte grosse riche hère).
Hériter, employé dans le sens actif de aheriter, mettre en possession, faire jouir , gratifier III , 38 1254.
Herte, p. herde , troupeau III , 177
Uet (suj. sing. hès), souhait, désir II, 51 1721; 136 4612.
GLOSSAIRE
Hellé, gai, dispos ['26 133i ; 183 3422; bien portaat II , 239 133; saiu , salutaire 146 2013 (Or n'est boires , tant soit heties...).
Heiler , verbe neutre et impersonnel , être à souhait , plaire II , 312 8 {Se je tie fai ce qu'il U hette).
Heure {eure) , temps, état, l'heure présente, la situation présente II, 272 89. — Une heure, une fois 120 1137 {Une fieure je venoie à temps De H veoir, et Vautre non).
— Par lieure, parfois 126 1349. — De Iiaute heure, tôt, sans tarder II, 123 4212. Heure a souvent le sens de succèSjbonheur; à teleheure,si heureusement, 106 671 ; m, 27 897.
Heure , dans cette application, se confond pour le sens avec eiir (d'où heur). Bona et mala hora sont des locutions remontant au moyen latin le plus reculé (voy.
Diez v» ora) ; homme de bonne heure né est une expression fréquente de l'ancienne langue et dont les poésies de notre auteur présentent également plusieurs exemples.
Hirecblcr, hérisser II, 69 2342.
Doder , lasser II , 125 4223.
Homme Jour , jour de semaine , jour ouvrable , opposé au dimanche, 169 2773 {Qui ne le lait homme jour ne dimencc); II, 39 1313 {Il n'est homme jour ne dimence). Je n'ai rencontré cette expression dans aucun des glossaires que je possède ; j'y vois une
simple analogie avec l'expression Domini dies. Par contre je trouve le terme actuel ouvrable employé par Machault (éd. Tarbé), p. 71 :
Par jours ouvrâtes (ouvraules?) et par [estes.
uoutcuM, discret, modeste 48 1590 {Obéissant et cremeteus Et en mes requestes honteus).
uonticr {se}, avoir honte II, 3 83.
iiommiei, suivi d'un que pléonastique Il , 67 2296 {ïiorsmis que de vous). Cp. fors que.
HuiftieuM (outils, ustensiles) , appliqué à des objets d'habillement 11,31520.
uoucettc (houssette), cité comme vêtement d'homme II, 313 18, joint kjupel.
uoupc , tas, monceau III, 137 18 :
Que tous cinq (les cinq tisons) mis en une houpe. On ne saurait méconnaître dans ce mot le néerl.
hoop, qui correspond à l'ail, hufo, auj. haufe. La même origine doit peut-être être assignée à houppe, faisceau.
uioupcttu, bouquet de fleurs 11,236 32; 355 21. — Dimin. houpelet, 259 1350.
Uours , p. houx II, 345 38 (ne ronses ne hours).
uourt, échafaudage, estrade II, 360
UuIk (à son), chez soi III , 114 15.
UuiMcrle, = huis, porte 289 2298.
Humain , doux , bienveillant 140 1814 ; 203 1492 {langage humain)
GLOSSAIRE
II, 292 12; 386 21; appliqué à beste III, 73 G73 {Mainte leste douce et humaine).
Humble a toujours le sens de doux, aimable, affable. De là humilier ou humelier, adoucir, apitoyer II, 274 1S2. Réfl., se laisser fléchir , consentir, condescendre II, 401 XIX ;
III, 177 16; humilité , bonté de cœur II , 354 43.
Harer, hérisser la crête 310 3020 {Li lions crête et hure Et fort maudist Veure...)
Hnstin , trouble , tourment , peine 149 2124 {S'en recoi je... maint chaut , maint froit et maint hustin) ; II , 377 21 {plus de painne et de hustin).
Hustlner, maltraiter, tourmenter 131 2174 {On me débat , on me refuse. On me hustine).
Idone, synonyme de taillié, capable, digne , II , 145 4877.
icre, était II, 289 137; serai II, 293 70; sera III, 214 14.
leres = erres, arrhes, gage II, 103
Ignorant , sot , insensé 78 882 ; (le sens du mot est parfaitement rendu par la formule ignorant de sens 100 471); par meschief ignorant , par malheur involontaire 170 2811 ; ignoramment , sottement 78 877.
Ignorer, négliger, dédaigner III, 87
level , égal 239 815.
isie , île , tantôt masc. II , 410
XLVIII, tantôt féminin II, 387 8.
imasc est tantôt masculin, tantôt féminin ; II, 15 483 {un image bel et propisce) , ib. 491-2 {L'image pourtrette).
imaglnatir, pensif 283 2135.
Imagination, pensée, réflexion 71 651; 287 , 1. 1.
Imaginer, considérer, examiner, méditer, 154 2299 ; 255 1269 ; II, 158 5520 ; contempler 256 6 ; II, 195 37 ; écouter II, 196 70 {Pour mieuls imaginer son chant).
Impression, souvenir III, 127 983; 129 1044.
Inflclle, infaisable II, 241 201 {Car ce serait fais inficilles).
inidon, II, 13 436 : Car toutes vos monitions Ont si douces initions.
Paraît équivaloir à initiation et signifier enseignement, conseil.
Intention, forme savante de entention ou entente , attention , 85 1158; manière d'entendre, opinion III, 94 25.
Introduction, enseignement III, 79 2.
Introduire (aussi en^rodmVe, III, 70 577) ; enseigner, instruire II, 50 1015; s'introduire à, s'appliquer à 228 575 ; introduit de , habitué, enclin à 88, 32.
Ire dit moins que le latin ira ; non pas colère, mais chagrin, tristesse.
Ireus, qui donne de Xire, désagréable II, 14 448 {L'Espinette amoureuse, Qui n'est pas à Voir ireuse).
Isnel, prompt 11,286 48 {En dons fu
GLOSSAIRE
isnelle, elle donnait volontiers) ; vif, alerte 27i 1817 {frices et w-, niaus) ; II, 284 242 [Dont ma joie est plus isnell€);pTochai\n, prochainement accordé H, 271 63 (cp.
brief).
■•sir (en) , en sortir, s'en tirer 338 3767 {Or m'en faut ^r honneur issir).
■•tance (instance); envostre istance, à votre intention, à cause de vous 38 1265 ; en nostre istance, pour notre bien II, 361 9; en quels istances, pour quelles raisons II, 37
■verner, actif, faire passer l'hiver, héberger pendant l'hiver II, SO 1686 ; 176 486 (voy. aussi estoier) ; impersonnel, il iverne, il fait hiver 308 3961.
Iverneus, hivernal II, 131 3084.
■vretongne, ivresse II, 316 73.
Peut-être faut-il lire ivrccongnc.
Jà 8oU que (ou ce que), quoique II, 177 521 ; ib. 247 33 ; III, 2 23 ; 30 988. Dans le même sens on trouve aussi la formule jà soit ce cose que 343, 1. 28. — Le simple jà , suivi du subj., a la même valeur : 7 198 : Jàje te soeil{ce présent a force de passé ; c'est pourquoi il n'est pas au subj., la forme de subj. passé manquant au verbe soloir) honnourer , loer et chicrir (bien que jusqu'ici je t'aie honorée, etc.) , Mes (néanmoins) je te maudis; II, 330 43 : Tubuverasjà
n'aies soit (soif); Il 122 4119.
jaiouMio exprime souvent : mécontement, irritation 142, 1885 et passim.
Jehinc {mettre à), faire confesser II,