XL
Quant Congnoissance la discrée Par moralité et hystore M'ot la doctrine administrée Et rafreschie ma mémoire 5 De vérité toute notoire, Je dis : « Dame, par vo bonté Et humble debonnaireté Et par vo science parfonde
M'avez humblement remonstrëo 10 De fordenance de ce monde. »
« Ma dame , or oiez la pensée Qui n'est pas de queue de poire , Que mon petit cuer a pensée Et que pour le présent j'espoire :
15 Je vueil , se j'en ay la victoire , Faire en cas de nouvelleté Une balade à voulenté Pour sçavoir sur quoy je me fonde A vouloir dire vérité
20 De l'ordenance de ce monde. » —
Lors dist Congnoissance : « Il m'agrée A te dire parole voire :
Vérité est des bons amée Pour ce qu elle n'est pas flatoire ;
25 Vérité resemble l'ivoire
En cuer d'omme sage et discré Qui la prent et reçoit en gré ; Vérité , qui est pure et monde , Ne met pas gens ou hault degré
30 De l'ordenance de ce monde. »
« Comment dont venroit on à chief De ce monde mondefier , Quant nous veons que son droit chief Ne se veult pas purefier?
5 Et par ce point fortefier
De ses membres ne se pourront Ceulz qui plus digne et noble sont , Ne jà n'y aront vray secours
De santé aval ne amont , 10 Se Vérité n'y a son cours. »
« Encore est ce plus grant meschief
Que quant on doit clarefler
Un mal , qu'on y fiert de rechief.
C'est bien , à tout vérifier , 15 Qu'on ne s'i puet ne doit fler ;
Il m'est advis que telz gens font
La tempeste qui tout confont
En basses et en haultes cours,
Pour tout mettre ens ou lieu parfont , 20 Se Vérité n'y a son cours. »
« Sique , beau filz , advise en brief ,
Se tu as sens pour prononcier
Le fait de Vérité en brief
Ou par lettres ; de l'exaucier 25 Je ne m'ose pas avancier ,
Et s'ay ma seur qui m'en semont ,
Mais j'en lairay convenir dont
Ceulz qui en feront longs et cours
Sermons , qui gueres ne vaulront , 30 Se Vérité n'y a son cours, m
« Advise toi que par deux poins , beaulz filz , D'autrui blasmer ne te dois mettre en paine : Le premier est que tu n'es pas soutilz Pour corrigier créature non saine ; 5 Et le secont , que cil en vain se paine Ne n'est dignes d'autrui manifester D'aucun vice qu'on voit en li régner ; Par ces poins ey humaine créature
Ne doit vouloir autrui vitupérer , 10 Ens ou tesmoing de la sainte escripture. »
« Je ne le puis ne sçay approuver mieulx Que par le fait de la femme mondaine Qu'on accusa d'adultère , mais Dieux L'en rescoust par la poissance haultaine
15 De sa miséricorde souveraine,
Au mot qu'il dist : « Qui la veult accuser , « S'il est juste pour la pierre getter , « Prendre la doit et en face droiture ? » De ce fait cj je m'en vueil rapporter
20 Ens ou tesmoing de la sainte escripture. »
« Or est ainsi que tu sces que j'ay yeulx Pour tout veïr , c'est bien chose certaine , Et oreilles pour oïr en tous lieux Tout ce qu'on dit , et congnois le demaine
25 En tous estas de créature humaine , Et si me fault souvent dissimuler , Car pour vouloir haultement augmenter Et soustenir en droit vérité pure Ont maint martir voulu grief endurer,
30 Ens ou tesmoing de la sainte escripture. »
« Dont qui voulra glorieuse couronne Avoir en fin , il lui fault maintenir Vérité , car Dieux en gloire couronne Ceulz qui pour lui la veulent soustenir , 5 Mais j'en lairaj ces hauls clercs convenir Qui sont fondés en divine science.
Pour ce qu'ilz ont si digne conscience Qu'en pluseurs lieus on les voit déceler
Et recevoir la mort en pacionce 10 Pour Vérité baisier et acoler. »
« Tant l'aiment ilz, et tant leur semble bonne,
Que pour nul or ne voulroient fléchir
Ne mespasser do Vérité la bonne ,
Ne cure n'ont qu on les voie enrichir ; 15 Pesimoinne, ilz la firent ochir.
Ou temps que la divine Sapienoe
Voult donner à nostre mère audience
De deux maris à un jour voler {sic !)
Firent partout ligue d'obédience 20 Pour Vérité baisier et acoler. »
« Ainsi chascun sage clerc s'abandonne
Pour Vérité dignement conjoïr ;
Se je di voir , mon chapperon te donne » ,
Dist Congnoissance , « et t'en lairay joïr , 25 Mais pour mon cuer liement esjoïr ,
Me vault il mieulz semer de la semence ,
Dissimuler qu'à me bouter en tence
Ne me laissier batre ne affoler ,
Ainsi que font les aucuns qu'on detrenche 30 Pour Vérité baisier et acoler. »
Cy s'ensuit le .inj''. nombre de coupplettes.
Et je respondi : Dame gente , Humble , courtoise et diligente En tous estas avez esté De tenir en droit Vérité 2405 Jusques au jour d'ui que mesler Vous voulez de dissimuler Et de ploier avec le vent, Comme fait le rosel souvent.
Vous meïsmes me deiissiés
2410 Reprendre , se vous vcïssiés
Que je me voulsisse entremettre De dissimuler et de mettre Sophimes en autorité Pour moy taire de Vérité.
Comment Congnoissance respondi à Vauiewr.
2415 Et Congnoissance respondi Quant mes paroles entendi :
« Dissimulers sont de manières , Ainsi que gens , de deux banieres.
La première baniere entendre
2420 Devons pour l'ame , qui veut tendre A la parfaite vérité , Par qui de gloire aherité Sont ceulz qui , pour la ppononcier Divinement et exaucier ,
2425 Seuffrent qu'on les martire et fiert : A telle vérité n'affiert Nulle dissimulacion Pour paour de desolacion.
Mais nostre baniere seconde
2430 Sur autre entendement se fonde ,
Car nous l'entendons pour le corps , Qui doit estre de tous acors Honnorables à y penser Pour sa vie en paix dispenser.
2435 Se je parloie des estas
Dont les aucuns ont à grans tas, Ou de leur propre ou par conqueste ; Se je vouloie faire enqueste Dont cela leur vient et comment
2440 Et faire noyse quant on ment , Pour mettre en termes Vérité
Et tenir on auctorité ,
De moj seroient hayneux ,
Et je ne yueil hayne à eux 2445 Ne à aucun. Mieulz me vault taire.
Je treuve en mon antidotaire
Remède et vraie médecine
Contre ce mal dont la racine
Vient d'Envie , qui ne se veult 2450 Taire du bien d'autrui » ne puet
Non pas , pour joie qui lui viengne
De l'onneur d'autrui ne adviengne ,
Ains voulroit par son murmurer
Tout le bien des bons emmurer.
2455 Guides tu qu'Envie saroit
Dissimuler ne ne pourroit?
NenniJ , se ce n estoit sous ombre
De traïson , qu'elle a sans nombre
En son cuer pourtraite et escripte 2460 Par la main d'un faulz jpocrite.
Mais encontre ceste douJ.eur
Humilité est de valeur.
Car Humilité s'esjoïst
Du bien d'autrui et conjoïst 2465 Leur renom et leur bonne grâce
Quant elle voit qu'ilz sont en grâce
Par leur sens ou par leur bonté
Ou par aucune habilité.
Humilité scet bien souffrir 2470 Que, s aucun lui vuelt mesoifrir ,
Elle fait bien la sourde oreille
Et se taist , acouste et oreille ,
Tant que, par souffrir sagement,
EUe vit à paix liement 2475 Et ne se vuelt de rien mesler
Où il faille dissimuler ,
TOM. III. Yf
Car elle dist que pour vivre aise , Qui de tout se taist , tout appaise.
Sique laisses tout convenir , 2480 Se tu veulz à droit port venir De paix et joieusement vivre.
Il me souvient bien qu'en ton livre Tu as tel chose prononcié , Manifesté et anonciô
2485 A l'escuier sage et discré Dont Amours ne te sara gré, Et lui semblera grant horreur, De quoy il te pourra d'erreur Vouloir fièrement accuser,
2490 Se tu ne t'en sces excuser. »
— a Dame » , dis je , « certainement, Se je erre aucunement
Contre Amours , par le saint Soleil ,
Çà esté par vostre conseil 2495 Et humble administracion ;
Vous estes de l'estracion
De Raison et de Loyauté ;
Dont, se j'ay voulu vérité
Dire et soustenir en estant , 2500 Dolent suis , s'il vous en est tant
Que courcie en soies à my. »
— « Nennil , par ma foy , mon amy , Il ne m'en desplaist fors que pour ce Que je sçay bien qu'Amours se cource
2505 Quant il puet savoir que sa gent Sont aucunes fois diligent De ma doctrine retenir , Pour ce qu'il ne les puet tenir Ne dominer à sa devise.
AMOUREUX. Stt9
2510 Car en ce cas je les advise
Et leur fay un riche présent
Du temps prétérit et présent
Et du futur pour adviser
A mieulx faire qu'à deviser.
2515 Siques n'oublies pas ce point ;
Et me di voir se tu vois point
Venir Amours par celle sente. »
— « Dame , s'il vous plaist que je sente
Sa venue , il vous couvenra 2520 Esloingnier de moy . » — « Non fera » ,
Dist la dame , « car je te voeil
Avec Amours veïr à l'oeil ,
Pour oïr de quelles offenses
T'accusera et des deffenses 2525 Aussi que tu y saras mettre,
Ce considéré que pour mettre
En temps passé lui as voulu ,
Mais il ne t'a gueres valu.
Et pour ce qu'Amours ne me voie 2530 Et que tu n'isses de la voie
Que je t'ay mis, l'osnubleray ,
Car maintenant affubleray
Ma chape qui est invisible
A lui , mais à toy est visible 2535 Et sera tant que la doctrine
Ameras dont je t'endoctrine ;
Gardes bien qu'elle ne t'eschape. » —
A ces mos affubla sa chape
Congnoissance et se tut atant.
Comment Congnoissance affubla sa chape invisible contre Amours^
2540 Et bon Amours esploita tant
Qu'il vint à moy tout de plain sault ,
Et puis m*escria en sursault :
« Je croy que tu m'as oublié ; Comment nous as tu publié , 2545 En ton livre , moy et mes gens ? Savoir vueil comment diligens Tu en as esté en ton livre. »
Comment Amours demande à Vautenr son livre et il lui baille
— « Très chiers sires, jel vous délivre, »
Ce respondi je , « à vo commant 2550 Et de cuer tel que vray amant
En tous estas le doit avoir. » ,
— « Je saray bien se tu dis voir
Quant j'aray ton livre veii
A ma voulenté et leii.
2555 Bien saray se tu as tenu
Le droit chemin et maintenu
Ens ouquel je t'avoie mis
Comme j'ay fait mes bons amis. » — Amours dist aux siens : « Venez çà ! » 2560 Et puis à lire comença
Droit à la balade première ,
Et la lisi à la lumière
De bon et vray entendement ,
Si bien et si entendaument , 2565 Que ses gens povoient entendre
A quelles fins vouloient tendre
Les arguemens qui y sont.
Tout partout , aval et amont ,
Le lisi jusques où nous sommes, 2570 Et trouva que de pluseurs sommes
Le cbargoie , ce li sembla.
Et pour ce ses gens assembla ,
Et puis me dist par devant eulz :
AMOUREUX. i6f
• Je sçay bien de quel piô tu veulz
2575 Danser et congnois tous les poins , Et bien sens comment tu me poins De si très agûes pointures ; Et puis tu m*oins d'unes ointures , Si souefves , si delitans ,
2580 Si doulces et si alaitans ,
Qu'il semble que tu n'i atouches ; Mais tu y parles par .ij. bouches , Par la mienne et par l'ordenance De la bouche de Congnoissance ,
2585 C'est celle par qui tu me poins , Et par la mienne tu me oins ; Mais j'ay par les pointures pis , Plus d'ennuy et plus de despis Que par les ointures d'assez,
2590 Combien qu'en ce fait soit tassez Le serment que par franc vouloir Tu me feïs pour mieulz valoir.
Comment es tu si oultrageux.
Si hardi ne si courageux
2595 Que tu dis qu'il est d'imparfais Amoureux plus que de parfais î Assés , voire , bien contredis.
Et en un autre lieu tu dis Qu'il y a tout partout à dire ;
2600 Tu ne pues plus doulcement dire Que tu n'es pas amant parfait Et qu'il a à dire en ton fait , Car en ce cas » par le jour d'uy , Tu juges par ton cuer l'i utruy ,
2605 Ne tu n'en pues déterminer Que par ton cuer examiner.
Et si desis, je sçay bien quant ,
Que plus de note que de chant Treuve on en moy , et est doubtable
2610 La note et le chant delitable , Ainsi que se nous f eussions deux.
Et si dis , dont c'est mes grans deulx , Qu*en ces .ij. n'y a qu'un garant Pour mettre les cuers à garant.
2615 Et ailleurs tu as l'escuier Fait encontre moy varier , Où il a parlé de mon fu , Qui encore est , sera et fu , Que s'aucuns en est en dangier
2620 Qu'il n'y a fors de l'esloingnier, Et si ne fault que ses tisons Drecier , ainsi que faitis homs , Ou pour le chaut ou pour le froit ; Un amant qu'ainsi le feroit
2625 Ameroit bien à sa devise.
Et aussi , quant je m'en advise , Dis tu que Raison scet estaindre ' Mon feu quant elle y puet attaindre. J'entens bien comment tu me sers ,
2630 Maistrement , non pas comme sers , Par manière de sacrefice , Sans obédience d'ofSce , Ne de moy vous vous estes mis Tout entièrement , et soubmis
2635 Ens ou rapport de Congnoissance De vos arguemens, et sans ce Que g'j. soie veus ne ois , Qui tous loyaulz cuers conjoïs Et à qui de tout le fait tient
2640 De vos causes et appartient. — Mais encore ay je plus d'ennoy
Que tu parles de mon dosnoy ^ Et dis que Nature est ma serve
I Et qu'il couvient qu'elle me serve ,
i 2645 Mais tu faulz , car c'est ma compaigne ,
t Ma chierté , et m'en acompaigne
Pour y avoir tous mes delis , Gracieux , courtois et jolis.
Et encore tu lui mes sus 2650 Que quant uns bons sera issus De noble sanc , que noureture Lui puet bien cbangier sa nature En vices de divers arroy.
Or sces tu que je suis ton roy 2655 Pour t'en donner punicion Sans aucune remission?
Comment Beau Parler veult escuser l'auteur.
[ Et Beau Parler lors s'avança
i Et dist : a Sire , or entendez çà ,
i; S'il vous plaist. En telles offenses
2660 Doit estre oïs en ses deffenses ; Bien savez qu'il n'a riens mespris Fors qu'en ce que lui a appris Congnoissance , la bonne et sage ; Se vous lui eussiés le passage 2665 Cloz avant qu'elle fust venue A li , jà ne l'eust congneiie.
Et d'autre part , s'elle ne fust Néant plus qu'un ymage de fust , Il ne congnust vous ne vos gens , 2670 Qui tant sont preux , courtois et gens , Ne les biens qu'on puet parcevoir En vous servant et recevoir. »
Comment Amours respont à Beau Parler.
Et Amours tantost respondi
Que Beau Parler il entend! :
2675 « Il est vray ^ mais se Congnoissartce
Ne lui eust donné congnoissance
Que de mon hault et noble affaire ,
Il n'eust osé dire ne faire
Riens contre nostre majesté.
2680 Or à mon dommage a esté
Si administrez de Raison
Par Congnoissance de raison
Que pluseurs fois a offensé
Vers moy ; j'en ay bien affonsé 2685 La vérité , ce m'est advis ,
Mais , se mon sens ne m'est ravis ,
Se Congnoissance encontrer puis ,
Je la getteray en un puis ,
Ou serviray de tel langage , 2690 A deux dois près de son visage ,
Si bien qu'elle me congnoistra :
Et que jamais son cuer n'istra
Par son conseil hors de la voie
Où parfaitement mis l'avoie.
Comment Congnoissance parla à Amours et osta sa chape invisible.
2695 Quant Congnoissance raparler
S'oy ainsi et ravaler ,
Elle osta sa chape invisible
Et si revesti la visible ,
Et dist à Amours humblement, 2700 Par manière d'esbatement :
« Petit cop y sire , petit cop
Ne belghe nient bezmt y à cop (sic !) ;
Je croy que tont considéré
Vous BeréÉ plus amoderé i- 2705 Envers moy que vous ne monstrez ;
Se vous estes vers moy oultrez
Je ne le doy pas comparer ,
Si que me doids séparer
De vous ne de vostre couvent , 2710 Qui si bien vous tiennent couvent ;
Se je donne à vostre servant
Aucun conseil en vous servant,
Qui viengne de Raison , ma seur ,
Il n*y à que bien et honneur ; 2715 Dont s'il le croit et a creû ,
L'en tenez vous pour recreù ,
Ne moy aussi pour menteresse ,
Malostrue ne flaterese?
Je ne lui ay administré 2720 Conseil que tout li plus letré
Ne desissent bien que j'ay droit. »
Com ment Amours dit à Co ngtioissance et elle lui respont-
— « Congnoissance , qui vous prendroit , » Dist Amours , « et getast en Saine , Vous en sériés après plus saine ,
2725 Car , ainsi m'aïst saint Vincens , Que j'ai perdu plus de vint cens De mes gens par vostre langage ; J'en getteroie bien mon gage , S'il estoit qui desist que non ;
2730 Vous avez assez de renom
De mes gens et estes nommée Bonne et sage , mais bien amée Sériés de moy , se essaucier Me volsissiés et avancier
2735 Autant que vous faites Raison, Vo seur , et ceulz de sa maison. »
Comment Congnoissance respont à Amours sur le propos de son fait.
— (( Sire » , dist Congnoissance , « voir ,
Je fais voulentiers mon devoir
Partout où je me sens tenue , 2740 Et tousjours me suis maintenue
Entre vos gens pour eulz monstrer
Les haulz biens et administrer ,
Ausquelz vous les faites partir,
Jusques à tant que départir 2745 Ils se veulent de vostre court ;
Mais se ma diligence court
Plus legierement et s'esveille
Pour ma seur que pour vous , merveille
N'en devez avoir , ce veii 2750 Que l'homme de sens pourveû
Scet bien qu'elle m'a à ce mise ,
Et aussi , sire , ma chemise
M'est plus prochaine que ma cote.
Ne me tenez pas pour si sote 2755 Que je n'a je bien entendu
Les poins où vous avez tendu
Et tendez pour vitupérer
Vostre serviteur , qui parer
S'est voulu de moj pour tenir 2760 Ses fais en droit et soustenir.
Ou cas que l'avez accusé
Que de Raison il a usé
Contre vous , oncques n'en usa ,
Se non un pou quant il musa 2765 A mes paroles , entour dis
Minutes , mais si estourdis
I En fu qu*oncques plus il n ot cure
Que Raison le prenist en cure ; Et fu , quant de la belle Yo
2T70 Luy contaj et comment Juno Par fierté la mua en vache, Et comment elle commist à che Garde : ce fu le grant vacbier Argus, qui bien la sout cachier
2T75 Ens es pastures de Venus ;
Il ot cent yeulz quant devenus Fu vacbier pour elle garder.
Mais à ce fait voult regarder Jupiter , car il y tramist
2780 Mercure , son fils , qui la mist
Hors des mains Argus le pastour , Par le mélodieux atour Et son de ses beaulz flajolés.
Il endormy .ij. et .ij. les
2785 Yeulz Argus et sa vache prist ; Comme Jupiter lui aprist , La remist en fourme de femme.
Regardez , sire , quel dlfiame En ce fait cy povoit avoir?
2790 II y musa , au dire voir ,
Ou temps que je luy en parlay , Mais je mis la chose en delay , Dont maintenant la vérité Lui diray par moralité.
2795 Par Yo nous povons entendre La créature qui veult tendre A tous ses delis acomplir.
Juno, pour ce fait raemplir , Doit estre en ce cas comparée
2800 A la voulenté séparée
De Raison , ma seur , et de moy ; Et lors est elle sans esmoy Vache , et Argus la doit garder :
C'est le monde , qui regarder
2805 La puet de cent yeulz , tout le temps Que ce fait li est delitans.
Et quant la créature passe Ce temps cy et aucune espasse Veult à son créateur penser
2810 Pour les pas qu'elle a à passer , Jupiter , qui Dieu signifie En ce fait, où bon cuer se fie , Li envoie son filz Mercure (C'est le Saint Esprit) , qui en cure
2815 Reçoit la créature humaine , Que dévotement il raiiiaine Hors des mains Argus (c'est le monde), Et tant la purefie et monde Que le monde clingne en appert
2820 Ses yeulz deux et deux et la pert Par les flajolz et par le son De bonne administracion De Raison et de moy aussi , Qui la mettons hors de soussi ,
2825 Tellement qu elle a congnoissance De celui qui à sa semblance La créa. Lors est recréée Comme par avant fu créée.
Se vostre serviteur pensa
2830 Aucun pou , le temps qui passa , A ceste matere profonde Et il s'i soit fondez ou fonde Pour son bien au temps advenir , Sire , laissiez l'en convenir ,
2835 Car s'en ce cas de traïson
Vous l'accusez , ma seur Raison Et moy nous lui ferons secours Devant tous et en toutes cours .
Mais que de luj ayons adveu. »
Comment l'auteur respont à Congnoissance.
2840 Et je dis : « Dame , à Dieu le veu , Oïl voulentiers : pourquoy non?
Car oncques le certain renom D'Amours neiisse congneû.
Se je ne vous eusse veii.,
2845 Et pour tant , mon souverain roy , Bon Amour , veuillez mettre arroy En vostre fait et attemprance Sans vous courcier à Congnoissance ; Car par elle je vous congnois ,
2850 Dont me seroit ce grans ennois
Se pour mon fait vous l'aviés prise En hayne , car elle prise Entre les haulz biens terriens Vo noble estât sur toute riens ,
2855 Excepté de sa seur Raison.
Mais de ce fait cy jamais bon N'en deveroit avoir merveille ; Tousjours amy pour amy veille.
S'elle veut en auctorité
2860 Mettre Raison et Vérité
En tous c as où il appartient , Très chiers sire , à vous n'en tient Que du taire , si qu'il me semble.
Se devisé avons ensemble
2865 Elle et moy et paisiblement M'a remonstré sensiblement
De Raison et de quoy elle oeuvre , Si n'en ay je riens mis en oeuvre , Ne ne veul mettre , qui puist plaire
2870 A elle ne à vous desplaire.
Se je Savoie tout le bien Du monde et n'en feïsse rien , En devroie je estre prisiez ?
Je croy que non ; ne desprisiez
2875 Aussj , se tout le mal savoie De ce monde , se je n'avoie Vouloir de le mettre à effet.
Siques entendez à mon fait , Chiers sires , et ramentevez
2880 Aussi bien ce que vous savez
Où foy et honneur je vous porte , Qu'autres choses ; je m'en raporte Sur Congnoissance sans debas Justement du hault et du bas. »
2885 Et Amours respondi : « Pour quoy Sur Congnoissance? mais sur moy, J'en aray tantost ordené. »
Mais Congnoissance au cuer séné Dist à Amours : « Par ma foy , sire
2890 Ce n'est pas ce que je désire ; Vous sériés en ceste partie De vostre fait juge et partie , Ce ne se pourroit soustenir.
Combien qu'il se veuUe tenir
2895 Li et l'escuier au recort
De moy , pour les mettre d'accort Des arguemenz qu'ils ont fais , Si n'en ay je pas pris le fais Sur moy , sire , ne ne veul prendre ,
2900 De paour que j'ay de mesprendre ,
AMOUREUX. 27i
Car dô telz en y puet avoir
Dont les causes , au dire voir ,
Aucunement vous appartiennent ,
Voire ou à ceulz qui de vous tiennent. 2905 Ce ne veul je pas contredire ,
Mais à ce que je vous oy dire
Et que je voy de vo maintien ,
Vo serviteur que je soustien
Avez en indignacion 2910 Pour un pou d'inclinacion
Qu'il a envers moi compassée
En la vertu de la pensée
Où il n'y a riens de meffait ;
Et si sçay bien que pour son fait 2915 Aussi vous n'estes pas contens
De moy , sire , et si ne contens ,
Ce savez vous , par mon recort ,
Qu'à mettre gens en bon accort.
Se vous estes courciez à my , 2920 Point ne le sui , foy que doi my ,
A vous ; siques en nostre affaire
N'y a que demi paix à faire ;
C'est la chose que plus désire ,
Or entendez à ce point , sire. »
I, Comment Amours respont à Congnoissance et appelle l'auteur.
\ 2925 a Congnoissance , bien vous en croy , »
I Dist Amours , « mais pas ne mescroy
i Mon serviteur qu'il n'ait creii
Vostre conseil et a creû Plus que le mien , car bien le sçay 2930 Sans en faire nul autre assay. »
Lors me dist Amours : « Vien avant ; Ne te souvient qu'en moy servant
Je fis tant , et en pou d'espasse ,
Que par le fait de dame Grâce 2935 Et de moi tu fus au Trésor
Ou quel meroy est en trésor ,
Retenu greffier , pour servir
Si loyaument que desservir
Tu peùsses l'amoureux gré 2940 De la gardienne au degré
De sa débonnaire franchise ,
Tant que ta loyauté eust mise
Par ton bon service à effet ?
Hé , malostru , pour ton meffet 2945 Te donne congié et suspens
De ton office à telz despens
Et rappelle toutes mes gens
Qui pour toy furent diligens. »
Et si tost que j'oï le mot , 2950 Tout aussi qu'Amours dit le m'ot ,
Et que je l'os bien entendu ,
Par devant luy tout estendu
Je me gettay en pasmison ,
Qu'oncques ne dis autre orison 2955 Que trois fois helas ! ah my las !
Or sui je exent de tout soûlas ! »
Comment l'auteur est en pasmison et Congnoissance parle à lui et le reconforte.
Et quant Congnoissance la belle , Qui oncques ne me fu rebelle , Me voit en ce point , elle vint 2960 A moy , et des fois plus de vint Me dist : « Folet , advise toy Et te souvjengne du chastoy Qu'au commencement te donnay
Quant ma seur je t'abandonnay , 2965 Loyauté , pour toy icompaingnier ,
Afin de nous acompaingnier ,
Mes sours et moy, ou temps présent
Et ou futur ; de ce présent
Te deùsses bien esjoïr , 2970 Ce me semble , et moy conjoir ,
Mais tu ne me dis ce ne quoy. »
/ Comment V auteur respont à Co7ignoissance après qu'il issi de pasmison.
« Dame, vous savez bien pourquoy , »
Respondis je ; « se je n'ay point
Parlé , ça esté pour le point 2975 Angoisseux que mon cuer sentoit.
Toutes voies ainsi estoit
Que vo parole je looie
Selon mon sens , car je lo oie ,
Et si ne la povoie entendre.
2980 Mais la fin où elle veult tendre
Entendis je , quant au retour
Fus de pasmison , et Tatour
Du bon et noble reconfort
Que présenté m'avez au fort, 2985 Auquel je ne renonce pas
En tant qu'Amours m'a clos le pas
De ses biens et ses gens repris
Sans ce que j'aie riens mespris. »
Cimment Congnoissance dit à l'auteur qu'il se seuffre,
« Or te seuffre comme paisible , »
2990 Dist Congnoissance la sensible , « Ne t'esbahis pas se forclos
T'a Amours du gracieux clos Où les amoureux met et tient , Tant que déduit les y soustient, 2995 Car moy et mes seurs jusqu'en fin T'aiderons de cuer humble et fin.
Congnoissance ainsi me donna Reconfort et puis retourna A Amours et dist humblement :
Comment Congnoissance dit à Amours qu'il soient d'acort de ces qjiestions.
3000 « Beau sire , or advisons comment Vous et moi puissons ordener De ces questions, sans donner A l'un plus qu'à l'autre de charge.
Combien qu'ilz m'en aient la charge
3005 Donnée , ne l'ay je pas prise ;
Car point n'en vueil astre reprise , Ne je n'en vueil ne los ne pris Ne blasme, et pour ce vous ay pris Avec moy que nous deux ensemble
3010 En faisons ce que bon vous semble. »
Comment Amours resjwnt à Congnoissance.
Bon Amours dist : « J'en suis d'acort, Mais qu'en brief faites le recort De ce qui fait à recorder Pour nous ensemble concorder , 3015 Et puis je vous y respondray Selonc ce que gy entendray. »
Comment Congnoissance respont à Amours.
t Sire » , dist Congnoissance , « voir ,
Volontiers en feray devoir
Selonc mon advis et mon sens 3020 Et que j*en ay senti et sens.
L'escuier a bien soustenu
Ce qu il a dist et maintenu ;
Aussi a vostre serviteur ,
Qui est de ce livre l'auteur.
3025 Et pour ce qu'aucun de rudesce
Ne les vueille accuser , l'adresse
Feray par declaracion
De toute leur intencion
Et de leur propre entendement , 3030 Se je puis , si entendaument
Qu'on ne pourra sur eulz prouver
Chose qui face à reprouver.
Premièrement savoir devons,
Se tant de sentement avons, 3035 Que ce que l'escuier demande
Par humble et courtoise demande
A l'auteur et l'auteur à li ,
Qu'ilz n'ont pas l'un l'autre assailli
Pour l'entendement esconser 3040 L'un de l'autre ne affonser ,
Ains sont ces demandes fondées
Pour tous amans, et demandées
A tous ceulz qui orront ce livre
Et qui le verront à délivre, 3045 Pour leurs oppinions sentir
Et pour savoir ou assentir
Qu'en voulra la plus grant partie :
C'est assavoir en la partie
D'armes et d'amours , pour venir 3050 A leur plus joieux souvenir ,
Pour plaisance et honneur avoir.
L'autre partie est assavoir
De science et de bon eiir ,
Pour vivre en paix et aseiir ; 3055 Et des autres poins qui y sont ,
Qui à ramentevoir feront ,
J'en vueil justement sans fléchir
La retentive rafrechir
De ceulz qui y voulront entendre , 3060 Pour le jugement en attendre. »
Comment Congnoissance ;parle à tous ceulz generaument qui verront ■ et orront ce livre. Et est la 'première demande telle :
a A vous qui ares le vouloir De moy oïr d'umble vouloir » »
Ce dist Congnoissance ablement , « Je demande amiablement 3065 Lequel ameriés vous le mieulz A avoir en tous nobles lieus , Pour plus exaucier vostre nom , Parfait honnorable renom Ou en armes, ou en amours ?
La seconde demande si est telle :
3070 « Et pour vivre en déduit tousjours , Lequel voulriés vous servir En vray espoir de desservir Sa mérite : amours loyaument, Ou armes honnourablement ? n
La tierce demande si est telle :
3075 « Lequel vous seroit mieulz à gré
Pour vous mettre en haultain degré :
Ou le fait de bonne science
Aornée de conscience ,
Ou de bon eiir le secours 3080 A l'aventure en toutes cours? »
La quarte demande est telle :
« Vous semble il quil soit homme né En vertu si bien meurginé Qu'il puist bien servir tout d'un tans Armes et amours, et sentans 3085 Qu'en tous les deux fesist devoir Pour parfaite joie en avoir ? »
La z?° demande est telle :
« Comment a Amours plus de force Et de vertus quant il s'efforce Sur une créature humaine , 3090 Qu'en cent autres de son demaine? »
La vj^ demande est telle :
« Comment puet Nature souffrir , Pour riens qu'on lui face à souffrir , Qu'un enfant de noble nature Puist prendre estrange nourreture , 3095 A sa lignio si contraire
Qu'on ne l'en porroit pas retraire? »
Et la vij* demande est telle :
« Comment se puet faire d'un père Pluseurs enfans et d'une mère , Tout d'un lit et tout d'une table , 3100 Que l'un sera plus delitable
Que .X. autres et mieulz amez En tous ses fais, et sera tez Que ses frères seurmontera Et tous à honneur les mettra? »
3105 Ainsi fist Congnoissance en brief,
Tout par cuer et non pas en brief,
Des demandes certain recort,
Pour mettre en paix et en acort
Et anichiler les contens 3110 Dont Amours n'estoit pas contens ,
Et puis li demanda du fait
S'il y avoit rien de meffait
En ce qu'elle avoit recordé.
Comment Amours respont à Congnoissance pour le fait des questions.
Et Amours dist : « Par le corps Dé , 3115 Nennil , dame, bien me soufflst
Ce que fait en avez. » Et fist
Amours une telle ordenance
Que pour lui et pour Congnoissance
Et chascun, pour tant qu'il li touche , 3120 Mettroient le fait en la bouche
De ceulz qui ce livre liront.
Qui bien justement esliront
Les arguemens hault et bas
Pour appaisier tous les debas.
3125 K Et se je sui bien eiireux , »
Dist Amours, u tous les amoureux Seront en ce fait de ma part ; Se leur voulcnté ne s'espart , Encontre un que vous en ar<5s 3130 J'en aray cent, et le verres. »
Comment Congnoissance respont à Amours.
« Et j aray » , ce dist Congnoissance, « Ceulz qui ont vraie congnoissanco ^ De mes seurs et de moy aussi ;
l: Je ne suis pas en grant soussy
v 3135 Qu'ilz n'aient bien audicion , r Mais ce soit par condicion ,
'é Et pour nous ester de discort,
f Que cilz qui plus de son acort , ^
I De vous ou de moy , en ara,
i 3140 La victoire li demorra , I Et seront des siens jusqu'en fin
I L'escuier et l'auteur, afin
I Qu'il vous plaise ce que j'ai dit.
■< « Je n'y mettrai jà contredit , »
I 3145 Dist Amours , qui de cuer humain 1 Prist Congnoissance par la main.
^ Pour ceste ordenance affermer
I Seiirement et confermer ,
C Périrent de leurs mains ensemble
I 3150 Si bien et si hault , ce me semble ,
I Comment Amours accorde à Congnoissence ce qu'elle a ordené. Et en
î ferirent leurs mains ensemble si fort que l'auteur s'en esveilla du
4( grant cop qu'il o'i, ce luy sembla.
Qu'à celle heure je m'esveillay.
Lors sailli sus et tant veillay A mon fait que bien me souvint
280 TRÉSOU
De l'advision qui m'advint
3155 Ens ou temps que dormi avoie , Et bien me souvint de la voie Où Amours avoit moA cuer mis Si parfaitement que soubmis L'avoit du tout à son hommage
3160 Sans y penser preu ne dommage.
Et aussi aj je bien ad vis Comment Congnoissance au cler vis Me fist administracion De ceulz de son estracion,
3165 Et comment nous nous accordasmes , L'escuier et moy , et ouvrasmes Balades de pluseurs propos , Desquelz pour nous mettre à repos De la charge , nous soubmeïsmes
3170 En Congnoissance et nous meismes En sa noble discrecion , Et comment recreacion Prenoie à tout mettre en escript, Fussent sage ou fol li escript.
3175 Et quant j'eus mon songe advisé Ainsi que je l'ay devisé , Je le trouvay tout véritable , Et pour ce m'est il delittable Qu'ensuivant j'ai fait ces .x. vers ,
3180 Lesquelz ne sont pas trop divers.
Comment V auteur supplie à tous generatcment pour V augmentation de son livre.
A tous nobles d'entendement, Qui par bon et vray sentement Sont des hons de philosophie , Humblement je leur signifie
3185 Que je les suppli de cuer tendre
Qu'à mon livre veuillent entendre ,
Et s ilz y treuvent aucun vice
Qu'a fait et oeuvre de novice ,
Le me veuillent atribuer ; 3190 Et s'il leur plaist distribuer
Tous les cas si de point en point
Que d'escusance n'y ait point ,
Je leur en prie le pardon ,
Par grâce et non mie par don , 3195 Car temps est que je me délivre
De cy endroit finer mon livre
Du Trésor amoureux , afin
Que ceulz qui aiment de cuer fin
Aient de leurs biens congnoissance 3200 Et preingnent tout en souffisance.
Cy fine le livre du Trésor amoureux divisé en .iiij. parties de lignes eoupletes. Et en chascun nombre des balades sont .xij. rondeaux entez ens es balades cy devant escriptes.
COUR DE MAY
(pp. 1-51).
1 , 6. Rire , ici comme souvent , prendre un air souriant , faire une mine gracieuse.
3 , 62. Congnoissance , personnage allégorique , équivaut à Sagesse. — 66. Mettez une virgule à la fin du vers. — 67. Condicion, nature, caractère.
4, 92. Lisez ou (sans accent). — 97. Te manque au ms.
5 , 120. La syntaxe moderne exigerait plutôt tenus que tenir.
— 124. « Et maintes bonnes choses que je prendrai en considération. »» — 129. Ms. qiuint mon départ. — 132. Ms. ce p. un.
— 133. L'agencement de la période, aussi bien que le nombre incomplet des vers composant la strophe , indique ici une lacune d'un vers rimant en ours.
7, 188. « Dont je lui sais gré. « — 196. Çà, interjection pour appeler l'attention. — 204. Ms. qv£ p. qu'en. — 205. A ce jour de may , au jour de mai de cette année-ci. — 207. Le sens ferait préférer cette rédaction-ci : Où Von voit volentiers s'amée.
8, 221. Il faut une virgule à la fin du vers. ~ 225. Ms. regard , mais le d est pointé. Le retranchement d'une dentale finale devant une autre dentale est un fait paléographique très-commun. — 244. Des rimes forcées telles que celle-ci se rencontrent encore en
plusieurs endroits de notre poème : ainsi v. 271-2, 570-1 , 611-12 , 841-2, 935-6, 1579-80.
9, 247. En ce point, dans cette disposition d'esprit; celant mon a faire , renfermé en moi-môme. — 248-51. Le poète donne à entendre que le commencement de l'œuvre promise à sa dame , entamée la veille de may et interrompue par le sommeil et la vision qu'il y eut , consistait dans les 19 douzains ci-dessus. Cette manière de relier le préambule au fond même du poème est assez ingénieuse. — 252. Ce vers doit être terminé par une virgule. — 259. « N'as-tu pas encore accompli l'ordre que tu as reçu ? » — 267. Rimes doublettes , rimes plates ; dans le Trésor amoureux , nous verrons employé dans le même sens rimes couplettes. — 268. Ce vers n'est qu'une cheville ; toutefois cette opposition de papier et de tablettes est curieuse et je ne sais trop eomment l'auteur l'entend. ~ 280. Lisez à croire pour acroire.
10, 301. Sans ailleurs partir, sans l'accorder à un autre. 13, 395. Ms. fist pour feïst. — 396. Avoir = y avoir.
15, 458. Quant est ici causatif. — 457. Devise , marque distinctive, emblème ; il faut entendre par la couronne, portée en devise, une broderie appliquée au vêtement. — 468. Ms. Tant ayes. — 470. Celle , de celer , ici tenir dans son cœur. — 472-3. Ms. Ce dis je. — Impossible de comprendre ces deux vers , rédigés tels qu'ils sont. Je proposerais l'émendation suivante :
car triste esce
Que cuer emprent la lascbeté Tele que..
Lascheté, comme synonyme de vilainie, est de l'époque. — 476. Ms. de son bon los.
16 , 492. Au surplus , = lat. maxime. — 510. Recroire , faillir. 17 , 526. Gardé , empêché. — 528. Plus , le plus. — 534. Ms. tou^ temps tu seras. — 540. Pris , prisonnier.
19 , 592. Achevé est une concession à la rime pour achever. — 606. Au moins , du moins ; de même v. 1395. Le ms. a ici moins , plus haut V. 486 , mains. — 612. Le premier ne est omis dans le ms. — 619. Voir , forme contracte de veoir ; je la retrouve encore auxvers995et 1402.
20, 632. Au fort, au besoin, s'il le faut. —634. Ms. tant a desservy. — 640. Il faut biffer la virgule à la fin du vers.
COUR DE MAY. 285
21 , 662. Esveillé a ici uno curieuse application ; la chaleur vive. — 666. Ms. A peine lapooit. — 682. Ms. chascune. — 685. Chaleur est , semble-t-il , une faute de copiste pour valeur. — 689. Si manque au ms.
22, 699. (r<?5^ raison,, c'est raisonnable. — 707. Coewr est un régime direct. — 708. S'y prendre , s'y opposer. —712. En ont abusé, s'y sont trompés, se sont fait illusion. — 721. Ms. hault. — 726. En son estudey à son service ; nous avons ici estude dans le sens du studium, attachement , hommage.
23 , 732. En voie , dans uno expédition. — 736. Herra , haïra ; V. 1380, harra. — 746. Il faut sous-entendro les devant leur. — li^. Ms. leur port. — 754. Moult manque au ms. Je l'ai inséré pour parfaire la mesure. —762. lÀsQZ plaisaument \ cp. v.675. Cette conversion de w et w est connue, surtout dans l'adverbe erraument , et dans couvent p. convent.
24, 770. Évidemment, le discours de Courtoisie ne se termine pas avec ce vers ; et d'ailleurs ce qui suit est dit en réponse au roi Amours, qui n'a pas encore paru. Nous avons donc ici à signaler une importante lacune , comprenant la présentation de l'auteur au roi Amours. — 785. La grâce , le plaisir.
25 , 813. Ms. do7it tu paroles.
26 , 837. Se le facorde : se p. si = et ; cependant je soupçonne comme leçon primitive j'(î le facorde. — 841. Négligence, oubli (par rapport à la dame). — 843. TentrouUia, t'oublia dans l'intervalle.—846. Cuidier, présomption. — 849. Ms. s'entrecuida.— 864. Mensongier, menteur. — 866. Rie au subjonctif et taist à l'indicatif est une discordance syntaxique qui ne doit pas nous surprendre.
. 27 , 878. Os , j'entends. — 901. Par esprouver, par expérience.
28 , 911. « Qui ne soit convenable eu égard à ton caractère fier «, c.-à-d. qui puisse blesser ta fierté.— 926. Avenir est une faute typographique pour averir. — 927. Ms. asseuré.
29 , 956. Veiller, ici passer les veilles à réfléchir. — 960. Ms. fortresse. — 961. Ms. Mais te tant. — 969. Ms. La heaulté.
30 , 984. Sans plus long terme , sans attendre plus longtemps. — 390. Mais, particule répondant à Jà soit ce que ; équivalent de si, Voy. Gloss. — 995. Il faut, je pense, mettre une virgule après à sa partie (de sa part) , et faire dépendre de le voir de la phrase que
Veure viengne (993). — 1004. Parolle est une faute typographique ; lisez par rolle.
31 , 1021-2. « C'est là que je connais le moyen {voie) comment il deviendra... » Ellipse du relatif; ou bien il faut corriger ù au lieu de il. — 1023. Ms. suivre. — 1028. May^ licence de forme, pour mets. — 1038. Ot , entend.
32 , 1065. Ms. Par dessus. — 1071. Faulra , faillira , viendra à manquer.
33, 1079. Chier, somptueux , magnifique. — 1082. Seur , forme contracte de seûr ; cp. vv. 1100. Ailleurs, la contraction n'a pas lieu , ainsi vv. 1126 , 1153 , 1199. — 1084. Estre en cours , avoir son cours. ~ 1107. En plains , livré à la douleur.
34 , 1135. Il faut une virgule à la fin de ce vers , et un point-virgule à la fin du suivant. — 1146. Trouver loi selon ny, terme de droit : trouver loi pour justifier une dénégation judiciaire.
35 , 1163. Sur ma seûrté , = en fen excusant sur moi (v. 1132), sous ma protection, en te réclamant de moi. — 1165. En ta merele, voy. Gloss. — 1166. Faicsse querele, mauvaise cause.
36, 1186. Triste paraît avoir ici une autre signification que d'habitude , placé qu'il est entre menteur et vanteur. On serait tenté de croire à une altération du mot triche , en donnant à ce dernier un sens adjectival. — 1187. Par vaillance est à lier avec atendre, faire face à. — • 1204. Ms. ceste chose,
37 , 1239. Coppé Voe^ voy. le Gloss. sous oe.
38 , 1250. Vers sauté dans le ms. — 1280. Se couvrir ^ se garantir. — 1292. « En sont finalement mal payés. »
39 , 1309. Tu manque au ms. — 1318. Qui veult savoir ^ qui vise à sagesse.
40 , 1322. Mant = mansion, habitation ; voy. le Gloss. — 1326. Ms. prisiée. — 132%. Deulœ, pluriel de deuil. — 1343. Peut-être vaut-il mieux lire en semurQ. — 1355. Les estas paraît affecter ici le sens de « les autorités , les dignitaires » , ceux qui tiennent estât,
41, 1365. Ne que , pas plus que ; cp. v. 1486. — 1370. Le cours , en courant , vite. — 1386. Ms. Yien ce regarder. L'expression se regarder est anologue à l'ail, sich umsehen.— 1391. De manque aums.
42 , 1411. Ms. esmaeillië. — 1416. Avoir fait , avoir fini. — 1420. Dont, alors ; l'adverbe introduit la proposition principale.
COUR DE MAY
43 , 1437. Pour oïr , de manière à être entendu.' — 1438. Ms. devras. — 1461. Vers mal adapté à la construction.
44 , 1474. Preu te face, protlciat ! —1477. Eavte rose, eau de rose. — 1492. De ce n'es^nre, ne le conteste; cheville analogue à celle du V. 1512.
45, 1502. Le mot dure manque au ms. — 1504. La virgule qui suit le moiaprès est de trop. -- 1516. Mauvaise cheville. Ce qui me frappe , c'est l'emploi personnel de ennoyer dans le sens d'être fâché.
46, 1535. Tout au meilleur, le mieux possible.— 1556. Se travetllier, se lasser. — 1554. Mettez un point à la fin de ce vers et une virgule à la fin du suivant.
47, 1580. Soit or signifie ici, paraît-il, voir même. — 1581. Le ms. présente ce vers ainsi : Que soudaine mort le mors. Ma correction est commandée par le sens et la mesure, il/ors , ici morsure ; au vers suivant « mordu. » — 1590. Brie f est adverbe : vite.
48 , 1617. Voy. vv. 1004 et 1312. — 1620. Le scribe du ms. a sauté ce vers , qui disait à peu près : Sa voulenté acompliray.
49 , 1642. La virgule après dy doit être supprimée. — 1645. Jerras , tu coucheras ; (Xejesir.
51 ,1711. Pour la valeur de mais, voy. le Gloss. — 1715. Mettez une virgule à la fin du vers et supprimez celle du vers suivant.
(pp. 52-287).
53, 11. Le château de Beauté, situé dans le bois de Vincennes , avait été fondé par Charles V, qui y termina ses jours. Charles VII en fit don à Agnès Sorel, qui en prit le nom de dame de Beauté. Il n'en existe plus de trace. — • 21. Divisier, p. deviser ^ souhaiter. — 80. Musiquer exprime la musique artificielle , opposée au chant naturel des oiseaux.
54, 46. Entour, environ , à peu près. — 49. AiV, arc. — 50. Le pair^ la même étendue. — 67. Ms. Que le jardin.
56, 111. Versifier vers est une tautologie choquante ; quant à vérifier, il ne dit pas autre chose que constater , exprimer. — 121. Ms. 7(3 2/ v^. — 139. On connaît l'emploi de entre pour renforcer ridée de dualité (cp. v. 144). — 141. Ms. apparoy.
57, 144. Les renoms est identique à les noms du vers précédent ; il fallait éviter une répétition pure. Cependant, le préfixe re pourrait bien avoir ici la même valeur que dans son application aux verbes, c'est-à-dire celle de marquer la répétition du fait et de la chose sur un autre objet. — 154. Ms. a tante. — 160. Le scribe du ms., qui ne paraît pas trop s'être soucié de pénétrer le sens de ce qu'il copiait, a mis ici ruine p. envie. — 168. Il y a évidemment ici une lacune de quelques vers.
59, 231. Ms. Qui la nourrist.
60, 252. Puisque, depuis que. -^ 253. Ms. ratifier.
61 , 277-8. Ponctuez ainsi : Et advient , pour le temps présent Qu'il fait, à ceulx... « Par le temps qui court ", cp. v. 410 le temps qui règne. —Avoir présent de, être en possession de. — 282. Ce veu que, vu que. — 298. Tenir en trésor, tenir en garde. — 303. Treso' riere, gardienne ; le mot exprime une dignité inférieure à celle que représente le terme gardienne, employé au v. 29ô et qui signiHe la maîtresse, la dispensatrice du trésor.'
62, 306. Lisez fust au lieu do fu. — 312. Estre de cremeur, être à redouter. — 320. Regarder, surveiller. — 328. Prmt et a Vatour, redondance servant à parfaire la mesure du vers. — 329. Mettez un point-virgule à la tin du vers. — 330. Bienne , voy. le Gloss.
63, 340. J'ai intercalé moult pour compléter la mesure du vers.
— 355. Ms. de degré en gré. . — 365. Le verbe assentir et ses diverses formes, ainsi que le subst. assens , est toujours , dans le ms., orthographié par àbsentir, absens; ^e no me rends pas compte de cette particularité. — 368. Ms. se renomme.
65, 408. Ms. fait. Je reprendrai cette leçon du ms., mais en corrigeant a noies par avons. »» Nous avons fait de Désir et Penser nos maréchaux... » —409. Supprimez les deux virgules, en construisant : « pour tenir en paix tout nostre règne. » Règne , royaume.
— 416. Il faut sous-entendre : " Nous avons fait » ; mais notez que le tour : « Nous avons fait de Sentement notre grand échanson »» est précédé et suivi par le tour : •* Nous avons fait Souvenir grand panetier. " — 424. Sensiblement, sugemeut. — iSO. Ms. Quant ils sont.
67 , 475. En aucun cas , de quelque manière. — 493. S'avance , s'empresse. — 496. Mai/ , je mets ; cp. p. 31 , v. 1028 , et p. 81 , v. 7.
68 , 519. Tesmoing est un verbe. « J'en témoigne de vous « , je vous prends à témoin. — 527. Ms. Sa mère roy. — 528. Arroy , ordre.
69 , 542. Amoureusement , de bon gré. — 552. Ms. Mais espoir.
— 563-64. Le ms., fautivementje pense, porte excuser p. accuser, et accuser p. excuser.
10, 586. Ms. Ditez.
, 71 , 605. Otez la virgule. — 614. Able, habile, convenable, prend ici le sens de « propre à donner » {tout délit).
72 , 639. Fait mtisiquans , fait faire de la musique. — 640. Ms. musisquans. — 655. kfflert doit représenter ici le latin affert , de affcrre , apporter. Du reste, je ne sais quelles c^ios^s (v. 659) à corps humain (v. 657) l'auteur a en vue.
73, 680. Leel, loyal. — 684. Il faut une virgule à la fin de ce vers, "au lieu du point. — 692. Reputer , blâmer.
74 , 701. Dans le sommaire qui précède ce vers, le scribe a mis à la terre p. à V auteur. — 725. En ce cas , à ce point de vue.
75 , 734. Parmi ce que , y compris ce que. — 738. Le ms. porte : de sentume commune. Le mot sentune n'existant pas et étant d'ailleurs contraire à la mesure , je lui en ai substitué un autre qui en reproduit quelques lettres et qui satisfait tant au sens qu'à la mesure. — 739-7.55. L'auteur a fidèlement exécuté ses prescriptions : son poëme se compose de quatre parties de 400 rimes plates (soit 800 vers) ; entre la première et la seconde sont insérées 44 ballades , entre la seconde et la troisième 40 , entre la troisième et la quatrième de nouveau 44. Dans chaque série de ballades , douze rondeaux viennent se placer en tête d'autant de ballades , lesquelles ballades reproduisent , artificiellement mêlées à leur matière , tous les vers des rondeaux. — 756-7. En tels y ara , en quelques-unes.
76 , 764. Cas , estime — 772-4. « De cette manière , ils s'en tireront plus facilement {au dessus en seront plus tost) pour trouver... ». — Cinq tailles ; cela se rapporte à la force des strophes.
77, 796. Cette première partie de coupletes devrait, d'après Tordonnance que l'on vient de lire , se terminer par le vers 800. Il manque donc quatre vers, qui , je le suppose , constituent la lacune que nous avons signalée après le vers 168.
Ballade L — 1-2. Je crois qu'il faut lire estrace des Mens d'Amours.
78 , 18. En rieule de , par raison de. — 22. Sentir , prendre connaissance. -- 12. Ms. poueu.
79 , 1. Voy. p. 74 , v. 724. — 5. Audicion , acception. — 13. Vers inintelligible. Peut-être faut-il le détacher du précédent, et lire : Et ycest trésor de Vestendre Grâce en a... — Grâce , voy. p. 61 , V. 303-5.
80 , 4. Vers obscur. — 10. Y manque au ms.
81 , 11. Mueent (meuvent) , éveillent.
82 , 4. Sa manque au ms. — 11. L'espace laissé après ce vers est une erreur typographique. ~ 19. Ne pert , ne peut manquer.
— Ms. Homme qui serve.
83 , 4. Lisez honte. — 14-15. Cp. Cour de mai , w. 1474 et suiv.
85 , 4. Supprimez la virgule après enqueste. — 7. Ms. de le hatre.
— 20. Ms. n'est pas rubeste.
86 , 2. /(g rots , je vais.
88, 16. Ms. le hault mirouer.. Miroir équivaut ici à beauté exemplaire ou à modèle. — 28. Les dormans , les morts. — Bail. XIII , 2. Ponctuez ainsi : Bist Vcscuyer ^ « à mon propos.. Les derniers mots complètent le verbe avez respondu.
90, 14 . Qvie , car. — 16-17. Le premier valeur signifie perfection , vertus ; le second, prix. — 19. Passeroseiqni surpasse la rose) est, selon l'Académie , le nom de la rose trémière ; Roquefort dit que ce mot s'applique en Bourgogne , dans le Gâtinois et le Berry au muguet ; le glossaire du comte Jaubert ne confirme pas cette assertion en ce qui concerne le Berry ; selon Hécart, on dit pour muguet à Valenciennes passeroZe, et à ^oMhexige passerose .
91 , 8. Vie substantive, vie offrant substance^ c.-à.-d. nourriture, jouissance. — 9. Le mot avoir a été ajouté en écriture cursive et antique par une main étrangère. ~ 18. Vive ne se trouve pas dans les glossaires ; mais je crois l'avoir rencontré ailleurs avec le sens d'étincelle. — 26. Tés , tels. — Bail. XVI , 1-3. Je ne sais si ce proverbe est connu, et s'il répond àla phrase de Rutebeuf, II, 165 : « Geste prendra la grue au ciel. >»
92 , 19. Sont avespré\ sont au déclin.
93, 8. Produire, faire produire, rendre fructueux (?).— Bail. XVIH, 2. Ms. pour set cas.
94, 9. Il faut sous-enteudre le relatif qice devant vous. — 23. /w^^nciow, opinion. — Bail. XIX, 1-2. Ce proverbe, très-répandu, s'est déjà rencontré dans le Buisson do Jeunesse , 3411-12 (p. 101).
95 . 6. Publiques est une forme masculine ; cp. rustiques. — 21. Le sens paraît être : Que le dicton que vous alléguez ne dit pas la vérité ; qu'il ne peut pas s'appliquer à moi.
97, 10. S'approchier=a'a.ysLncer , se distinguer ; cp. v. 29. 98,' 11. Ms. commxi. — 12. Ms. et reconfort. — 23. Ms.jeme suis. 99 , 5. Faillir à traire , manquer son but. — 16. Se qite non, ellipse p. Se vous sentez que non. Le ms. porte Ce que non.
100 , 6. N'était le vers 36, j'aurais lié hommage et cfmjointive, et traduit ce dernier mot par alliance , mais le v. 36 m'oblij^e à le joindre avec intention et à lui prêter le sens de « tenant étroitement au cœur , sincère. «
101, 20. Ou cas que, puisque. — 30 Fi.n , pur, sincère. — 33. Finer paraît signifier ici payer.
102 , 17. Ms. ditez. — 27. Ou decré , à la disposition. 103 , 5. Que , car.
104 , 35. A per, pareillement (?). — 3. « A laquelle je répondrai. »
105 , 3. Mettre à ehieux ne m'est pas clair. Je cijois que chieux est une variété de eues (pron. coeus) , forme fréquente dans les Cliron. de Froissart; donc le substantif du verbe cuesir, comme cois, de la forme coisir. Dans ce cas , on pourra traduire : Lequel des deux vous engagerait à faire votre choix? Lequel choisiriezvous ?
106 , 84. Vous est omis dans le ms.
107 , 25. Ms. Et pour avoir planté. — 3. Vostre fait entendu est une simple formule : à juger de votre exposé. — 5-6. Compassé (considéré) etveii ce que ne dit pas autre chose que : selon ce que.
108 , 12. Tente , direction ; ou bien le mot a-t-il le sens ordinaire dans une acception métaphorique. — 27. PourveiX , disposé.
109 , 21. Je m'ottry sers , je me reconnais serviteur. — 27. Le ne est pléonastique et contraire à la syntaxe moderne.
110 , 7. Ms. Et de fait me. — Se sauver , ici se justifier. — 8. En pluseurs cas , par plusieurs raisons. — 12. Par vostre humilité , formule=si vous voulez bien. — 27. A je p. ai je en rime avec des mots en âge est admis. Il en est de même de sage (v. 29) p. saige.— 29. Les mots Men le sa ge sont insérés par moi ; ils manquent au ms.
111 , 20. Ne est ici pléonastique , comme plus haut 109, 27 , et motivé par le caratère négatif de la proposition principale. — 22. Leuve, louve.
112, 5. Oultrée, menée à fin , accomplie. — 16. Affamée , fig. anéantie. — 18. Tio^e , peine, fatigue. — 21. Ms. au^si sont. — 25. Avoir bien lajournée=ïXYoir bon jour , être heureux.
113, 8. Voix, réputation. — 14. A toutes mains paraît sigmfier « pour toutes entreprises. ^ On dit encore : « un liomme à toutes mains. «
114, 14. Vavoir greingneur , être on moilleuro situation. — 17-18. Vers obscurs. — 26. Lisez Pour s amour. — 24. Eulz est incorrect p. elles. — 1. Me. ronde.
115, 23. Ms. qu'il n'est. —24. Salu a ici un sens ironique. — 25. Ce vers rentre mal dans la construction. — 27. Entrer au tour dey avoir la chance de. — 28. Biens fais , actes de prouesse.
116, 8. En espasse, dans l'intervalle, pendant son absence (?). — 14-15. - Quelqu'un restera pour lui apprendre qu'il se mette en garde de faire une sottise, n Tel me semble être le sens de ce passage. — 25. Tl se rapporte à Amours, qui est tantôt masculin, tantôt féminin (cp. v. 28). — 28. Je ne saisis pas le sens du mot passe. Serait-ce avocat, médiateur ? Roquefort dit qu'on appelait passe on passeur les notaires ou autres gens de loi passant des actes publics.
117 , 9. Ms. qui soit.
118> 13 «Qui le retiendrait {tenroit) dans cette tentative (ensonne) ? ".— 17. Gien, voy. le GIoss. — 20. Bonne, limite.— 8. Lisez desroy 1^. defroy. \
119 , 6. « Je m'en rapporte à ceux qui.. "
120 , 12. A un temps , en même temps. — 14- Mettre en voir , vérifier , prouver.
121, 18. Ms. Homme de ne delà mer.—Vè. Finer de qqch,, en sortir , venir à bout. — 21. «« Mais il faut procéder de manière à serrer son sujet le plus prùs possible. »
122 , 810. Souvenir , pensée intime , espérance; — 814. Tenir en vertu (en force) , soutenir. — 824. Leur , où.
123 , 832. Able , convenable. — 833. Effacez Vs de commes. — 841. Retour, ce qui revient d'une chose, profit. — 850. Je rappelle que néant , aussi bien que nient , est un monosyllabe.
124,876. Ms. Par son Ion fait. — 877. Ms. avenue. — 883. Ms. Ja soit qu'on. — 893. Sur l'emploi de mais, voy. leGloss, — 899. Le de devant membre n'a pas de raison ; mieux eût valu sans m. c.
125 , 902. Puis que , pour peu que. — 905. N'i p. ne serait plus clair ; cp. v. 955. — 909. Mieux vaudrait par bon espoir.— 932. Souverainement , surtout. — 933-34. Pris fait redondance avec mon prisonnier.
126 , 953. Il faut un point à la fin du vers.
127 , 974. Mettez la p. le. — 983. Impression , souvenir, —
294 NOTES ET RECTfFICATIONS.
994. Vers sauté dans le lûç. — 997. Ms. n'y sçay. — 1004. Ms. tant ou ma clamour.
128 , 1014. Ms. et déport. — 1023. Forty difllcilo, peu probable.
129 , 1052. Périphrase pour « sérieusement. »
130 , 1084. Desroi , ici excès de hardiesse, témérité. — 1106. Dort =^gist, se trouve.
131 , 1111. Le vers doit finir par un point. — 1112. Il faut une minuscule à solucion.— 1115. Mettre en termes, exprimer. — 1125. « Jeu d'escrime. « — 1129. Au consentement ^ sous l'impulsion. — 1136. Long , loin.
132, 1144. Ce juron équivaut à « que je devienne muet. »»— 1149.Vers obscur; un verbe gusser m'est inconnu. Il se peut qu'il faille lire en un mot agusser , qui se trouve consigné dans Roquefort comme variante de aguiser , et que le sens de ce verbe soit préciser ; « comme je trouve écrit quelque part , mais je ne saurais préciser où. " Ce serait , à la vérité , forcer aussi le sens du verbe endurer. — 1157. Cinq tens (temps),=cinq fois, conviendrait peutêtre davantage à la construction ; mais la rime riche dominant dans les vers coupletes , je n'ai pas osé corriger. — 1162. Vs final de ni est tombé ; il faut lire fais nis (des nids faits).
133, 1184. Court, concession à la rime p. cours. — 1188. Ms. et à point. — 1191. Le nombre, s. e. des cas de loyauté. — 1204. Nommée, invoquée. — 1207. Ms. pereceux p. la forme syncoi^e preceux, qui seule convient à la mesure. Paresseux prend ici l'acception large de « relâché; qui procède à sa convenance personnelle. « — 1209. Plaider la main saisie semble être la même chose que le terme de droit « plaider la main garnie ^ , plaider pour une chose dont on jouit pendant le procès. — On ne doit pas s'attendre, du reste , à ce que je cherche à débrouiller tous les passages nuageux de la discussion filandreuse, dans laquelle le lecteur se trouve engagé.
134 , 1214. LJstre au dessus de son fait , le mettre au-dessus de toute contestation. — 1219. Lisez Pour. — 1247. Sauvage, contraire à sa nature.
135 , 1248. Franchise ou franc vouloir , dans l'ancienne langue , répond au terme moderne libéralité , disposition à donner librement, c.-à-d. sans impulsion étrangère et sans considération d'intérêt. — 1258. Demeurer n'est pas clair ; je pense que le sens est « tenir bon, répondre » , et que le vers se comprendrait mieux comme une parenthèse.
Lb 1 iibSOR AMOUREUX. 295
136 , 1302. -Se supporter de quelque chose , s'en soulager. Cette acception est curieuse. — 1304. L'orthographe pevent m'est échapp<Se , je ne sais comment ; je doute fort qu'on ait jamais prononcé ainsi la3«pers. plur. de l'indic. prés, dû pouvoir ; il {ixuiUr g peucnt —1307. «Je m'en rapporte à eux. »
137 , 1329-30. Ces deux vers sont transposés dans le ms. — 1332. Ms. voulez au lieu de voulc (je voulus). — 1334. Ms. ne la liay. — 1336. En deu , par devoir. — 1338. Il faut une virgule à la tin du vers.
138, 1351. Supprimez la virgule à la fin du vers. — 1354. Retraire, dire. — 1368. «Je m'en remets au dire de... *> — 1370. Ms. argumens.
139 , 1382. La répétition de l'adv. bie7i est conforme au ms. — 1385. Et s'a on, et eùt-on même (?). — 1392. Ms. perte Varamis. — 1397. Se p. si conviendrait mieux ; la phrase ^'e le vous met sus (V. 1400) formerait alors l'apodose de la période. — U09. Le second ce manque au ms.
140 , 1416. Le est pléonastique. — 1424. Otez le tréma de peîcst ; la mesure réclame la forme contracte. — 1430. Aise est la bonne et ancienne forme pour Asie. — 1431. Uépithôte friqice (frisque) , vif, gai, est forcément amenée pour faire une rime. — 1440. Chierement n'a pas de sens ; le mot paraît altéré de tiercement. — 1442. Le sens réclame un second furent devant adont. — 1444. Gouverner , entretenir, fournir la subsistance.
141 , 1469. Ms. forquerre.
142, 1487. Apeter à, convenir. — 1502. Ms. besillier. — 1510. Corrigez on par ou .
143, 1517. Ms. sera. — 1518. Ms. sans requeste. — 1519. Ms. delà part. — 1530. Ms. querra en grâce. — 1550. Sensiblement y sagement ; regarder , surveiller.
144 , 1557. Défense , protection.
145,1598. La seconde partie de vers coupletes devrait se terminer par le v. 1600 ; il manque donc 2 vers au ms. , sans compter celui dont nous avons signalé l'omission (v. 994).
145, 6. Aniouretcsetnent, de bon cœur. — 9. Lisez ne tens.
146 , 21. Il faut changer le point en virgule. — 7. Ms. il tent.
147 , 1. Croche , crochet. — 19. De sa broche se lie avec lancier, 148, 15. En hault endroit, périphrase p. hautement. — 22. Avoir audicion , trouver accueil.
t96 NOTES ET RECTIFICATIONS.
149 , 8. Offendre la défense , la violer.
150, 2.Ms. argumens. — 9. " Il n'y a qu'à .s en tenir a i écart, n — 19. Nulle quantité, nulle mesure. — 25. Ms. ce veult.
151 , 2, Savoir ses pars , bien connaître son rôle , être habile. — 22. Ms. ne mars. — 24. Ms. ne lepourroie. — 25. Des sept ars est comme qui dirait : avec toute la science du monde.
152 , 2. Ratisier les tisons , les manier , disposer.
153 , 8. Ms. eslire. — 9. Pour le voir attaindre=h dire vrai. — 13. En torche, en flamme. — 19. Sans se faindre , sans hésiter. — 29. Ms. de Aj.
154 , 14. Riguereux , synonyme de frois , glacé , insensible. — 17. Fro^^ a ici le sens figuré de réprimandé.— 18. Peut-être faut-il lire à tous jours.
155 , 5. Un point-virgule après déduit éclaircirait mieux le sens.
— 21. Ms. Dont doit bien. — 26. A /în que exprime ici l'idée ^ pour peu que. »»
156 , 13. Se saine , se signe (d'étonnement). — 17-18. «* Tant en cachette (en destour) qu'ouvertement. >» — Mettez deux points après appert. — 26. Le greingneur , le souverain.
157, 6. Le ms. a répété le mot cuer à la place de cor^s.— 16. Parer, figurer. — 28. Faire la loupe, faire la grimace.
158 , 6. Ms. N'ait p. ait. J'aurais mieux fait de respecter la leçon du ms. ; la négation est licite d'après la syntaxe de l'époque , bien que logiquement sans raison. Nous avons déjà remarqué plusieurs cas où la forme négative de la proposition principale entraîne celle de la surbordonnée. — 17. Ms. Encontre.— 23. Ms. de toy p. detri,
— 28. Vers obscur. Cuite, quitte.
159, 3. Saison, état, disposition morale, sentiment. —6. Clamour, motif allégué.
160 , 2. Néant ne fait qu'une syllabe. — 12. Exemplaire, enseignement. — 14-18. Il y a ici , je pense , à suppléer l'infinitif soutenir, d'où dépend logiquement, comme régime indirect, la phrase D'un seul petit repas. — 18. Le typographe a négligé le point qu'il faut à la fin de ce vers. — 20. Ms. maint paire.
161 , 15. Ms. en hault mer. — 17. Ms. Est ce qu'on.
163 , 23. Ms. odoure et alaine. — 31. Ramaine , appaise. 164, 23. Variance, défection. —31. Mettre au retour que, remettre en avant (le point , sur lequel je vous ai questionné).
165, 15. Ms. Vun à Vautre. — 16. Sont manque au ms. — 25. Plus de note que de cliant , locution proverbiale : plus de fond que d'apparence ; cp. p. 191, 1750 : mains de chant que de note. — 29-38. Cette strophe est erronément placée dans le ms." avant les deux précédentes. — 35. N'a manque au ms. — 37. Ms. comme il est.
166 , 14. Dire à pas de linote ne m'est pas clair. — 17. Ms. je le solephie. — 20. Lisez cuer.
167 , 34. A main pote , à gauche. — 35. Chastel sur mote (sur mont) , locution consacrée des chansons de geste , pour château fort. — 37. Escoter avec qqn. , être de sa compagnie. — 3. Au lieu de ce vers , le scribe a mis, par étourderie, le 3« vers de la strophe suivante; heureusementla structure particulière de ces ballades entées sur rondeaux nous permet de réparer cette négligence.— 11. Ms. liray. — 14-15. Le premier se départ signifie se répartit, se divise ; le second, part, disparaît. — 15. S'en manque au ms. — 21. Yray ^ ici fixe, immuable. — 23. Par lespoins de droiture^ d'une manière vraie.
168 , 25. Ms. De clamer mon fait. — 33. Très manque au ms. — 35. Sans faire le papelart, sdi.ns hypocrisie, franchement.— 36. Ms. A mon pour. — 37. Mettre d'une part , mettre de côté, conserver , ici garder dans sa mémoire.— 11. Silences doit signifier ici trêves.
169 , 25. Je ne comprends pas le mot père (déparer). Du reste il y a, pour le fond et l'enchaînement de la pensée, bien des choses dans ces parages du poëme, que je n'ai pas trop visé à pénétrer ou, pour parler le langage de l'auteur, à affbnser. — 37. Ms. de mère ne de mère.
170, 14. Ms. Et la. — 25 Différé , différent. — 33. Ms. origuieux.
— 35. Ms. D'omme nature.
171 , 12. Ms. apparoy. — 14-15. Vers inintelligibles.
172, 13. - Je ne m'occupe pas de savoir si elle l'a mérité. » — 22. Ms. freseil.
173 , 2. Notez ici le tour dominer de qqn. ; cp. 175 ,5.-18 Ms. «ow sou^f. — 174 , 18. Ms. qu^ les.
175, 30. Pourveance revêt ici l'acception d'autorité, puissance.
— 1. Aler parmi , aler au fond, approfondir. — 7. Intencion^ comme souvent , opinion. — 15. Fins riens , de vrais riens , des non-valeurs. Cette acception et cet emploi masculin de rien sont remarquable». 20
176, 1. Voies manque au ms. — La stile (le style), la manière. — 6. Molostru p. malostru , malheureux. — 12. Estre devin , mettre en avant, alflirmer. — 15-16. Mauvaise cheville. -- 25. Au déclins {Vs est une concession à la rime), à la fin, à la parclose. — 28 S'affamer^ se ruiner.
177 , 7. Ms. Sans dotrier.
178, 1. Marchand, adj., à vendre, vénal. — 2. Tien pour tien {tien , impératif de tenir) , locution proverbiale équivalant à : marchandise pour marchandise.
179, 28. Route, rompue. — 29. Approuvé, prouvé. — 2. Congnoissent doit être une faute du ms. ; le sens réclame congneussent.
— Prophesie, prévoyance. — 10. Garder pour, garder de, contre. 180 , 7. Sous la foreelle , locution analogue à sous la mamelle.
Fourcelle vient du bas-latin furcilla^î\iVQ\x\B. , le haut fourché du sternum, et est synonyme de poitrine. — 21. Ms.jaquemme. — Jaquemin dérive de Jaquemes (d'où l'angl. James) , qui , à son toup, répond kJacobus, transformé, par la mutation de & en m (cp. samedi p. sabedi , sabbatis dies), en Jacomus.
181, 5. Ms. Be lui non. — 7. Sans ensonne, sans difficulté. — 8. Assené, établi, épousé. — 23 — 24. Ses dis commandeynens é(\M\vaut à : ses statuts fondamentaux.
182, 24. Ms.par droit p. perdroit. — 28. Ms. Siquens tous. —En tous biens, lisez en tous lieus.— Sonne (p. sogne), a soin, se met en souci.— 2. Assené, dirigé, conduit; voy. le Gloss.— 9. Grâce, bonne
volonté, i=don spontané.
183, 7. Passer, accepter.— 22. Denacion, par droit de naissance.
— 24. Notez les p. leur. — 25. Compasser, examiner, prendre en considération.
184, 3. Par mon recort, comme je Fai dit ci-dessus. — 10. A/îw que a ici le sens détourné " pour peu que >♦. Il en est de même p. 234, V. 13. — 13. Ms. que son feu. — 18. Renarde=renardie , ruse. — 19. hSi.^'hvdi.SQ prophesie ne soit paraît dire : à moins que ce ne soit de la prévoyance, de la prudence. —20. Cufarde, paresseuse ; voy. le Gloss. — 23. Ms. en la mer garde.
185, 6. Ms. en toutes cours. — 14. Le cours, adv., aussitôt.
186, 14. Ms. aies. — 21. Supposer, présumer, espérer. — 1604. Mètre en depos, réserver.
187, 1626. Humain, humble. — 1630. Que manque au ms. — 1637. Penser par souvenir est une redondance d'expression.
188, 1652. Le ms. a clairement escot ; s*il n'y a pas là une faute du scribe pour estoc , nous avons ici une application ancienne du mot écot (=tronc) à ajouter à l'historique de ce mot dans le dictionnaire de Littré. — 1679-80. Otez la virgule après loyauté et mettez un point après espoir.
189, 1684. Voy. p. 73, w. 676-77. — 1692. Ms. Que. — 1696. Ms. que vouloir.
190, 1712. Eslieu p. esleu [esleic, élu). — 1719. Lisez que p. ozi. — 1721. 'En sa veneur^ forme un peu hardie pour en son venir^ en son jeune âge ; cp. v. 1735. — 1744. Vers inintelligible.
191, 1745. Savoir ses pars, connaître son rôle {lut. partes), être capable. — 1749. Nota, remarque, recommandation. — 1750. Cp. pi. h. p. 165, V. 25.— Ms. mam^.— 1754. Ms. qu'on se puet.^Duire, ici dresser, apprivoiser. — 1766. Ms. que Ven lui.
192, 1788*96. Ovide, Met. X, 570 :
Prsemia veloci conjux thalamique dabuntur, Mors pretium tardis ; ea lex certaminis este. —1805. Ms. ne moins .
193, 1829. Ovide, 1. c, 629. Utinam desistere velles.
194, 1853. Cette formule d'affirmation m'ament mon cuer ne m'est pas claire. — 1870. Raeonsuivre, ratteindre. — 1875. Venir au dessus du cours, être vainqueur à la course .
195, 1890. Ms. onques mais. — 1905. Il faut suppléer, devant si grande, le verbe est. — 1911. Ms. par bien am^r.
196 , 1919. Ms. où il a. — 1920. Ms. qui sa mort. — 1943. Autant manque au ms.
197, 1981. Le point qui termine ce vers doit être supprimé.
198, 1989. Par m/x doctrine , par mes conseils. — 1990. Entérine daiuiune grâce , disposée à quelque bonté. Cette acception prêtée à enterin , parfait , entièrement dévoué , sincère , est un peu forcée. -- 1999. Qui = quand on. — 2004. Lisez amiablement, — 2006. Ms. excercer.
199 , 2034. Arte/ice , profession , métier. — 2042. Le mot medicienne est ajouté dans le ms. par une main postérieure.
200, 2053. Us. je père. — 2054. Ms. quant il coynpere.— 2055. Ms. Et se 0 luy maine , vers insuffisant pour le sens et la mesure. — 2062. Passer a deux sens : pour le régime les pas , il signifie traverser ; pour le régime ce à quoy tu penseras , mener à bonne fin.
— 2065. Ms. (Tarbastiers. — 2074. D'yenne ; lisez dyenne et voyez le Glossaire.
201 , 2080. Près (prêts) , capables , aptes. — 2086. Resours , participe passé de resourdre, se relever. —2092. Le ms. a Amowr sans hon , que j'ai ajouté pour compléter le vers ; j'aurais mieux fait de corriger A Amour.
202, 2120. Sur entre vous, p. sur vous ; cp. celui d'entre vous p. celui de vous; cp. v. 2185 , entre vous trois.
204 , 2175-76. Le premier retraites signifie retirées , le second « ayant cessé «. — 2186. Ms. est p. c'est. — 2188. Ms. m'est , p. s'est.
— 2193. Que=cdi.v. — Ert est omis dans le ms.
205, 2215. Ms. Faitez. — 2220. Sachant, sage. — 2226. Ms. bien^ veignant. Cette dernière forme est non-seulement contraire à la rime, mais bienveignier est un verbe actif qui signifie faire le bienvenant. — 2228. Administrer, ici=indiquer. — 2236. Ms. salus.
206, 2239. A M^, il y a là un.. — 2253. En ce, à ce sujet. — 2260. Otez la virgule. — 2262. A manque au ms.
207, 2272. Ms. assez de stille. J'aurais peut-être mieux fait de mettre assez de la stille; cp. p. 176, v. 1. — 2289. Et manque au ms . -— 2298. Ms. ne n'y fusse .
208, 2319. Ms. Quita requeste. —232^.1iVers sauté par le scribe; il appartient sans doute à la période qui le précède.
209, 2340. Ms. N'eusse perdurer. Il faut lire peu p. pu. — 2350-51 . « Et qu'il rédigera le diplôme constatant son engagement. »» Retenance, de retenir, prendre à son service.— 2366. Une espace^ pendant quelque temps.
210 , 2382. Vers sauté dans le ms. — 2398. Ms. Et toutes.
211, 6. Ms. honneur p. Vhonneur. — W.De si bellestre, en si belle position. — 17. Ms. prestre.
212 , 5-6. Le premier sens équivaut , comme dans le 1 refrain de la ballade précédente , à science, sagesse; dans le vers suivant le mot se traduit par intelligence , esprit. — 9. Esclude , Euclide. — 10. EiXde, aide ; voy. le Glossaire.
213, 4 «* Qui puisse l'enlacer dans ses filets [roix, de roit, rets). »♦— 12. Celui que, p. celui à qui , est une négligence de syntaxe qui ne doit pas trop surprendre. — 15. En dangier , en disette. — 17. Ms. qui est.—lY. 5. Ms. fortune ne père.— Père, àQ parer, qui a ici et V. 23, le sens figuré de « faire briller dans le monde, mettre en stime. »
214 , 14. Le I mot brie f est sauté dans le ms. — 21. Ms. U fait. — 23. On trouve dans le ms. : Sens qui me aim et père. — 25. « S'il (mon compôre) me vante Fortune. «
215, 20. Ms. courrorj. — 23-24. Vers obscurs. -- VI , 3. Ms. qu'il y a fait bon point.
216, 4. Ms. ^^ p. 0^ — 21. Dire Zd poin^ , faire dans ce cas la moindre réplique. — 15. Ms. li vers. — 19. Ms. Ouul sages.
217 , 27-28. Construisez : Pour mettre homme en voie de désolacion.
218, 18 Soit manque au ms. — 22. Ms. pour ses fais. — 26. Tesmoing d^, j'en témoigne de, j'en appelle à.— 9 Toult (toUit), enlève.
220 , 25. Lisez et p. st. — 28. Dit est sauté dans le ms. — 6. Ms. qu£ tant.
221 , 16. Sansldeporter , sans ménagement , impitoyablement. ~ 25. « C'est à condition que... »» — 27. « Et aussi parce qu'il cherche a acquérir. «
222, 26. Contens , disputes. — 29. Fns équivaut ici â y. — 5. Bien que lui soit souvent employé p. li , au féminin comme au masculin , la rime recommande ici de corriger jpar li est ce.
223 , 17. Ms. Si sagement. — 7-8. Ces vers se présentent ainsi dans le ms. : Ja se vie quen pou despasse Elle en a avec une reproche. J'espère avoir bien rencontré en les redressant. — 14. Jeter un os à qqn. , pour « lui lancer un sarcasme», est une curieuse expression.
224, 18. Sans rieule ne m'est pas clair. — Ms. enbroche pour on broche; le verbe brocher a ici la valeur que nous donnons à brocarder.
225 , 19. Same , p. sème ; Ye changé en a devant m se retrouve dans famé (femme) de femina (fœmina). — 23. Ms. Qui n"a. — 2. De dissolution^ désordonnéement.— 3. Par Twoî'en n'est pas clair; médiatement ? — 5. Naturien , naturaliste.
226, 19. Divers, mauvais. — 21. Ou est pléonastique; il rend l'idée : autrement, sans cela.— 22. Condicion, manière d'être et de faire. — 3. Demander , demander raison.
227 , 27. N'y avoir que comparer , être innocent.
228, 5. Perdi chastoi , rendit son éducation sans effet. — 22. « S'il est soutenu , protégé par Raison. - — 23. Briefment , ici , comme souvent , vraiment.
302 NOTES ET RECTIFICATIOMS.
2 29, 5. Introduciony instruction. — 24. Conjoïr qqn. de qqch., ici tout simplement , donner qqch. à qqn.
231 , 27. Ms. Congnoistre seûre. — 14. Brois manque au ms.
232 , 18. De tous bons cuers. — 19. Ms. Le parfait sens.^l. Une paire, cp. p. 17, v. 547.
233 , 15. Ms. Et en tous leurs fais. — 24. Contra , contraste.
— Regnàble , régnant. Voir aussi 240 , 25.
234, 6. Ms. Car ce vice. — 12. Ms. adiction. Il faut adicion= addition , ajoute ; cp. p. 183, v. 11. — 13. Afin que , pour autant que, cp. 184, 10. -- 16. Vertueux vérités semble être dit p. vertus véritables.
235, 33. Administracion y suggestion, conseil, cp. 240, 28. — 21. « De tous vos moyens. »
236 , 25. Peut-être faut-il corriger mains (maints vices) tenus* — 2. Desirez , désirable.
237 , 4. Engien , esprit.
238 , 17. Avec engien agu revient à dire : pour un esprit sagace.
— 22. Assembler, lutter, faire opposition. — 26. Et manque au ms.
— 1. Le commencement de la ballade continue la dernière phrase de celle qui précède. — 2. Disserner (discerner), démêler. — 3-4. Se mettre ens ou recort de , s'en, remettre au dire de.
239 , 22. Ms. Déport.— 2Z. Attendre, rendre hommage, servir. — 28. Semonse, avertie (de semondre) ; ms. semonce. — 2. Ms. La response. — 8. Audicion, autorité.
240 ,23. Se tenir à bregier (berger) doit signifier : faire preuve de sottise. — 24. Ms. Et me dist. — 25. Regnàble n'est pas ici le même mot que nous avons relevé ci-dessus (233 , 24), mais une variété , fréquemment usitée , de resnable , raisonnable. — 5. Ms. lepary. — 6. Ms. par parfaitement»
241 , 25. Onubli , obscurci , troublé.
242 , 29. Regreter , appeler en aide. — • 12. Société , communauté d'opinion, accord.
243 , 19 Ms. ne soit rendu. — 26-27. Ce veû que , en considération de ce que.
244 , 27. Je soupçonne qu'il faut lire de moy. — 6. Divers argus , opinions fausses. — 10. Ms. qu'elle vit.
245, 16. Vers obscur. — 19. Bien manque au ms. — 24. Dangier, sujétion. — 6. Esploit , action.
LE T UÉSOR Ki LRËLX. 503
246 , 19. Ms. jà n'avenroii. — 20 Ms. Se ma seur. — 25. Meurginé , établi , existant.
247 , 16. •« Et de services désordonnés. »» — 12. Faire ouverture de vérité , découvrir la vérité.
248 , 4. Sans chastoy , agissant sans impulsion étrangère, spontanément.
249, 24. Sans faveur , franchement. — 27. Ms. Qu'au ceulz où as plus le ciicr. — 2. Mcrancolier , se jeter dans le malheur imerancolie).
250, Bail. XXXVllI, 23. Raitoier , voy. le Gloss. — XXXIX, 4. Tiroir , corde pour fermer une porte. — 6-7. « Avant qu'il se fût passé beaucoup de temps. »» — 10. Climêne, mère de Phaéton.
— Phebon , forme régime de Phebus, — 13. Ms. hàbandon. — XL, 2. Repust^ de répondre^ cacher, ici mettre en sûreté. Discret tetnent^ habilement.
251 , 9. Ms. Acheton. — 17. Cette troisième strophe fait allusion aux deux papes qui se disputent le gouvernement de l'Église. — 1. Moralité^ allégorie.
252, 14. Espérer une pensée a ici la valeur de caresser un projet.
— 16. En cas de , pour cause de. •— 18. Pour sçavoir, pour faire savoir. — 24. Flatoire , flatteuse. — 6. Ses se rapporte à monde.
253 , 10. Ms. n'y a secours. — 15. Le premier ne est, dans le ms. » mis en surcharge par une autre main. — 17. Ms. qu£. — 19. Ms. en ou, — 23. En briefy par écrit. — 28. Ms. seront. — 6-8. Cette phrase est mal construite ; cil reste sans corrélatif. « Celui-là s'efforce vainement et est indigne de reprocher à autrui un vice , qui en est lui-même entaché » ; voilà ce que l'auteur voulait dire. Manifester qqn. d'un vice, l'en déclarer coupable, est une singulière tournure.
254, 27. Augmenter, comme aicctorisier, célébrer, vanter.
255, 11. Ms. raimont.— 13. Bonne, limite. — 15. Pasimoinne est, sans doute, une forme estropiée de parcimonie. — 18. Vers incomplet et d'un sens impénétrable pour moi.
256 , 2413. Sophimes , sophismes.
257 , 2462. Il faut ne pas perdre de vue que dans le langage de l'auteur humilité, humble, humilier expriment la bienveillance, la débonnaireté. — 2465. Bonne grâce ^ prospérité; au v. suiv. estre en grâce , être bien vu , considéré.
258, 2484. Suppléez qui après Et. — 2504. Fors manque au ms.
259, 2512. Ms. et du présent. — 2514. Deviser, souhaiter. — 2525.
Mettre,=meiiTe sus, mettre à charge. — 2531. Uosnubleray/^Q le rendrai aveugle , je ferai en sorte qu'il ne pourra me voir. 260 , 2548. M^.je le vous.
261 , 2582. Ms. Mais ty parles. — 2590. Tassez^ foulé , anéanti.
262 , 2636. Et manque au ms. — 2638. Ms- Que tous.
263 , 2642. Dosnoi , qui d'ordinaire signifie plaisir amoureux , pourrait bien avoir ici le sens de puissance ; on sait que le mot donoi {Vs dans dosnoy est epenthétique) est le substantif du verbe donoier, qui répond au prov. domneiar^ dont le radical est dominus. — Les acceptions erotiques de donoyer remontent , me sem* ble-t-il , à celle de subjuguer (une femme). — 2670. Ms. Que tant.
264 , 2680. Ms. dommage esté. — 2692. Ms. ton cuer. — 2695. Raparler, apostropher, maltraiter de paroles.— 2702. J'ai laissé ce vers tel que je le trouve ; il m*est impossible de lui arracher un sens et de le redresser.
265, 2720. Ms. le plus letré. — 2728. Geter son gage, jeter le gant.
266, 2743. Ms. vous le faitez. — 2752. Une variété de ce proverbe est : « Plus près m'est char que ma chemise. »• — 2765. Entour , environ, à peu près.
267 , 2772. Ms. elle mist. — 2774. Ms. sout tachier. — 2792. Voy. pi. h. p. 245, Ballade XXXIV, v. 5-6. — 2800. Séparée, différente , opposée.
268 , 2802. Ms. esmay. — 2814. Ms. esperit. — 2827-8. Ms. recrée , crée. — 2829. Ms. De p. Se.
269 , 2855. Il faut sous-entendre celui {Vestat) après excepté.
271, 2904. Yoire ou, ou du moins. — 2911. Compasser, ici manifester ; acception déduite de celle de créer , produire. — 2919. Ms. Se vous courciez. — 2926. Mescroire qqn., le soupçonner à tort.
272 , 2945. Le ms. porte : Je te donne congie et fay suspens.
— 2946 A telz despens n'est pas clair.
275 , 3026. Faire l'adresse— adrecier, établir.— 3041. Ms. fondés.
— 3047. Ms. S'en.
276, 3061. A manque au ms. — 3073. Sa mérite, le mérite (récompense) de qui ?
277 , 3078. Ms. Aounier ; j'ai corrigé de mon mieux.
278 , 3119. Le copiste commence ici un nouveau paragraphe , introduit par une lettrine; c'est évidemment une erreur.— 3120. Ms. mettoient.
279 , 3138. Ms. ceuîz p. cilz. — 3153. Ms. que bien souvint.
280, 3169. Ms. nous nous soubmeismes.—ZVJ9. Dix vers, c.-à.-d. couplettes de vers , ce qui fait vingt vers. ~ 3185. Selon l'usage de l'auteur et du temps (cp. p. 48 , v. 1630) , il faudrait je leur suppîi.
281, 3190. Distribuer est pris ici dans le sens d'examiner un à un. — Dans l'explicit, le ms. porte complètes au lieu de coupletes.
GLOSSAIRE
Observation. — Le chiffre romain marque le tome ; le premier chiffre arabe, la page ; le second, le vers. L'absence d'un chiffre romain dans une citation , quand celle-ci est isolée ou précède celles des tomes II ou III , indique qu'il s'agit du tome premier.
Abandon (en) , à discrétion , sans réserve 170 2827; II, 52 1772; en abondance 126 1355 ; II, 182
Abandonné ^ uns abandonnés ouvrages, une œuvre de folie 196
Abeliir, éprouver une sensation agréable ; dont tout le corps m'en ahelli 105 624.
AbeAtler («'), s'avilir II, 3 Si.
AbllKer , rendre able (habile) ; perfectionner , affermir, exercer II , 2 52; 48 1629; donner de l'assurance II, 89 2985; réû., se for-
tifier, s'aguerrir II , 5 127 ; 175 453. — Abilelé, faculté 98 403.
Abiller, préparer; Pynoteûs ses sors abille 264 1518.
Ablt, costume, accoutrement II, 319 31 (syn. de vesteure); contenance, attitude II, 202 256.
Abic (la vraie forme française du latin habilis) , convenable , apte , parfait, accompli , de bonnes manières 15 481 ; 201 3870 ; III .
71 614; 72655 {esbatemens ables); expert, habile 252 1180; ablement, facilement III , 78 27.
Abondance {d'), en grand nombre,
GLOSSAIRE
39 1286 ; avec effusion , sans réserve , de tout cœur 213 138 ; largement II , 361 11 ; oultre abondance , ineffable II , 328 56 {sa beauté oultre ab.)
Abondant (d'), fortement, de grand cœur 332 143 ; II, 336 36.
Abouti, II, 368 13 : aboutis et sommilleus ; sens douteux : qui est à bout de ses forces, énervé ?
Abril, voy. arbril.
Absenter (s'), s'éloigner, se tenir à l'écart 39 1301.
Abstenir, retenir (les chevaux), 27-4 1863 ; empêcher 553 196 ; sans plus d'abstenir , sans tarder 112
Abus , émerveillé , ébahi , II , 41 1381 ; 111 3736.
Abuser, actif, tromper, illusionner 111,33 1151; 37 1233; neutre, se faire illusion II , 338 31 : Ensi cuidiers (présomption) fait abuser cuidans ; III , 22 712 {Et maint saige en ont abusé) ; ib. 29 930 ; s'abuser^ se tromper 192 3361; III, 33 1094.
Abusion, déception, désillusion H, 28 923 ; trouble , épouvante 263
Abuvré ( abreuvé ) , expert 323 prose 1. 19 : abuvrés en tels œuvres.
Accueil, voy. le mot suiv.
Accueillir, prendre, saisir ; apercevoir (saisir des yeux), II, 69 2348 ; 97 3270 ; p. escueillir, II , 66 1246, lancer (le lévrier) ; s'accueil-
lir à , commencer (cp. se prendre à), II, 71 2437. — Subst. accueil* 1. assaut, attaque, II, 239 90 ; 275 201 ; — 2. attrait , charme , grâce (d'ord.6eiacwei7) II, 239 91.
Accuser, inciter, exhorter 210
Acemé ( p. acesmé)^ paré II , 321
Acertes , sérieusement , avec instance 346, prose, l. 13.
Acointance , 1. action d'entrer en relations 115 972; — 2. amabilité dans l'abord, affabilité 99 408; 1913337.
Acconipagnler, rassembler, réunir III, 24 766 ; compagnie bien acompagnie , société bien composée , expression fréquente, 223 416; II, 163 2^.1 S'accompagnier à qqn., s'associer à lui , se mettre de sa compagnie.
4^con(e (faire) de=faire conte ^ faille cas de III, 2141.
Aconter , avoir égard à , faire cas de , tenir compte de 101 493 et
Acort , jugement , avis , par nostre acortZi 117.
Acoster qqn. de qqn. , lui donner qqn. pour compagnon II, 191 1012 {Je vous acoste de Loyauté).
Acoulln, rigole, égoût? 91 157.
A.couvrlr, forme extensive de couvrir, II, 319 30.
Acquerre 5 passé défini ocqueri^ II, 157 3287.
Acroire, emprunter, II, 133 5171.
AeiloB, manière d'agir, procédé
Adasnlrr , adaignier^ juger digne 8iH02; 245, 7; II, 212 i08 (qui de s'amour ne le voelt adagnier) ; favoriser, estimer 216 162; II, 199 153. C'est le contraire de desdaignier.
Adaler, 143 1920; 331 3572. Ce verbe que nous rencontrons aussi dans les Chroniques (t. III, p. 8i), paraît signiGer envahir , assaillir.
Il se trouve, sans citation, dans Roquefort, avec la traduction « mettre en colère », qui ne convient à aucun des deux passages cités de Froissart. Hécart le donne également et l'interprète par « agacer , vexer , tourmenter. Ne c< se trouve que dans les anciens « écrits. Cotgrave rend adayer « par provoke. » Dans le passage cité des Chroniques il est associé à herier. Je ne me rends pas compte de l'étymologie du mot, à moins de l'adjoindre aux cas assez rares de la syncope d'un s médial.
Adaier serait p. adeser (adhaesare), comme maion p. maison , toion p.
toison (formes citées par Bouille comme usitées dans le dialecte de Boulogne) ; cp. en provençal :
bayar^ p. haysar , preio p. preiso (prison).
Adeser (ind. prés. 3« pers. adoise) , faire toucher, poser 107 703 {Sa main dessus le livre adoise). Adeiilrer, accompagne 25 837.
Adeviner , faire des suppositions 112 892 ; III , 96 31. — Adevinal (plur. adeviniaus)y énigme, charade 93 223.
Adiclon (addition) ;y mètre adicion faire une réserve, III , 183 11 ; 234, 12.
Adiré, avertir, semondre, exhorter, II, 126 4244; 128 4318.
Adlt (nom. sg. adis), interdit, troublé, ép-^rdu, 11,22 739 ; 37 1925.
AdminlAtraelon , impulsion , suggestion , conseil III ,82 17 ; 235 33; 240 25. L'acception impulsion du cœur dégage celle de désir, envie, ib. 167 16; celle de conseil , d'autre part , explique le sens d'enseignement, exposé, que je trouve au mot ib. 280 3163 :
Comment Cognoissance au cler vis Me fUt administracion De ceulz de son estracion.
Administrer, voy. aministrer.
Adoise, voy. adeser.
Adonner , donner lieu à, prêter à 108 725. (En un lieu qui adonnait rire, en un passage qui donnait à rire); permettre, comporter 48 1613 [Je vous ferai un chapelet., telquel'adotine la saisons) ; II, 151 5083. Il faudrait peut-être II , 123 4170 plutôt Tadonne que le donne.
Adoucler , adoucir ; adoucera , II, 412 LVI ; adoucies les. Il , 4U Adreee, chemin, voie ; accès, entrée
Adrecler, actif,=avoter, mettre sur
GLOSSAIRE
la voie , acheminer , aider 64 402 ; neutre , porter remède lî , 228 265 {et du default.. volentiers y adrecerai ) ; arriver k bout de , réussir dans II 103 3484 {il saura mieux adrecier à ma besogne); venir à bout II, 46 1551 {il n'est rien de quoi on n'adrece) ; atteindre à III, 13 416.
Adrecié {bien) , bien fait, bien construit III, 54 56.
Advertir, tourner à III, 71 624 (Qu'il veuille ton songe en un advertirA toute honneur et convertir).
Aé, vie , durée de la vie 351 101.
Aeiirc, ind. prés. 3« pers. sg. de aourer^ adorer 270 1749.
Affaire , masc. , situation , état 78 892; mode d'agir, procédé 60 248 ; 97 360 ; intérêt , but , par quel a faire (dans quel but) II, 149 5019 ; avoir a faire de, avoir besoin 71 646 ; III, 72 627.
Affamer (s'), se dénuer, se dépouiller III, 224 3 {Qui Nature diffame.
De bon renom s'affame). — Affamer, actif, anéantir, rendre sans effet III, 112 16.
Affection, disposition, volonté, tendance 12 366 {d'affection amoureuse) ; 1^1 l^;U, 61 2066.
Affectueus , empressé II , 191 1008 ; adverbe , instamment 155 2329 {et te pri très affectueus).
Afferir, verbe impers, (ind. prés, il affiert), appartenir, convenir, être dû 11,405, XXXI; III, 74 711.
— Réfl., être comparable II, 106
3579 (à ma douleur n'est mal qui s'affierc). — Le verbe affiert III, 72 655 signifle apporte et reproduit le latin affert de afferre.
Affctic de , mêlé de, assaisonné , 285 2193.
Affiancc, promesse 296 2538.
Afflcher (s') , se promettre , se proposer avec fermeté 150 2154.
Alllii (affinis), allié III , 13 472 {Qu'il puist estre d'Amours affin).