‹ Œuvres poétiques.Chapitre 101 sur 235 · LA PIPE · texte numérisé non relu

LA PIPE

La Mort, aux champs d'Aï ma, vit une pipe à terre ; La bouffonne , aussitôt , la porte entre ses dents : « De cet arcane humain pénétrons le mystère ; Leur démon familier serait-il là dedans ? »

Elle dit. Et son ongle avive le cratère D'où monte la fumée aux arômes mordants ; Et voici qu'en tumulte , autour du crâne austère , Tourbillonne l'essaim des vertiges ardents.

Feux intimes du cœur, de l'argile échauffée Un effluve de vous sort à chaque bouffée ! La Mort fume et se grise, et rêve qu'elle dort.

Une clarté céleste inonde ses ténèbres ,

Et l'on dit qu'en extase , agitant ses vertèbres ,

La Mort gaîment cria : « Mensonge que la mort ! »

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