‹ Œuvres poétiques.Chapitre 124 sur 235 · GULA · texte numérisé non relu

GULA

Fi! quelle heure prends-ta pour lui crier famine,

Lazare ? mais ce riche est fort préoccupé !

Le matin? — mais à peine il quitte le soupe,

Dans le jour? — mais il mange. Et le soir? — mais il dîne.

Plus dé moelle au cerveau, de cœur dans la poitrine ; Le ventre est roi partout, il a tout usurpé ; Alambic incessant, par l'alcool sapé, Ce riche ne vit pas, ô Lazare ! — il rumine !

Demain verra l'artère éclater sous le sang, Et l'auguste pourceau mourir, en vomissant L'âme, comme un fœtus ignoré dans sa panse.

Lazare, qu'attends-tu? l'aumône? — Arrière enfin.

Gueux plus riche que lui d'une étemelle faim.

D'un grand cœur, d'un sang calme, et d'un cerveau qui pense!

l'hydre aux sept têtes. 149

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