‹ Œuvres poétiques.Chapitre 135 sur 235 · L'ARGENT · texte numérisé non relu

L'ARGENT

1 riste Phœbé, soleil des amours ennuyés, Un joaillier de malheur a fait ton diadème.

Quels dégoûts Tubalcain avait-il essuyés, Le jour où de Fargent il f imposa Femblème ?

Quand tu flottes aux cieux, mélancolique et blême, Comme une têta exsangue aux regards dévoyés, Tu verses tes rayons en faisceaux monnayés, Ton orbe est effigie ; et c'est par là qu'on t'aime.

Le rusé paysan te prend pour témoin sûr

Des écus épargnés qu'il cache au pied d'un mur:

Sa fille, à ton flambeau, pour une pièce blanche ,

Vend son corps, chaque soir, au plaisir libertin ; Et du voleur de nuit la main, par toi plus franche, Force sans bruit le coffre au murmure argentin.

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