‹ Œuvres poétiques.Chapitre 136 sur 235 · LE MERCURE · texte numérisé non relu

LE MERCURE

La couleuvre raillait Eve, d'Éden chassée.

Du bout du glaive ardent PAnge piqua son dos :

En livides filons une bave glacée

Découla du flanc noir qui ne s'est jamais clos.

Pleure, ô Terre , la tache à ton beau front laissée ! Le virus métallique a pénétré tes os, Et Fétrange poison f envahit sans repos, Excoriant ta chair, engluant ta pensée !

Volupté ! le serpent blessé savait comment

Tu mettrais dans les corps la fièvre en mouvement.

Par toi, le sang hésite aux artères oisives ;

Du génie énervé se fige le cerveau ;

Et la Psyché lépreuse, un pied dans le tombeau,

Pose au front de P Amour des lèvres cor rosi ves.

l66 LES MÉTAUX.

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