LE MERCURE
La couleuvre raillait Eve, d'Éden chassée.
Du bout du glaive ardent PAnge piqua son dos :
En livides filons une bave glacée
Découla du flanc noir qui ne s'est jamais clos.
Pleure, ô Terre , la tache à ton beau front laissée ! Le virus métallique a pénétré tes os, Et Fétrange poison f envahit sans repos, Excoriant ta chair, engluant ta pensée !
Volupté ! le serpent blessé savait comment
Tu mettrais dans les corps la fièvre en mouvement.
Par toi, le sang hésite aux artères oisives ;
Du génie énervé se fige le cerveau ;
Et la Psyché lépreuse, un pied dans le tombeau,
Pose au front de P Amour des lèvres cor rosi ves.
l66 LES MÉTAUX.