‹ Œuvres poétiques.Chapitre 161 sur 235 · LA MÈRE · texte numérisé non relu

LA MÈRE

C^uand la Mort vient frapper un enfant adoré, Sa main, du même coup, fait la maison maudite, Les serviteurs muets, la famille interdite.

L'aïeul inconsolable, et le père éploré.

On condamne à la nuit, comme un tombeau muré, La chambre des adieux où plus rien ne s'agite. Où Pair jaunit le cierge et sèche Peau bénite. Où le lit garde en creux les traits du corps pleuré.

Mais à la porte close et dont le gond se rouille, Une ombre souvent passe et longtemps s'agenouille, L'œil collé sur la fente où glisse un jour moqueur.

C'est la mère !... Son corps est d'un spectre, et son cœur Gît, stoïque amputé que sa souffrance enivre. Oubliant de mourir, et dédaignant de vivre.

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