‹ Œuvres poétiques.Chapitre 17 sur 235 · LA-BAS · texte numérisé non relu

LA-BAS

Uans mon cœur indolent, prompt à se dessécher Le souvenir d'hier laisse une trace à peine ; Mais de ses bords lointains l'enfance me ramène Un souvenir dont rien ne peut me détacher.

Paysage naïf, que j'aime à t'ébaucher !

Rends-moi ma sœur de lait, la brune Madeleine, Et tous nos biens à deux, boutons d'or dans la plaine. Nids chanteurs dans les bois, feux au coin du rocher;

Et son beau taureau blanc, et Néra ma génisse, Fiers lutins qui souvent, trompant notre œil novice. S'égaraient par les blés qu'avait dorés Juillet ;

Et ce calme enivrant dos blondes nuits sans voiles Quand , sa main dans ma main, nous rêvions aux étoiles Sur le seuil de la ferme où l'âtre pétillait.

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