‹ Œuvres poétiques.Chapitre 171 sur 235 · LA BELLE-MÈRE · texte numérisé non relu

LA BELLE-MÈRE

La Vie est belle encore en sa grâce éphémère y Si belle, qu'on voudrait, tout un siècle, en ses bras Épuiser à longs traits, sans être jamais las, Le sein voluptueux de la douce Chimère.

Ce qui la déprécie et nous la rend amère, C'est ce monstre hideux qui la suit pas à pas, Incessant espion, sinistre belle-mère, Dont Fœil terne et jaloux s'impose à nos ébats ;

Qui gourmande aigrement ; dont le front qui sourcille Fait passer de l'humeur sur le front de sa fille. Nous gâte son amour, nous glace son transport ;

Qui s'incarne si bien dans tout ce qu'elle touche, Qu'en embrassant la Vie on trouve sur sa bouche L'horrible embrassement de sa mère la Mort !

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