LA BELLE-MÈRE
La Vie est belle encore en sa grâce éphémère y Si belle, qu'on voudrait, tout un siècle, en ses bras Épuiser à longs traits, sans être jamais las, Le sein voluptueux de la douce Chimère.
Ce qui la déprécie et nous la rend amère, C'est ce monstre hideux qui la suit pas à pas, Incessant espion, sinistre belle-mère, Dont Fœil terne et jaloux s'impose à nos ébats ;
Qui gourmande aigrement ; dont le front qui sourcille Fait passer de l'humeur sur le front de sa fille. Nous gâte son amour, nous glace son transport ;
Qui s'incarne si bien dans tout ce qu'elle touche, Qu'en embrassant la Vie on trouve sur sa bouche L'horrible embrassement de sa mère la Mort !