‹ Œuvres poétiques.Chapitre 174 sur 235 · LES QUATRE PLANCHES · texte numérisé non relu

LES QUATRE PLANCHES

L'Amour avait scié quatre planches d'un chêne. Vient une mère : « Ami, je voudrais un berceau, Mais un berceau mignon, pour cet Amour nouveau Dont tu seras parrain, par grâce souveraine. »

Une vierge s'avance avec son jouvenceau :

« Je Pépouse, dit-elle, à la rose prochaine ; Ami, par un baiser je te pairai ta peine Si de mon lit d'hymen tu fais un vrai joyau. »

Passe un vieillard : « Ami , j'ai de l'or en réserve ; Le veux-tu? Construis-moi, d'un bois qui se conserve. Le logis que tu sais pour ce corps importun. »

(( Marché fait ! dit le Dieu, riant dans ses dents blanches. Berceau, lit nuptial et cercueil, c'est tout un : Je vais leur assembler gaîment ces quatre planches. »

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