LINEA
Lt6 poëme infini des plaisirs, des douleurs, Se lit dans une ligne, et Dieu fit, pour l'écrire, L'arc moelleux de la lèvre où se tend le sourire, Et la courbe de Pœil d'où jaillissent les pleurs.
Même contour frémit, même ellipse respire Dans le galbe ondoyant des vierges et des fleurs. La Beauté n'est qu'un rhythme aux changeantes valeurs ; L'Idéal, c'est le chant; la Forme, c'est la lyre.
Du type éblouissant dont s'enivrent mes yeux Je m'efforce à fixer quelques traits gracieux ; Â genoux je t'épelle, ô splendide poëme!
On dit tes mots obscurs, on dit ton sens f^tal ; Mais j'y vois par le cœur, translucide cristal , Et j'ai touché la clef de tout savoir : Je t'aime!
PUELLA
rendant des jours, des nuits, des semaines, des mois, Le sculpteur a pétri sa maquette ébauchée ; Mais I^argile, à merci touchée et retouchée, Reste lourde, guindée et gauche entre ses doigts.
Son jeune apprenti rit de sa mine fâchée. — « Maître ! si j'essayais ! dit-il d'un air narquois : La poupée est mon fort, j'en ai fait maintes fois. J'ai même à cet endroit une vertu cachée. »
Il dit, la prend; soudain, les yeux de resplendir.
Le corps de s'effiler, le sein de s'arrondir.
Et le cœur de vibrer. — a Vois, maître! cette argile
S'est transformée et vit ! » — Sur quoi, la lui rendant : ^«Je suis l'Amour ; adieu ! Garde-la d'accident, Car la chose est sans prix, et la pâte est fragile . »
2l6 FIGULINES.