‹ Œuvres poétiques.Chapitre 208 sur 235 · L'ESPRIT EST PROMPT · texte numérisé non relu

L'ESPRIT EST PROMPT

L'esprit est prompt, la chair fragile.

O cœur plein de témérité, Que de fois as-tu contesté Cette sentence d^ Évangile?

Et cependant, vase d'argile.

Quel amour as-tu cimenté, Qui n'ait, par un coin mal luté, Fui bientôt comme une onde agile ?

Liens éternels, jougs si doux.

Est-ce à dessein que Dieu jaloux Suscite, en l'humaine existence.

L'ennui pour vous multiplier.

Pour vous dénouer la distance.

Et le temps pour vous oublier?

DIGRESSIO

jLes pieds sur les chenets paternels, près de Fâtre Où sont rangés en rond ses fils, le cou tendu. Le vieux conteur s'embrouille en un récit ardu Qui chevauche à l'église et s'abat au théâtre.

Il dit Job le croyant et Brahma l'idolâtre,

La Gaule aux cheveux d'or, la Chine à l'œil fendu.

Passe de Béatrice à Frétillon folâtre

Et de la République au Paradis perdu.

Plus d'un enfant sourit dans sa lèvre maligne; Mais leur mère s'attriste, et, leur faisant un signe : « Chut ! même en ses travers, respect au noble aïeul !

Dieu sans doute au vieillard permet cette faconde Pour Jui faire penser que sa tête est un monde. Et qu'emportant un monde, il ne mourra pas seul . »

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