‹ Œuvres poétiques.Chapitre 211 sur 235 · CE QUI BLANCHIT LA TEMPE · texte numérisé non relu

CE QUI BLANCHIT LA TEMPE

v^e qui blanchit la tempe et nous fait vieux^ Ce qui nous donne avant le temps l'air grave, Ce n'e«t pas Page ; — et tout homme le brave Qui vit naïf comme ses bons aïeux. —

C'est le connu dont nous traînons l'épave, Sombre ex-voto, supplice de nos yeux, Toujours plus lourd, comme un poids odieux Rivé de près aux jambes d'un esclave.

Savoir, c'est être en travail d'expier.

L'expérience est cette morne lande Qu'Adam défriche, éternel pionnier.

Le doute y croît comme une herbe gourmande ; Le sol est fait de cendre ; il ne s'amende Qu'au prix du cœur devenu son fumiec.

DRRNIERS SONNETS. 2(^3

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