‹ Œuvres poétiques.Chapitre 212 sur 235 · ENTRE L'ANE ET LE BŒUF · texte numérisé non relu

ENTRE L'ANE ET LE BŒUF

JbntreHâne et le bœuf, commensaux de sa crèche, L'enfant-Dieu souriait au monde à son lever, Rois, mages et pasteurs se hâtaient d'arriver, Une comète au ciel courait, ardente flèche;

Et les anges dans Pair chantaient d'une voix fraîche : « Gloire à l'Agneau d'amour venu pour tout sauver ! » Or, les deux animaux se prirent à rêver.

Et dans leurs grands yeux doux des pleurs se firent brèche.

L'âne dit : « La rançon n'est pas faite pour mot :

Lorsqu'à Jérusalem je mènerai ce roi.

Le fouet ni plus ni moins cinglera ma chair vive. »

Le bœuf dit : « Mon destin n'en sera pas changé : A Cana, pour f6ter dignement ce convive, On fera chère-lie, — et je serai mangé. »

Page 1