UN MORCEAU D'ARCHÉOLOGIE
V^uittez le blanc dortoir , filles du lieu céleste ; Comme abeilles aux fleurs , bourdonnez au jardin. Approchez^ et voyez ! de l'Olympe mondain La bêche a mis au jour un vestige funeste.
— w Quoi ! cet adolescent au regard un peu leste, A la molle attitude, au sourire badin? »
— « Armez-vous de cailloux, et le brisez soudain ! Sus au païen sans honte, à l'Amour immodeste ! »
— •« Pitié ! nous en ferons un bel ange gardien ! A ce dos arrondi des ailes siéront bien ;
Un rosaire tiendra ses deux mains enchaînées. »
, — « Ah I ce marbre est de chair, cette chair est de feu ; L'hypocrite ! il feindra de se vouer à Dieu , Et sans en faire un saint vous vous serez damnées ! »
xxin L'ÉPOUVANTAIL
Oous son coquet chapeau de paille d'Italie, Dès qu'elle se montrait, les moineaux, fol essaim, S'en venaient picorer , dans le creux de sa main , La cerise pour eux sur la branche cueillie.
Jamais cour plus fidèle et reine plus jolie !
La reine avait grand cœur ; sa cour avait grand'faim.
L'avare jardinier maugréait; mais en vain
Il rêvait d'en finir avec cette folie.
Elle est morte. Un matin , le méchant jardinier Du chapeau de l'enfant coiffe le cerisier.
Comme un épouvantail contre la gourmandise.
Artifice trompeur! les oiseaux familiers.
Pensant revoir leur sœur, accourent par milliers. Le cerisier, le soir, n'eut plus une cerise.