UN SOIR, APRES L'AGAPE
U n soir, après Pagape où le cœur fraternise, Jean l'apôtre chéri pour son grand cœur aimant, Suf le sein de Jésus s'endormit doucement, Et chacun d'admirer cette candeur soumise.
Maint disciple^ à part lui, songeait en ce moment : u Du maître à son insu la bouche s'est méprise Lorsqu'à Pierre il a dit : Sois la pierre d'assise Qui soutiendra sans fin mon divin monument.
Sa foi dans celui-ci serait bien mieux placée ! »
— Or, Jésus dit, voyant leur secrète pensée :
u Qui gouverne le corps, du cœur ou du cerveau ?
Voit-on les loups cruels menés par un agneau?
Mes agneaux sont des loups ; et seul peut'bien les paître,
Qui sait frapper du glaive et renier son maître. »