‹ Œuvres poétiques.Chapitre 38 sur 235 · FLORES · texte numérisé non relu

FLORES

il aimait une enfant; c'était folie à taire, Mais ses soupirs parlaient. — Il avait soixante ans; Elle y à peine dix-huit. Un matin de printemps , Pour elle il butinait les primeurs du parterre.

Sur les pas de Penfant mutine et volontaire, C'était pitié de voir cet homme à cheveux blancs Voltiger, lourd phalène, et ses genoux tremblants Dans d'allègres efforts se ployer jusqu'à terre.

Que de rameaux coupés ! c'était deuil au jardin.

Pour l'Eve adolescente il eût fauché l'Éden.

Mais tout bouton qu'il offre, un doigt malin l'eflfeuille ;

Et P espiègle, riant des débris qu'elle a faits, Lui dit : « Laisse ton cœur et tes rosiers en paix , La fleur perd son parfum dès que l'Hiver la cueille. »

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