‹ Œuvres poétiques.Chapitre 75 sur 235 · A JULES NORIAC · texte numérisé non relu

A JULES NORIAC

(Imité de l'allemand de L. Wihl)

1 on livre est un miroir dont Téclat redoutable Donne à l'humanité 'le singulier pouvoir De porter sur soi-même un verdict implacable ; Où blanche elle voit blanc, où noire elle voit noir.

Sage ou fou, qui pourrait sans honte et désespoir Contempler, au vieux front du Siècle vénérable , L'oreille de Midas , le grand sot de la Fable , Poussant toujours plus longue et plus ignoble à voir?

Certe, il est peint au vif dans la Bêtise humaine Ce monde où notre sens trébuche à tous' les pas, Qu'il soit pris de tendresse ou possédé de haine !

Quelque chose pourtant est logique ici-bas :

C'est l'Amour qui, fidèle, en ce chaos nous mène, Sans doute justement parce qu'il n'y voit pas.

94 éPHÉMÈRES.

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