PEAU-D'ANE
J'avais pris une Idée au voL, et, la couvrant I^un axiome neuf, un peu lourd pour son aile, J'allais en faire hommage au siècle indifférent; Mais, pensai-je, à quoi bon ? cette Idée est si frêle j
— <( Ne m'abandonne pas ! dit l'Idée en pleurant. Je fus un pur Génie ; une loi trop cruelle M'oblige à bourdonner de cervelle en cervelle , Tant qu'un mortel m'épouse et me rende mon rang.
Cher penseur ! que l'amour à ton destin m'enchaîne !
Je t'ouvrirai le ciel des extases sans fin
Qui font tout oublier, le froid, la soif, la faim ! »
— « J'y pourrais échapper à la sottise humaine ? Tu me plais , chère Idée , et je suis ton époux ! Vite, ouvre-moi ton ciel !» — « A l'hospice des fous ! »
ÉPHÉMÈRES. XO3