‹ Œuvres poétiques.Chapitre 84 sur 235 · PEAU-D'ANE · texte numérisé non relu

PEAU-D'ANE

J'avais pris une Idée au voL, et, la couvrant I^un axiome neuf, un peu lourd pour son aile, J'allais en faire hommage au siècle indifférent; Mais, pensai-je, à quoi bon ? cette Idée est si frêle j

— <( Ne m'abandonne pas ! dit l'Idée en pleurant. Je fus un pur Génie ; une loi trop cruelle M'oblige à bourdonner de cervelle en cervelle , Tant qu'un mortel m'épouse et me rende mon rang.

Cher penseur ! que l'amour à ton destin m'enchaîne !

Je t'ouvrirai le ciel des extases sans fin

Qui font tout oublier, le froid, la soif, la faim ! »

— « J'y pourrais échapper à la sottise humaine ? Tu me plais , chère Idée , et je suis ton époux ! Vite, ouvre-moi ton ciel !» — « A l'hospice des fous ! »

ÉPHÉMÈRES. XO3

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