LE BAIN DE SANG
XVêve d'un Polonais : — Pour emplir la baignoire, Cirque immense, où se plonge un malade puissant, Un jeune peuple est là, les bras liés, qui sent Le glaive blanc trouer sans fin sa veine noire.
Le sang généreux coule à torrents , et se moire Des augustes reflets qu'y met Tâme en passant ; Il monte, il monte tant, que la lèvre y peut boire A longs traits , tout à Faise , et rien qu'en se baissant .^
Oh ! comme il boit ! — Soudain , de l'écume écarlate Sort une voix sinistre ; en ces mots elle éclate : « Où diable as-tu volé, compère, mon secret?
Peste ! on prodigue ici cette liqueur vivante ! Tandis que moi, Satan , je n'en prends qu'à regret , Car, même en plein enfer, son ivresse épouvante ! »
Il6 ÉPHÉMÈRES.